Éditorial - Nous n’aurons pas honte

2015janvier250La grogne commence à monter. Le ras-le-bol s’affirme de plus en plus crument. On commence à en avoir assez de la morgue des idéologues qui sacrifient aux idoles du marché et nous assènent des évidences comptables comme les zélotes pérorent sur le pas des portes pour satisfaire aux normes sectaires du prosélytisme. On la sent bien la hargne rentrée à l’endroit de ce qui pourrait encore évoquer les aspirations que nous avons déjà eues de ne point nous satisfaire de la médiocrité.

Le discours de ce gouvernement, ses non-dits, ses sous-entendus, ses allusions malveillantes, tout cela donne à son arsenal idéologique une redoutable efficacité. Il distille la déprime pour mieux remettre le peuple à sa place.

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Commentaire sur les discours de Québec inclusif

qiCes lignes sont écrites à la mi-décembre 2014. L’ambiance est à l’austérité libérale. Cela n’a rien de joyeux, mais des citoyens et des militants peuvent se réjouir d’une chose. Les sermons des blogueurs et sympathisants de Québec inclusif se font plus rares. Il y a un an, tout sympathisant de la charte des valeurs se retrouvait souvent exposé aux discours de ce groupuscule dédié à « la sensibilisation et la mobilisation de la population face aux enjeux liés à la diversité, l’inclusion et au respect des droits de la personne[1] ». Maintenant que ce débat est passé, nous revenons sur des propos affichés par cet organisme et ses membres. L’exercice est pertinent puisque ces discours, bien que plus discrets qu’avant, ont toujours cours aujourd’hui et laissent leur trace dans les débats publics et les réseaux sociaux. Ces discours se réclament de la tolérance, du pluralisme et de l’ouverture, mais semblent surtout servir à diaboliser des idées et des personnes. Le lecteur doit noter que, dans les prochains paragraphes, nous emploierons souvent le terme « inclusif ». Nous utiliserons ce mot pour désigner les idées et propos déployés par les membres de Québec inclusif, ni plus ni moins.

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La réalité n’est pas une idéologie

Artiste en art visuel, intervenant social, animateur, auteur

Qu’est-ce qu’une idéologie ? Le Petit Larousse nous dit que c’est un « système d’idées constituant un corps de doctrine philosophique et conditionnant le comportement individuel et collectif ». Le Petit Robert apporte d’autres éléments éclairants dans la définition qu’il en donne : « Ensemble des idées, des croyances et des doctrines propres à une époque, à une société ou à une classe ». L’idéologie est un corps d’idées normatif qui a le pouvoir (on lui donne ce pouvoir ?) de conditionner une population donnée dans sa façon de penser et dans son comportement. Les systèmes d’idées sont cependant relatifs puisqu’associés à une époque, une société ou une classe dominante. Par conséquent, cela signifie qu’ils sont mouvants, en continuelles transformations, impermanents et donc appelés à disparaître et à faire place à de nouvelles idéologies.

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Notre Père, la Couronne

Geneviève Mckenzie Sioui est une artiste innue-wendat installée à Wendake depuis de nombreuses années. Elle a produit des documents de plusieurs formats : vidéos, films, chansons, etc. qui ont circulé dans les écoles autochtones à travers le Canada. François Sioui, autodidacte huron-wendat amoureux de l’histoire, réside à Wendake. Une version de ce texte a été présentée par G. Mckenzie Sioui à l’invitation du Mouvement Démocratie Souveraineté, le 14 octobre 2014, à Montréal.

NOTRE PÈRE, LA COURONNE, par la grâce de Dieu, Souverain du Québec et du Canada, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut !

MAÎTRE DE SON DESTIN DURANT DES MILLÉNAIRES, CONFRONTÉ À L’EXISTENCE, L’ABORIGÈNE NE SE SOUMET PAS,
IL S’ACCOMMODE DE L’HISTOIRE !

Au solstice d’hiver 2012, les tambours de l’enfant rouge résonnent d’un seul frappement à travers le pays : le bâton de parole a parlé, on est tous dans la danse, Idle no more : l’Ours est debout[1] ! Les tambours s’entrelacent, fini d’errer comme des spectres : Ô Canada, vois-moi, j’existe !

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God Save Justin Trudeau

GSJT250Le 18 novembre 2014, au cinéma Excentris, se tenait la première du film documentaire God Save Justin Trudeau, réalisé par Guylaine Maroist et Éric Ruel, dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM). Dans ce film maintenant disponible en DVD, on présente le combat de boxe qui eut lieu le 31 mars 2012, entre Justin Trudeau, qui était alors député libéral de Papineau, et Patrick Brazeau, ex-sénateur pour le Parti conservateur. Une dualité qui perdure depuis plus d’un siècle et demi dans l’arène politique canadienne allait être présentée directement dans un ring de boxe, là où les idées politiques laissent place à des créatures qui manifestent fondamentalement le besoin d’exalter leurs égos. Le documentaire présente les deux pugilistes dans leurs entrainements trois mois avant le combat, ainsi que la couverture médiatique qui en est faite par les médias canadiens et québécois, jusqu’au grand soir. Au-delà de ce combat, on déplore silencieusement, par le travail de l’image, les calamités de la politique spectacle contemporaine.

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Les coûts de la fluorisation

Robert Duchesne, Philippe Girou, Joan Hamel

La Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS) a déposé, lundi 15 décembre 2014, un mémoire à Mme Lucienne Robillard, présidente de la Commission de révision permanente des programmes (CRPP), sur le dossier de la fluoration de l’eau potable à Trois-Rivières et, corollairement, son point de vue sur le programme provincial de fluoration de l’eau potable.

Depuis 2010, la CTETS a réalisé de nombreuses interventions médiatiques pour informer et sensibiliser les citoyens et le conseil municipal de Trois-Rivières afin que la Ville suspende son projet de refluoration de l’eau potable de ses quelque 130 000 citoyens.

Dans le cadre des objectifs de la CRPP, la CTETS a demandé à celle-ci de prendre connaissance particulièrement des aspects « économique » et « acceptabilité sociale » ainsi que des « options » de ce dossier qui est loin d’être clos.

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« Diane » (primeur)

puresetdures250cUne nouvelle tirée du recueil Pures et dures à paraître, chez XYZ éditeur

Une nation n’a de caractère que lorsqu’elle est libre.

– Madame de Staël

La bourrasque de neige me ramène à mon enfance de tempêtes réelles ou fabulées, à jamais merveilleuses dans mon esprit, en même temps que j’éprouve avec force approcher l’heure fatidique de mon décès. Mon désir le plus ardent est qu’il me reste à ce moment-là assez d’énergie pour mourir en colère.

Vexée, mortifiée, indignée de quitter ce monde sans avoir réussi à lui donner le coup de pied au cul assez puissant pour lui changer la face.

Navrée, humiliée, révoltée par l’inefficacité de mes tentatives à seulement l’écarter d’un fil de son orientation, encore moins à le désaxer.

Irritée, affligée, scandalisée par la certitude qu’il poursuivra sur son erre d’aller la pente historique, voire préhistorique, de son parcours destructeur, générateur de fléaux toujours plus effroyables, plus sanglants, plus irrémédiables, au fur et à mesure des progrès techniques de la civilisation.

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Le bilinguisme rend-il riche ?

L’insertion dans le réseau anglais explique le succès du bilinguisme

Mythe ou réalité ? Le bilinguisme aurait permis aux francophones de réaliser une fulgurante ascension socio-économique, de rattraper et de dépasser les anglophones, de prendre le contrôle de leur propre économie...

Ce n’est pourtant pas l’acquisition de l’anglais qui a permis aux francophones de mieux performer économiquement, mais plutôt l’intégration de bon nombre d’entre eux au sein d’un réseau d’institutions et d’entreprises de langue anglaise en sérieux mal de main-d’œuvre.

La communauté d’origine protestante (essentiellement britannique) et ses privilèges historiques ont servi de socle sur lequel s’est greffé et développé un réseau d’institutions et d’entreprises fonctionnant en anglais. Cette communauté a connu une réduction spectaculaire. Ce faisant, sa « disparition » a ouvert la voie à l’implantation d’un réseau complet de services publics de langue anglaise, offrant des centaines de milliers d’emplois à plus de 800 000 « néo-anglophones ». Et comme tous les anglophones ne font pas nécessairement ni uniquement partie du réseau de langue anglaise, l’explosion du nombre d’anglophones a entraîné la bilinguisation des services de langue française, facilitant la vie en anglais partout sur le territoire québécois. Sans cette redéfinition de la communauté, sans l’extension du réseau de langue anglais et sans la bilinguisation du réseau de langue française, phénomènes permettant à l’anglais de renforcer son statut de langue de travail nécessaire et incontournable, les exigences de bilinguisme au Québec se seraient presque exclusivement limitées aux emplois jouant le rôle d’interface1 entre le Québec et le monde anglophone qui l’entoure.

Les beaux jours de la communauté d’origine britannique appartiennent désormais au passé. À l’opposé, ceux de la communauté anglophone ont fait preuve d’une vitalité extraordinaire, laissant entrevoir un avenir des plus prometteurs.

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Commentaires sur l'accueil fait à l'essai Souverainisme de province

Le 3 novembre dernier, était lancé mon premier essai intitulé Le Souverainisme de province. Mon ouvrage proposait notamment un retour historique dans les premières années du mouvement souverainiste, aspirant à démontrer que, dès le milieu de la décennie 1970, un certain basculement vers une logique provincialiste s’est opéré. Ma thèse n’est certes pas franchement nouvelle : la critique de l’étapisme comme enfermement du projet d’indépendance dans les bornes de l’impuissance circule depuis des décennies. Il me semblait cependant fondamental de dépasser les condamnations rhétoriques et de documenter le virage en question afin de démontrer qu’il s’est agi là d’un véritable changement de paradigme et de culture politique et non pas seulement d’une manœuvre tactique. Cette synthèse devait être écrite, surtout à la suite d’une élection où se sont multipliés les cafouillages à propos du référendum, les péquistes confondant le moyen avec l’objectif et réduisant la construction d’un nouveau pays à une question de calendrier et d’humeur populaire.

L’ouvrage a été fort bien reçu et il continue de nourrir débats et réflexions. J’accueille modestement les bons mots à l’endroit de mon travail et en remercie leurs auteurs. Je juge cependant bon ici de répondre à certaines critiques en les abordant une par une.

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S. Moissan et J.-P. Charland. L’histoire du Québec en 30 secondes

histoireduquebecen30secoSabrina Moissan et Jean-Pierre Charland

L’histoire du Québec en 30 secondes, Hurtubise, 2014, 160 pages

Les ancêtres des Québécois étaient des esclavagistes xénophobes ! Si les Québécois l’ignorent, ils l’apprendront bientôt grâce à L’histoire du Québec en 30 secondes…

La série « en 30 secondes » commence à être connue. Il s’agit de prendre un sujet comme la philosophie, ou dans ce cas-ci l’histoire du Québec, et de le faire découvrir au lecteur avec peu de textes et beaucoup d’images. Chaque page porte sur un thème précis lié au sujet et comporte un texte principal ayant pour sous-titre « en 30 secondes », un « condensé en 3 secondes » ainsi qu’une « réflexion en 3 minutes ». Sauf pour la réflexion, le temps indiqué correspond bel et bien à celui que le lecteur devra consacrer au texte. À côté de la page comprenant ces trois très courts textes figure une page complète couverte d’images, plutôt jolies il faut le dire. À cela s’ajoutent quelques micro-biographies où, là encore, l’image occupe autant de place que les textes. Bref, il s’agit d’un ouvrage introductif pour lequel les auteurs, soit les historiens Sabrina Moissan et Jean-Pierre Charland, sont plus que qualifiés.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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Mémoires 2019