Le Québec aura-t-il un nouveau mode de scrutin en 2022 ?

S’il faut en croire François Legault, le Québec aurait vécu sa dernière élection avec le mode de scrutin uninominal à un tour. Le chef de la CAQ s’est engagé durant la campagne électorale et dès son arrivée au pouvoir à proposer une réforme du mode de scrutin : « On va déposer un projet de loi dès la première année, pas dans les quatre ans, dans la première année. » Il a de plus soutenu que cette réforme se ferait s’il y avait 50 % plus un des députés élus qui la votaient et qu’il n’attendrait pas le consentement du Parti libéral qui pourrait s’opposer à ce projet. « Il y a trois partis sur quatre (qui sont favorables), je ne pense pas que les libéraux doivent avoir un droit de veto sur la réforme du mode de scrutin au Québec1. » Il a même tenu à se dissocier de Justin Trudeau qui a abandonné cet engagement électoral. Comme on dit souvent il y a loin de la coupe aux lèvres et les promesses électorales non tenues sont monnaies courantes. Mais si d’aventure le gouvernement caquiste allait de l’avant avec son engagement, on peut d’ores et déjà s’interroger sur le type de mode de scrutin qui aurait le plus de chances d’être adopté et sur les effets de ce changement sur le système partisan.

La chance d’une renaissance du combat indépendantiste

Il y a 11 ans, suite à l’élection de 2007, je publiais dans Le Devoir, un article intitulé : « Un échec du PQ, pas de la souveraineté ». Je soulignais :

[…] le PQ devient la 3e opposition. Comment en sommes-nous arrivés à ce triste résultat électoral ? Cette élection a été perdue par le PQ parce qu’une partie importante des souverainistes a voté pour Québec solidaire, le Parti vert ou l’ADQ, sans compter ceux qui sont restés chez eux. Sans cette désaffection des souverainistes, le PQ formerait actuellement le gouvernement avec environ 45 % des suffrages. Un suivi des sondages menés depuis 2005 montre bien que la souveraineté est toujours plus populaire que le PQ.

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Pour en finir avec la « convergence » ratée, pour regarder vers l’avenir

L'auteur est un ncien membre du Comité national de coordination de QS, ancien Porte-parole de l’union des forces progressistes et du Rassemblement pour l’alternative politique, et ancien candidat dans Chicoutimi.

Dans Le Devoir du 10 octobre, Réjean Hébert propose de créer l’Union solidaire, de la fusion de Québec solidaire et du Parti québécois1. Le 20 octobre, le député du Bloc québécois Michel Boudrias propose de fusionner QS, le PQ et le Bloc, afin de regrouper les forces indépendantistes2. Si ces vœux sont légitimes et relèvent du désir d’unir les forces pour réaliser le pays, ils sont cependant une formidable fuite en avant en ce qu’ils négligent complètement de tenir compte des raisons de nos différences fondamentales, et la nécessité – toujours capitale – de construire des alliances sur la base d’une stratégie commune d’accession à l’indépendance. Sans compter que ces efforts de rapprochement ne peuvent faire l’économie d’une alliance avec les Premières Nations.

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