L’expansion du Canada : adhésions ou annexions?

Ce texte est la version complète de la conférence d’ouverture prononcée au 55e congrès de la Société des professeurs d’histoire du Québec à Valleyfield, le 19 octobre 2017.

Les 150 ans de l’entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, rebaptisé Loi constitutionnelle de 1867 en 1982, sont une bonne occasion de revisiter cet événement de l’histoire commune de la Grande-Bretagne, du Canada et du Québec. De nombreux colloques ont été tenus, notamment à Québec, Edmonton, Paris, Montréal et j’en passe1 et des numéros spéciaux ont été publiés, dont ceux d’Argument2, de Relations3 et de la Revue d’histoire de l’Université de Sherbrooke4.

Au-delà de ces événements scientifiques, on se serait attendu, vu le caractère éminemment politique de l’anniversaire, à des événements de commémoration et de contre-commémoration. L’occasion était trop belle de renforcer l’unité du Canada, ou de faire la critique du régime fédéral, selon ses inclinaisons. En effet, le gouvernement des conservateurs de Steven Harper était allé en ce sens il y a quelques années, en soulignant l’effet unificateur sur les Anglais, les Français et les Indiens des deux Canadas de la Guerre de 1812 avec les Américains, soulevant une polémique à laquelle des historiens ont participé5.

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Le baromètre idéologique. Quelles sont les priorités de Québec solidaire?

La dernière élection québécoise a permis à Québec solidaire de sortir de la marginalité et d’obtenir une représentation dans les principales régions du Québec. Comme ce parti jouera un rôle significatif dans la nouvelle dynamique politique, il est nécessaire de mieux connaître ses positions en dehors des discours tenus en campagne électorale. Quelles sont les priorités de son programme politique ? Comment sont-elles hiérarchisées ? Dans cette chronique, que nous comptons publier trimestriellement, le lecteur pourra à l’aide de ce baromètre suivre l’évolution des orientations préconisées par ce parti.

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Éditorial - Sortir du désamour

2019janvier250Dans un article prémonitoire paru il y a dix ans (novembre-décembre 2008) Pierre-Paul Sénéchal identifiait en nos pages un des objectifs stratégiques les plus délétères de la campagne permanente de propagande menée par l’État canadian. Il fallait, disait-il, provoquer le « désamour » du Québec par les Québécois eux-mêmes pour que fonctionne efficacement la doctrine d’État multiculturaliste. La chose lui est apparue en analysant les manœuvres de sabotage pour dévoyer les commémorations du quatre centième anniversaire de Québec, une célébration usurpée sans vergogne par le gouvernement Harper qui a tenté d’en faire l’acte de naissance canadian transformé par des notables locaux en vulgaire affairisme pour aubergistes et faiseux de festivals. Sénéchal a bien montré comment le cartel médiatique, mené et instrumentalisé par Radio-Canada et les plans de communications fédéraux, allait tout mettre en œuvre pour enfermer le Québec dans un récit souffreteux et une vision de perdants. Le multiculturalisme aura triomphé effrontément, par la suite, à l’Hôtel de Ville de Montréal et dans les inepties du territoire mohawk non cédé.

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Québec Circus de Christian Saint-Germain (extrait)

à paraître chez Liber en janvier 2019
Autorisation de publication accordée à L’Action nationale par l’auteur et l’éditeur.

Manon in the Sky

Manon Massé a demandé une voiture de fonction hybride. Le Journal de Montréal, 23 novembre 2018

Tournant du débat des chefs à TVA, Lisée se mit en frais de déculotter « Manon des sources1 ». Mal lui en prit, pareille audace remplit immédiatement l’auditoire de frayeur et au premier chef Pierre Bruneau conscient de l’inélégance d’un argument ad hominem. Entrant en compétition féroce avec l’association des pères Noël, y avait-il un chef dans la salade des « solidaires » voué à la gratuité universelle, à la dette écologique et autre faribole ? Était-ce ce Fantomas Chateauneuf2, l’ancien poinçonneur des lilas de la STM dissimulant, derrière le boniment écologique de QS, les chimères égalitaristes des Niveleurs ? En apostrophant Manon, Lisée cherchait à établir qu’elle n’avait aucune autorité sinon pour unique tâche de vulgariser des débats qui ne volaient déjà pas haut. Tentant de lui faire admettre qu’elle ne détenait pas de phallus malgré qu’elle se dressât rubiconde et turgescente devant le PQ, le lacanien Lisée se heurtait à un agencement collectif, à un archétype de l’inconscient matriarcal bigenré de la société québécoise.

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Un monde finit, un autre commence?

* Docteur en socio-économie du développement de l’École des hautes études en sciences sociales.

Ce qui devait arriver arriva. Le gouvernement le plus antinationaliste de l’histoire du Québec s’est fait montrer la porte avec virulence. Le Parti libéral du Québec, qu’on croyait immortel, a obtenu le pire résultat de son existence. Annonçant son départ de la politique quelques jours plus tard, le premier ministre sortant n’est pas parvenu à se défaire de sa passion première, c’est-à-dire d’offrir un sermon hautain et moralisateur aux Québécois. Ça ne nous manquera pas du tout. Il était par ailleurs rassurant de constater que le Québec français a toujours le pouvoir de choisir le gouvernement.

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Le fédéralisme économique

* Constitutionnaliste

Si l’on compare les constitutions des États-Unis et du Canada, certaines différences sautent aux yeux. La monarchie et la souveraineté parlementaire d’un côté, un régime présidentiel et la séparation des pouvoirs exécutif et législatif de l’autre. Même s’il s’agit dans les deux cas de fédérations, le partage des compétences est différent à certains égards. Ainsi, le droit criminel est une compétence exclusivement fédérale au Canada, alors qu’il s’agit d’une compétence partagée principalement attribuée aux États au sud de la frontière.

Ce qu’il reste de nous (ou : avec-pas de philosophie)

« Il y avait, il y a une tâche ici pour les philosophes : nous désapprendre la peur en donnant à notre peur des objets vrais et durs comme le réel. »
« La contingence du monde, nous l’éprouvons si profondément (et obscurément) qu’un rien nous rassure. »
- Jacques Brault

Le lecteur n’apprendra ici rien de nouveau. En effet, le mal-être dont il est question dans ce texte, et qui est aussi le mobile de l’essai Le nous absent1, est bien connu et a été maintes fois été pensé et travaillé. Ce que je cherche à faire est d’en enraciner une réflexion dans un contexte contemporain.

J’aimerais, en guise d’introduction, dire quelques mots du titre que j’ai choisi, parce qu’il concentre en lui les éléments qui seront déployés dans cet article.

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Chacun ses mérites. Devise sur les plaques d’immatriculation

Une récente édition du magazine Échos-vedettes (16/21 septembre 2018) rendait hommage à Lise Payette et citait notamment le témoignage que sa fille avait publié sur sa page Facebook le 6 septembre : « Elle nous laisse une devise précieuse Je me souviens ». Prise à la lettre, cette phrase pourrait laisser entendre que Lise Payette a créé la devise du Québec… mais on voulait plutôt dire qu’elle était à l’origine de l’inscription de cette devise sur les plaques d’immatriculation, ce qui n’est pas plus exact, même si on l’a dit et redit après son décès.

Que dit le droit: province ou État?

* Avocat

Évolution législative

Dès les années 1960 jusqu’à nos jours, les lois utilisent « Québec » plutôt que « province de Québec » ou « ;provincial » pour nommer l’État, ses institutions, organismes gouvernementaux et sociétés d’État. Quelques exemples de la première décennie :

1961 : Conseil d’orientation économique du Québec ;

1965 : Caisse de dépôt et placement du Québec ;

1967 : Bibliothèque nationale du Québec ;

1968 : Université du Québec ;

1969 : Archives nationales du Québec.

Pour uniformiser les lois, la refonte des lois de 1977 remplace dans celles-ci « province de Québec » et « province » par « Québec », sauf exceptions pour des questions d’interprétation. Aussi, les lois utilisent « national » et « québécois » plutôt que « provincial » ; « État » remplace « Couronne ».

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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