Élection fédérale - Dilemme cornélien ou faux dilemme?

Doctorant, politiques publiques comparées, Université McMaster

Que faire ?

« En votant pour un parti ne représentant qu’une portion du pays et n’aspirant qu’à un rôle d’opposition, vous vous excluez du pouvoir. Par ce nationalisme d’ailleurs, et bien qu’elle représente en fait les valeurs dont vous êtes porteurs, vous priverez la gauche de l’appui dont elle a besoin, contribuant de fait à la réélection des conservateurs. Qui plus est, vous ne commettrez là qu’une erreur stratégique de plus, l’indépendance politique ne pouvant être promue efficacement qu’à l’échelle de ses requérants ; pire encore, vous ne pourrez que vous éloigner de ce but en participant à légitimer un système que vous aspirez à quitter. »

Ces arguments sont évidemment familiers : ce sont les plaidoyers qu’entendent en boucle les Québécois depuis plus de vingt ans et encore une fois, dans le cadre de la campagne en cours. Or c’est aussi, pratiquement mot pour mot, ce que l’establishment unioniste a servi aux Écossais le printemps dernier, dans les semaines ayant précédé cet extraordinaire pied de nez qu’aura été l’élection de 56 députés nationalistes (SNP) sur une possibilité de 59 lors des élections britanniques du 7 mai. Il se sera agi d’un véritable coup de tonnerre : bien qu’y participant depuis les années 1930, le SNP n’y avait auparavant jamais récolté plus d’une dizaine de sièges. À l’évidence, nationalistes et progressistes n’auront pas été dupes des logiques fallacieuses de ceux qui, il y a un an à peine lors du référendum, leur reprochaient de toute façon déjà d’agir à l’échelle écossaise.

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Éditorial - Le seul résultat qui comptera

2015septobre250Tout est toujours à recommencer. Quand fléchit la volonté, quand s’érode le courage, quand la lassitude prend le dessus, le bruit des choses mortes vient couvrir la parole, la retourner contre l’intelligence. Plus que toutes celles qui l’ont précédée, la campagne électorale est encombrée par les discours fossilisés. Pour un peu et l’on penserait que ce sont des revenants qui nous les servent tant les lieux communs qu’ils nous assènent nous semblent tout droit sortis des épisodes les plus médiocres d’une histoire qui bégaie.

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Le démantèlement de la nation (chronique 8)

Nation to Colony

La période couverte s’étend du 5 juin au 23 août 2015 (environ deux mois et demi)1.

En 1946, Arthur M. R. Lower publiait Colony to Nation, qui devint immédiatement un classique. L’universitaire ontarien y proposait de lire l’histoire du Canada comme celle d’un territoire passé progressivement de colonie à nation. Une seule nation, bien sûr. Au mieux, pour lui, les Canadiens français étaient-ils une « nationalité », au sens de groupe ethnique2. Le système politique canadien accréditait pourtant alors l’idée des deux nations, ou des deux « peuples fondateurs » ; après tout, en 1867, les Canadiens français n’avaient-ils pas réussi à obtenir un État provincial ? C’est ainsi que deux nations au sens de deux peuples pouvaient alors cohabiter politiquement, quoiqu’inégalement, dans une seule nation au sens d’État souverain.

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Franck M. Guttman. Le diable de Saint-Hyacinthe

Franck M. Guttman
Le diable de Saint-Hyacinthe. Télesphore-Damien Bouchard, Hurtubise, 2013, 514 pages

La biographie de Télesphore-Damien Bouchard par Franck M. Guttman, parue en version française traduite chez Hurtubise, tient davantage de l’hagiographie que de la contribution scientifique. Il faut dire que l’auteur cite abondamment les mémoires de son héros qui pense incarner un style littéraire constituant « une fusion des styles de Victor Hugo et de Léon Tolstoï » !

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Mon désir de révolution (extrait primeur)

Extrait de l’ouvrage à paraître chez XYZ en octobre 2015

C’est une longue histoire que la mienne, c’est l’histoire d’un incessant désir de révolution, tissé à même les violentes émotions du refus de l’intolérable. Comme ils sont nombreux à le découvrir à leur tour, par d’autres voies et pour des raisons nouvelles qui s’ajoutent aux miennes, mon histoire séculaire est aussi celle des jeunes Québécoises et Québécois, quel que soit l’âge de leurs racines, quelle que soit leur illusion de vivre dans un monde tellement changé que la question nationale serait devenu désuète, que les libertés collectives ne seraient plus la source de leur liberté individuelle.

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Claude Cardinal. Une histoire du RIN

Claude Cardinal
Une histoire du RIN, Montréal, VLB, 2015, 504 pages

Claude Cardinal a réalisé une biographie institutionnelle captivante du Rassemblement pour l’indépendance nationale. Il y relate de façon rigoureuse les péripéties du premier parti indépendantiste moderne en s’appuyant sur des sources premières. Il a le mérite d’avoir fouillé les archives de ce parti de façon minutieuse et construit sa trame narrative en s’appuyant sur l’analyse des procès-verbaux, des rapports financiers et des lettres des militants. Il a adopté une démarche chronologique qui nous permet de suivre le développement de ce parti avec ses problèmes organisationnels, ses conflits internes et ses débats idéologiques. Ayant été lui-même militant de ce parti, il a connu de l’intérieur ses forces et ses faiblesses qu’il nous décrit sans complaisance. Cardinal se fait toutefois discret sur ses propres faits d’armes ne les évoquant que rarement comme à la page 344 lorsqu’il confronta publiquement Jean Marchand.

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L'Acte d'Union - Présentation du dossier

Pourquoi avoir voulu commémorer la constitution qui nous a mis en minorité, il y a de cela 175 ans, par un colloque d’une journée à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ? À priori, bien que cet événement fût traumatisant dans notre histoire collective, il était tout à fait indispensable, pour nous, de rappeler à notre mémoire ce pan de notre parcours historique qui façonna pour toujours notre identité en tant que peuple. Certains diront que c’est au lendemain de l’Union de 1840 que commença la dualité linguistique et religieuse au Canada, tandis que pour d’autres 1840 concrétisa la mainmise de l’Église sur le peuple canadien-français et le début du nationalisme culturel pour plus d’un siècle. Enfin, d’autres prétendront que ce fut le commencement de notre ambivalence identitaire qui se poursuit jusqu’à ce jour.

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La consommation de la rupture avec le siècle

La correspondance de Julie Bruneau-Papineau dans les années 1840

Les lettres qu’adresse Julie Bruneau-Papineau à son mari, Louis-Joseph Papineau, orateur à la Chambre d’assemblée et chef du Parti patriote, ou à ses proches dans les années 1830 sont marquées par la présence d’une pensée politique radicale et d’une volonté d’action dans le mouvement d’émancipation nationale.

L’un des principaux objectifs que cette épistolière alloue à sa correspondance conjugale consiste à obtenir des informations privilégiées de la part de son époux qui la mettront plus au fait de la situation politique du Bas-Canada. Exclue de l’activité parlementaire, cette femme patriote paraît combattre sa mise à l’écart par un accès efficace à l’information. Pour accéder au portrait le plus complet et le plus à jour de l’actualité, cette épistolière passionnée de politique multiplie les sources ; elle lit La Minerve, Le Canadien, L’Écho du pays, le Quebec Mercury, le Herald et le Vindicator. Pendant la période insurrectionnelle, Julie Bruneau-Papineau compensera son incapacité d’agir par la plume en s’investissant par l’écriture dans la sphère qui lui est interdite.

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La pensée nationaliste et libérale d’Étienne Parent

Science politique. Université du Québec à Montréal

L’Acte d’Union de 1840 adopté en représailles à l’insurrection des Patriotes (1837-1838) met fin à l’ordre politique établi par l’Acte constitutionnel de 1791 et partant à l’existence politique du Bas-Canada. Il énonce clairement la volonté politique d’assimilation des Canadiens français et amorce le processus de mise en minorité de cette population de langue et de culture françaises sous l’égide du Canada-Uni. Cet ordre nouveau politique modifie aussi la configuration des courants d’idées politiques en présence. Désormais, s’exprimera un nationalisme conservateur inquiet de la survie des Canadiens français, qui sera l’objet de la prédication du clergé catholique ; il s’agit d’un nationalisme sociologique et culturel dissocié de tout projet politique. Alors que la pensée radicale, libérale-républicaine des Patriotes se déploiera dans le cadre des activités culturelles et intellectuelles (conférences, séminaires, publications…) de l’Institut Canadien (1844-1869).

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L’Union de 1840 et notre provincialisation

Histoire. Université du Québec à Montréal

1840 : l’angle mort de notre histoire

Tout récemment encore le premier ministre libéral du Québec, Philippe Couillard, vantait la coopération entre Louis-Hyppolyte La Fontaine et Robert Baldwin dans le gouvernement d’Union de 1840. Et il faut s’attendre, d’ici 2017, date du 150e anniversaire du Canada, à ce que les autorités fédéralistes célèbrent la collaboration de George-Étienne Cartier avec le conservateur John A. Macdonald en vue de la Grande Coalition entre ce dernier et le chef du parti libéral de l’Ontario, George Brown, pour élargir l’Union de 1840 à quatre colonies. Brown, francophobe notoire, en viendra à accepter cette alliance paradoxale en 1854 dans l’intérêt supérieur du British North America.

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  • Comptes rendus de Septembre-Octobre 2015
    Nombre d'articles :
    3
  • L'Acte d'Union

    2015septobre250Le numéro spécial de septembre-octobre 2015 sur l'Acte d'Union est maintenant en accès libre. On peut toujours acheter la version papier.

    L’Acte d’Union de 1840 adopté en représailles à l’insurrection des Patriotes (1837-1838) met fin à l’ordre politique établi par l’Acte constitutionnel de 1791 et partant à l’existence politique du Bas-Canada.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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Mémoires 2019