L’élection générale de 2018 ne scellera pas le sort de l’option indépendantiste

Professeur agrégé, Collège militaire royal de Saint-Jean

Les sondages préélectoraux de la dernière année semblent sans équivoque : le prochain scrutin s’annonce douloureux pour les indépendantistes. Ce n’est pas la première fois dans leur histoire qu’ils semblent jouer de leur survie. Mais cette fois-ci pourrait être la bonne… Le sort du projet indépendantiste semble être lié aux succès électoraux du Parti québécois, mais il ne l’est pas entièrement. Ce projet est assurément plus grand que cette formation. Comment pourrait-il en être autrement pour un projet d’une telle portée politique ; d’un projet qui touche le destin politique d’un peuple tout entier ? Le rêve indépendantiste existe bel et bien aussi à l’extérieur de ce parti. En fait, il se porte même assez bien au sein de la société civile. Mais, il est illusoire de penser qu’une cuisante défaite pour ce parti serait sans nuire aux chances de voir le Québec accéder à l’indépendance dans un avenir rapproché – et ce, bien davantage d’ailleurs que ce qu’a pu signifier la déroute du Bloc québécois en 2011. Si la famille indépendantiste devait perdre la force de la représentation parlementaire qu’elle a depuis la première élection des députés indépendantistes à l’Assemblée nationale en 19701, elle se priverait alors d’un important levier pour la réalisation de son projet. Comme c’est par la voie démocratique que la fondation de la République libre du Québec devra se faire, l’élection de députés indépendantistes est cruciale.

Bilan de quatre ans de gouvernement Couillard

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À Alexandre Shields (Le Devoir)
À Michel Girard (Journal de Montréal)
Et à tous les journalistes, principalement du Devoir, grâce à qui ce bilan a été rendu possible.

Lorsque la source n’est pas mentionnée, il s’agit du Devoir. Les dates renvoient aux articles publiés après le 2 mars 2018, date de ma dernière chronique portant sur le gouvernement Couillard. Tout ce qui est rapporté ici tient compte de faits référencés dans les chroniques précédentes.

Après le bilan de quatre ans d’action d’Ottawa (L’Action nationale, avril 2018), voici celui du gouvernement Couillard. Depuis 2014, ce gouvernement s’est employé à détruire un à un les outils nécessaires à l’existence du Québec comme nation : 1. l’État provincial, 2. une économie qui appartient le plus possible aux Québécois, 3. la légitimité du désir des Québécois de langue française d’intégrer les nouveaux arrivants et l’établissement d’une relation saine avec la minorité anglophone et les Premières Nations du Québec, et 4. la cohésion sociale. Ce bilan est structuré selon ces quatre parties.

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Le souverainisme est mort, vive l’indépendance !

Chercheur postdoctoral

En quête d’informations pour étoffer le texte que vous avez entre les mains, j’ai décidé de réaliser un petit sondage maison non représentatif et non scientifique (on a bien le droit de s’amuser !). Le questionnaire était administré verbalement et comportait une seule question ouverte : À votre avis, quel sera l’enjeu principal de la prochaine élection provinciale au Québec ? Certes, les résultats obtenus étaient largement prévisibles : j’ai eu droit à une bonne dose d’économie, de santé et d’éducation. D’autres réponses, provenant surtout des cohortes les plus jeunes, furent plus surprenantes : la réforme du droit, l’aide médicale à mourir, la santé mentale, les droits des minorités. Pas forcément ce qu’on considérait jadis comme les grandes priorités gouvernementales. Mais ce qui frappait le plus dans ce méli-mélo, c’était l’absence totale de la souveraineté.

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Situation de la question nationale

Une première version de ce texte est paru sur le blogue de l’auteur dans le Journal de Montréal, au début du mois d’août 2018.

Des années 1960 à la fin des années 1990, une question structurait la vie politique du Québec : comment corriger une situation d’injustice historique qui avait condamné le peuple québécois à une forme indéniable de subordination, que tous reconnaissaient, même si tous ne lui prêtaient pas le même poids. La trame fondamentale de notre vie politique était liée à la question nationale. Rares étaient ceux qui hésitaient à nous présenter comme un peuple conquis, qui devait renverser sa situation historique. Les uns nous présentaient ainsi comme des « nègres blancs d’Amérique », les autres parlaient simplement et peut-être trop sobrement de notre retard économique, mais personne ne contestait l’anormalité de notre situation nationale. On pourrait même dire que la mémoire de la Conquête, encore présente activement jusqu’au référendum de 1980, avait été réactivée par le coup de force de 1982, quand le peuple québécois s’était fait imposer une constitution contre sa volonté, au point même où aujourd’hui, elle n’est toujours pas signée.

Pour découvrir le vrai visage de la Coalition avenir Québec

L’illusionniste Luc Langevin a publié début mars 2018 La science de l’illusion. Il y révélait quelques-uns de ces trucs qui nous échappent, mais qui finissent par engourdir notre cerveau reptilien. Ce grand magicien racontait par ailleurs qu’une grande partie du succès d’un illusionniste consiste à attirer l’attention du spectateur sur un geste posé par la main droite, alors que c’est la gauche qui s’active à tout autre chose.

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Pour la refondation du mouvement indépendantiste?

L’élection du 1er octobre annoncera une fin de cycle et un réalignement des forces politiques. L’échec électoral de la stratégie attentiste obligera des remises en question et une refondation du mouvement indépendantiste qui s’est perdu dans les incohérences et les tergiversations. Depuis 1995, les forces indépendantistes sont en déclin et ont entrainé le Québec dans un processus de régression politique en laissant le champ libre aux fédéralistes. Les dirigeants souverainistes ont réussi à transformer une presque victoire en déroute politique en devenant des promoteurs de l’autonomisme provincial. Ce faisant, ils se sont transformés en agents implicites de légitimation du fédéralisme canadien. Ils ont réussi à convaincre les Québécoises et les Québécois que rester dans le cadre canadien, ce n’était pas si grave, qu’on pouvait s’en accommoder.

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Une équation générationnelle incertaine

Sociologie. Cégep de Saint-Jérôme

En l’espace d’une génération, le Québec a connu plusieurs changements qui ont modifié sa géographie politique. Après le référendum de 1995, les nationalistes francophones de l’est de Montréal étaient bien représentés politiquement. Ils possédaient de nombreux députés qui siégeaient au parlement québécois ou au parlement fédéral, en plus d’avoir des représentants à l’hôtel de ville de Montréal. Depuis la Révolution tranquille, le Montréal francophone, de la rue Saint-Denis jusqu’à Pointe-aux-Trembles, possédait un élan et caressait des espoirs d’émancipation politique. Politiquement, depuis dix ans, ce territoire échappe de plus en plus au mouvement nationaliste. En effet, le foyer de ce mouvement est en train de migrer dans des localités à l’extérieur de l’île de Montréal, notamment dans le 450, espace privilégié d’installation des jeunes familles francophones. Le problème, actuellement, c’est que les intellectuels nationalistes ne se sont pas suffisamment penchés sur les aspirations sociales et nationales de celles-ci.

Pas de laïcité sans indépendance

Professeur de philosophie à la retraite. Auteure de Une charte pour la nation : la laïcite, un projet d’avenir publié aux Éditions du Renouveau québecois

Le 18 octobre 2017, dix ans après le dépôt du rapport Bouchard-Taylor et quelques tentatives avortées de légiférer sur ces questions d’accommodements et de laïcité (projet de loi 94 en 2010, Charte des valeurs en 2013), l’Assemblée nationale du Québec, grâce à la seule majorité libérale, adopte la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État, auparavant appelée projet de loi 62. Les députés libéraux ayant rejeté tous les amendements proposés par les trois partis d’opposition, le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS) ont donc voté unanimement contre cette loi qu’ils ont qualifiée de loi du Parti libéral.

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L’école québécoise asphyxiée par la Loi sur les langues officielles

Nous avons changé d’époque. L’été 2018 marquera une rupture. Les activistes de Concordia et McGill University venus cracher leur haine – in english! – sur des spectateurs attroupés à l’extérieur du Théâtre du Nouveau Monde en constituent un puissant symbole. Le mépris du Québec français est maintenant ouvert. Il parade dans les rues de Montréal, sûr de son bon droit et ne doutant jamais de sa supériorité morale. Le bon vieux racisme anglo-canadien a revêtu de nouveaux habits et se regroupe pour l’hallali.

Fiscalité numérique : perspectives et bilan de l’action gouvernementale

Professeur de finances publiques à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP).

En août 2015, à la veille du déclenchement des élections fédérales, le Nouveau parti démocratique (NPD) suscitait l’engouement des électeurs alors que le Parti conservateur du Canada (PCC) affichait un recul marqué des intentions de vote [1, 2]. En guise de stratégie électorale, l’équipe du premier ministre Harper tenta de diviser le vote plus progressiste par l’annonce de mesures populistes. Le premier ministre ouvrit l’offensive en affirmant que le PLC souhaitait « taxer Netflix » [3]. En campagne électorale, le PLC prenait plutôt l’engagement à ne pas taxer Netflix [4].

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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