Juin-Septembre 2018

Vol. CVIII, no 6-7

Éditorial - Le vertige et les illusions

 Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être
– Goethe

2018juinseptembre250Il faut chasser les libéraux du pouvoir. Pour la corruption, certes. Pour avoir semé partout la médiocrité, encore plus. Mais surtout parce que c’est un parti antinational. Dirigés par une engeance doctrinaire et déterminée, les gouvernements Charest et Couillard auront conduit le Québec dans les marécages canadian comme jamais ne l’ont réalisé auparavant les démissionnaires qui, pourtant, n’ont jamais manqué dans notre élite mollassonne. Maniant habilement tous les ressorts de l’affairisme et déterminés à normaliser la province en engraissant une cohorte de goinfres qui vont jouer pour des générations les rôles de gérants de notre marginalisation politique en pillant le patrimoine, ce rassemblement hybride d’opportunistes, de malfaisants et de naïfs utiles a suffisamment sévi.

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Montréal n’est pas un territoire mohawk non cédé

« Montréal, territoire autochtone non cédé » est une déclaration que les autorités montréalaises répètent encore tout en témoignant de timides efforts pour jeter des ponts avec les Premières Nations. Les Mohawks (Agniers, Kanien’kehaka), pour leur part, prétendent être victimes d’ostracisme puisqu’on n’accepte pas leur tradition orale pour corroborer leur thèse historique1. Les Québécois, qui maitrisent mal leur histoire nationale, sont confondus entre la méfiance et la culpabilité. Or, l’attitude historique des Québécois à l’égard des Premières Nations est complètement différente de celle des autres Européens qui ont colonisé les Amériques. La Ville de Montréal devrait faire plus que de planter un arbre : elle devrait faire un effort toponymique en récusant le rôle d’Amherst tout en saluant le rôle de Kondiaronk, grand chef wendat (huron). Elle devrait réclamer une commémoration annuelle nationale de la Grande Paix de Montréal. Il devrait y avoir à Montréal une Place de la Grande Paix. Voici quelques faits qui pourraient contribuer à clarifier la situation.

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Un député errant

André Gaulin, ex-député de Taschereau, Matthias Rioux, ex-ministre et ex-député de Matane, Gaston Deschênes, historien. Version augmentée du texte rédigé le 9 juillet et publié dans Le Soleil du 13 juillet 2018.

La colline parlementaire s’est enrichie le 6 juillet d’un nouveau monument, une reproduction agrandie du Député arrivant à Québec, une œuvre d’Alfred Laliberté (1877-1953) réalisée vers 1930.

Il faut se réjouir de voir que le projet d’Eugène-Étienne Taché se poursuit : « Je me souviens », a-t-il fait écrire au-dessus de la porte de l’édifice qu’il a conçu pour inviter ses compatriotes à se souvenir de leurs grands personnages, à commencer par les Amérindiens, rappelons-le, jusqu’aux femmes entrées récemment dans la vie parlementaire.

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Le vrai scandale hydroélectrique sur la Côte-Nord

Il est beaucoup question en ce moment du projet d’énergie éolienne Apuiat sur la Côte-Nord. Il manque un élément majeur à la discussion dans ce dossier, un élément que le gouvernement du Québec connaît bien, qui sert d’arrière-plan à ses négociations avec les Innus, mais qu’il se garde de mentionner publiquement. Il s’agit de la dépossession historique des droits des Innus par Hydro-Québec dans les années soixante avec l’aval du gouvernement canadien.

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Fiscalité numérique : perspectives et bilan de l’action gouvernementale

Professeur de finances publiques à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP).

En août 2015, à la veille du déclenchement des élections fédérales, le Nouveau parti démocratique (NPD) suscitait l’engouement des électeurs alors que le Parti conservateur du Canada (PCC) affichait un recul marqué des intentions de vote [1, 2]. En guise de stratégie électorale, l’équipe du premier ministre Harper tenta de diviser le vote plus progressiste par l’annonce de mesures populistes. Le premier ministre ouvrit l’offensive en affirmant que le PLC souhaitait « taxer Netflix » [3]. En campagne électorale, le PLC prenait plutôt l’engagement à ne pas taxer Netflix [4].

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Une équation générationnelle incertaine

Sociologie. Cégep de Saint-Jérôme

En l’espace d’une génération, le Québec a connu plusieurs changements qui ont modifié sa géographie politique. Après le référendum de 1995, les nationalistes francophones de l’est de Montréal étaient bien représentés politiquement. Ils possédaient de nombreux députés qui siégeaient au parlement québécois ou au parlement fédéral, en plus d’avoir des représentants à l’hôtel de ville de Montréal. Depuis la Révolution tranquille, le Montréal francophone, de la rue Saint-Denis jusqu’à Pointe-aux-Trembles, possédait un élan et caressait des espoirs d’émancipation politique. Politiquement, depuis dix ans, ce territoire échappe de plus en plus au mouvement nationaliste. En effet, le foyer de ce mouvement est en train de migrer dans des localités à l’extérieur de l’île de Montréal, notamment dans le 450, espace privilégié d’installation des jeunes familles francophones. Le problème, actuellement, c’est que les intellectuels nationalistes ne se sont pas suffisamment penchés sur les aspirations sociales et nationales de celles-ci.

Quinze années de recul du modèle québécois de politiques sociales

Politologue, professeur émérite à l’École de travail social de l’UQAM.

Au début, lorsque nous avons commencé à réfléchir à un titre pour ce texte, nous avions pensé choisir : « 15 ans de piétinement du modèle québécois de politiques sociales ». Mais après réflexion, nous avons décidé de remplacer le mot « piétinement » par celui de « recul », pour établir un diagnostic touchant l’ensemble des politiques sociales pendant la période1. Ce qui n’empêche pas de reconnaître que certains dossiers de politiques sociales puissent avoir connu des reculs, des piétinements, des démantèlements et parfois même des avancées (comme dans le dossier de l’assurance parentale en 20062).

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Les partis politiques face à l’héritage inégal des modèles d’intégration du Québec

Professeure émérite de sociologie, UQAM

De façon générale, les modèles d’intégration d’une société d’accueil sont des facteurs décisifs pour comprendre les modes d’incorporation des immigrants et des minorités qui sont à la base du projet national propre à chaque pays. Le cas du Québec, pays non indépendant, est particulier. Depuis les années 1960, l’État québécois a tenté de conquérir la maîtrise de ses politiques d’immigration et d’intégration. Mais les avancées ont été accompagnées de fluctuations et de reculs, la question nationale surdéterminant les positions des partis au pouvoir. En effet, des idéologies différentes, une terminologie différente sous-tendent les politiques adoptées par les gouvernements du Parti québécois et du Parti libéral du Québec sur lesquels je vais m’arrêter dans ce texte. Alors que nous allons élire un nouveau gouvernement en octobre 2018, il m’apparaît pertinent d’en retracer quelques moments forts, tout en ne prétendant aucunement procéder à l’évaluation des politiques publiques et des centaines de programmes adoptés. Pour ce faire, je vais dégager quatre périodes afin d’en faciliter la lecture1.

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Sur les enjeux économiques de l’élection

Docteur en socio-économie du développement de l’École des hautes études en sciences sociales.

It’s the economy, stupid ! Tel s’était exprimé James Carville, stratège de Bill Clinton en 1992 lorsque celui-ci affrontait le président George H. W. Bush, pour exprimer la nécessité d’axer la campagne du candidat démocrate sur la question.

Au Québec, en 2014, l’économie faisait partie des vraies affaires dont les libéraux promettaient de s’occuper, eux qui étaient si connectés sur les priorités des gens. Paradoxalement, le Parti libéral faisait alors campagne contre la prétendue obsession référendaire du Parti québécois – qui, tout le contraire d’une obsession, représentait en réalité une tache originelle que les péquistes cherchaient à tout prix à cacher.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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