Numéros publiés en 2019

Numéros publiés en 2019

Québec Circus de Christian Saint-Germain (extrait)

à paraître chez Liber en janvier 2019
Autorisation de publication accordée à L’Action nationale par l’auteur et l’éditeur.

Manon in the Sky

Manon Massé a demandé une voiture de fonction hybride. Le Journal de Montréal, 23 novembre 2018

Tournant du débat des chefs à TVA, Lisée se mit en frais de déculotter « Manon des sources1 ». Mal lui en prit, pareille audace remplit immédiatement l’auditoire de frayeur et au premier chef Pierre Bruneau conscient de l’inélégance d’un argument ad hominem. Entrant en compétition féroce avec l’association des pères Noël, y avait-il un chef dans la salade des « solidaires » voué à la gratuité universelle, à la dette écologique et autre faribole ? Était-ce ce Fantomas Chateauneuf2, l’ancien poinçonneur des lilas de la STM dissimulant, derrière le boniment écologique de QS, les chimères égalitaristes des Niveleurs ? En apostrophant Manon, Lisée cherchait à établir qu’elle n’avait aucune autorité sinon pour unique tâche de vulgariser des débats qui ne volaient déjà pas haut. Tentant de lui faire admettre qu’elle ne détenait pas de phallus malgré qu’elle se dressât rubiconde et turgescente devant le PQ, le lacanien Lisée se heurtait à un agencement collectif, à un archétype de l’inconscient matriarcal bigenré de la société québécoise.

Lire la suite : ...

Réplique à une recension

J’ai beaucoup hésité avant de répondre à la recension qu’a faite M. Tétreault de mon livre. Je l’avoue d’emblée : il ne m’est pas aisé de répondre à ce qu’il m’a paru comme du mépris pour l’auteur du livre, certes, mais surtout pour les personnes qui m’ont confié leurs expériences, parfois intimes, et leurs réflexions. C’est pour elles que je prends le clavier.

Lire la suite : ...

André Poupart. Averroès. De la philosophie au droit

André Poupart.
Averroès. De la philosophie au droit
L’Harmattan, Paris, 2017, 240 pages

« Quand Averroès mourut en 1198, la philosophie arabe perdit en lui son dernier représentant,
et le triomphe du Coran sur la libre pensée
fut assuré pour au moins six cents ans. » (Ernest Renan)

Averroès. De la philosophie au droit, est le produit final d’une thèse de doctorat en science juridique entreprise en 2012 à l’École de droit de la Sorbonne par André Poupart, professeur honoraire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Il avait déjà publié en 2009 chez L’Harmattan un essai sur le même thème : Adaptation et immuabilité en droit musulman. L’expérience marocaine. C’est un essai « universitaire », c’est-à-dire pas facile d’approche plutôt aride et abscons par endroit. En langage populaire on dirait que « c’est du lourd ». À la fois philosophique et juridique, avec le jargon idoine. Rien pour attirer le profane. Mais c’est un ouvrage extrêmement enrichissant pour qui veut se donner la peine de surmonter ses premières réticences. C’est aussi un ouvrage d’une actualité brulante et dont on peut dire qu’on se sent plus intelligent après l’avoir lu.

Lire la suite : ...

Jean-Sébastien Bourré. Transition. Évolution du mouvement trans et de ses revendications

Jean-Sébastien Bourré
Transition. Évolution du mouvement trans et de ses revendications
Candiac, Marcel Broquet éditeur, 2017, 475 pages

Contrairement à ce qu’indique son sous-titre, l’ouvrage Transition, de Jean-Sébastien Bourré, ne porte pas sur l’« évolution du mouvement trans et de ses revendications ». S’il contient des repères chronologiques sur les premiers cas de changements de sexe, les changements législatifs ou les modifications apportées d’une édition à l’autre du Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), on n’y trouve toutefois aucune analyse historique ou sociologique du militantisme trans, qui permettrait de suivre son évolution. Même le dernier chapitre, intitulé « transition des revendications », porte exclusivement sur les demandes actuelles des trans, telles que le remboursement des augmentations mammaires et de l’épilation au laser.

Lire la suite : ...

Jean-Michel Demetz. Les Québécois

Jean-Michel Demetz.
Les Québécois
Paris, Tallandier, 2018, 352 pages

On a parfois l’impression qu’à chaque année qui passe, les Québécois traversent une crise d’indignation aussi exagérée qu’éphémère, et ayant à sa source un seul et même phénomène : quelqu’un, en France, s’est laissé aller à dire une sottise sur leur compte. Les exemples sont si nombreux qu’ils nous viennent aisément à l’esprit, comme l’article de 2016 consacré à Ricardo dans le Elle France, dégoulinant de sirop d’érable et autres clichés. On peut aussi penser à ce chroniqueur d’émission de radio française qui, à l’été 2018, s’est fait varloper pour avoir colporté les pires erreurs factuelles sur Montréal. Et que dire de l’énorme bourde de Valérie Treilweiler, ex-compagne de François Hollande ? Confondant la ville avec la province, la pauvre en était venue à célébrer les 400 ans « du » Québec dans un article de Paris-Match publié en 2008.

Lire la suite : ...

Éditorial - Hauteur de vue requise

2019fevrier250La lune de miel est terminée. Les premières salves sont lancées : Trudeau qui rejette la proposition de la déclaration d’impôt unique, Leblanc qui finasse sur la question des seuils d’immigration. Trudeau, encore, qui persiffle sur la laïcité, Rodriguez qui laisse tomber son masque et les civilités pour nous servir le mépris du Québec français. Cela ira en s’accélérant et le signal en a été donné à la sortie du caucus de la CAQ : le tir groupé sur les déclarations de François Legault au sujet de cette chose aussi mal définie que l’islamophobie aura donné un avant-goût de ce qui l’attend lorsque son gouvernement déposera le projet de loi sur la laïcité. À Radio-Canada et dans de nombreuses officines du cartel médiatique, les chantres du multiculturalisme ont de plus en plus de mal à cacher leur jupon ; la nébuleuse diversitaire s’agite, publie, appelle à la censure, l’intolérance vertueuse s’affiche et se répand. La politique québécoise restera aussi fermement tenue coincée entre le consentement à la « normalisation » minoritaire et l’humiliation. C’est entre ces deux pôles – et entre eux seulement – que l’ordre canadian est déterminé à contenir le Québec.

Les sources du conflit entre la Catalogne et l’Espagne

* L'auteur est ingénieur industriel, professeur retraité de l’Université Polytechnique de Catalogne.

Comment expliquer à des lecteurs étrangers ce qui se passe en Catalogne ? Pour faire comprendre au public québécois les événements qui se sont déroulés en Catalogne ces dernières années, je débuterai par une comparaison que l’ancien président de la Generalitat, Jordi Pujol, utilisait dans le passé. Il assimilait le rapport entre la Catalogne et l’Espagne aux relations entre la Lituanie et la Russie. Si je devais transposer cette relation à celle entre le Québec et le Canada, je devrais toutefois spécifier que l’Espagne a plus d’affinités avec la Russie qu’avec le Canada.

L’Espagne est un État, c’est-à-dire, une structure de pouvoir, qui s’est constituée au Moyen Âge et qui n’a pas beaucoup évolué. Même si cela peut paraître étonnant on comprend mieux l’Espagne si on pense à un État féodal plutôt qu’à un État démocratique. Ce pays est dominé par des intérêts de castes incapables de créer de la richesse, mais qui ont un incessant besoin de ressources financières pour réaliser des dépenses somptuaires afin de soutenir un statut d’hidalgo, mot qui signifie : fils de quelqu’un. Cet argent a été extorqué successivement aux Arabes, aux Juifs et ensuite à l’Amérique latine. Aujourd’hui, il ne reste à l’Espagne que la Catalogne à exploiter qui avec 8 % du territoire et 15 % de la population, représente le 20 % du PIB et entre 25 et 30 % des exportations. Pour cette raison, la Catalogne est la poule aux œufs d’or de l’Espagne, ce qui explique qu’elle doit assumer un déficit fiscal qui varie entre 8 et 12 % de son PIB annuel.

Lire la suite : ...

BREXIT: Entre l’arbre et l’Écosse

* Chercheur postdoctoral, ÉNAP. Cet article a été rédigé et soumis à la toute fin du mois de janvier 2019, alors que Theresa May repartait en négociations avec l’UE.

Le 15 janvier dernier, les députés du Parlement britannique à Londres ont massivement rejeté l’Accord transitoire négocié avec Bruxelles par le gouvernement de Theresa May, plongeant le Royaume-Uni (R.-U.) encore un peu plus profondément dans la crise politique et constitutionnelle qui a jusqu’ici caractérisé le processus de sortie de l’Union européenne (UE), depuis le vote référendaire de juin 2016. À 432 voix contre 202 en défaveur de cet Accord, il s’agit de la plus grande défaite en Chambre de l’histoire britannique moderne, qui aura évidemment été suivie du dépôt immédiat (et, disons-le, passablement opportuniste et cynique) d’une motion de censure par l’opposition travailliste que dirige Jeremy Corbyn. Theresa May et son gouvernement, minoritaire, mais soutenu par une alliance avec les députés unionistes nord-irlandais, y ont survécu de justesse le 16 janvier, mais ces deux votes auront tour à tour confirmé la division qui règne à la fois au Parti conservateur britannique ainsi qu’au Parlement plus généralement.

Lire la suite : ...

Éléments de réflexion pour une repolitisation du Canada français

* François-Olivier Dorais est historien et professeur à Université du Québec à Chicoutimi, Jean-François Laniel est sociologue et professeur à Université Laval.

Qui eut cru, il y a à peine quelques mois de cela, que l’Ontario français se trouverait propulsé au cœur de l’actualité politique et médiatique québécoise, que les coupes du gouvernement ontarien dans les institutions de l’Ontario français et la mobilisation de la communauté franco-ontarienne seraient suivies et commentées jour après jour, semaine après semaine, par La Presse comme par le Journal de Montréal, par le Parti libéral du Québec comme par Québec solidaire ? Que le premier ministre François Legault, à l’aube du premier mandat autonomiste caquiste à la tête de l’État québécois, semoncerait son vis-à-vis ontarien en lui rappelant que les Franco-Ontariens ne constituent pas une minorité ethnique et linguistique parmi les autres au Canada, à l’instar de la diaspora chinoise à qui le premier ministre Doug Ford les comparait, mais bien les membres de l’un des « peuples fondateurs » du pays ? Que l’Assemblée nationale du Québec, dans une rare unanimité dont elle a le secret, déciderait de hisser le drapeau vert et blanc de l’Ontario français à l’une de ses tours, et que cette motion à la mémoire longue, dénonçant une « nouvelle atteinte aux droits d’une communauté francophone en situation minoritaire au Canada1 », serait présentée par le parti politique dont le chef charismatique parlait naguère des « dead ducks » hors Québec ? Qui eut cru, bref, il y a à peine quelques mois de cela, que les ressorts du Canada français demeuraient si tendus ?

Sous-catégories

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.

Mémoires présentés récemment