Éditorial - Entre lassitude et exaspération

2019mai250Version PDF

Voilà des années que ça dure. Le déluge de commentaires malveillants, les manifestations d’intégristes, le langage ordurier sur les pancartes, le mépris sous vernis académique, les mêmes sophismes ressassés, les finfinauds qui finfinaudent à Radio-Canada, tout cela n’aura fait que révéler ce qui traîne dans le fond du temps depuis trop longtemps déjà. Et cela n’a, à vrai dire, que peu de choses à voir avec le projet de loi 21. Ce qui se joue là et qui ne se terminera pas avec son adoption, c’est toujours le même déni, le même refus obstiné de consentir à quoi que ce soit qui pourrait avoir l’air d’une affirmation existentielle. Le Québec n’a pas droit à une différence non accréditée.

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Projet de loi sur la laïcité. Rapport de première ligne en territoire constitutionnel

Devant l’élite constitutionnelle canadienne réunie à Toronto pour le prestigieux congrès Constitutional Case Conference 2018, je présentais, le 5 avril dernier, une défense du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État et du légitime recours aux dispositions dérogatoires qu’il comporte. L’événement était solennel et remarquablement bien organisé, et je ne saurais ici trouver à redire à l’endroit des organisateurs ou à la pertinence des nombreuses et intéressantes allocutions sur de nombreux et divers enjeux de droit constitutionnel canadien qui y ont été présentées. Toutefois, lorsqu’il fut temps d’aborder le projet de loi 21 et la laïcité québécoise, dire que j’étais face à un public hostile serait un euphémisme.

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Le libéralisme sectaire

Avocat à la retraite et juriste en droit autochtone et constitutionnel.

Tout ce qui est exagéré est insignifiant, dit le proverbe. Le libéralisme canadien a atteint ce niveau dans le débat sur la laïcité. Il en est venu à se ridiculiser.

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Où s’en va le Québec ?

Professeur HEC à la retraite, membre émérite de la Ligue d’action nationale.

Où s’en va le Québec ? Eh bien  ! À la même place que tout le monde  ! Pourquoi y aurait-il un privilège quelconque pour le seul Québec ? Peu probable... D’autant moins probable que la problématique globale a bien changé. Autrefois la question, à laquelle devaient répondre les deux tiers, peut-être les trois quarts, de la planète, était : comment assurer son développement économique d’abord, politique ensuite, culturel enfin... Aujourd’hui l’on inclut la question écologique. À un point inquiétant d’abord, lancinant ensuite, hallucinant enfin  ! De la question : « y en aura-t-il pour tout le monde ? », on est passé, en moins d’une génération, à la question : « y en aura-t-il pour le peu de monde qui restera ? » Un peu plus et la question des dinosaures disparus se poserait à l’humanité1  !

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Pour sortir du multiculturalisme

Au Canada, le multiculturalisme a été utilisé politiquement pour combattre la montée de l’indépendantisme québécois au début des années soixante. Le gouvernement canadien, ne sachant comment répondre aux demandes de changement constitutionnel exprimées par le Québec de la Révolution tranquille, décida de créer en 1963 une Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (commission B.B.). Mais l’arrivée au pouvoir de Pierre Trudeau en 1968 et le décès du co-président de la commission B.B., André Laurendeau, changeront le cours de l’histoire. Le premier rapport de la commission B.B. concluait que le Canada traversait une crise politique profonde et Laurendeau proposait pour la résoudre d’instituer le principe de l’égalité politique entre les deux peuples fondateurs, ce qu’on appelait le biculturalisme. Cette thèse avait guidé le nationalisme québécois depuis l’établissement de la Confédération même si elle avait été constamment contredite par les faits.

Y a-t-il une explication au Brexit et au rejet de la monnaie unique par le Royaume-Uni ?

Le présent article porte sur les raisons ayant motivé le Royaume-Uni (R.-U.) de s’exclure de la zone euro et de vouloir quitter l’Union européenne (UE) à la suite d’un référendum nommé Brexit.

Le traité de Maastricht est signé le 7 février 1992. Il constitue la première étape de la construction de l’Union économique et monétaire en Europe. Il ajoute à l’UE une dimension politique. Ce traité se révèle être l’un des plus célèbres dans l’histoire de l’intégration européenne. Le traité pose les assises d’une monnaie unique, qui sera gérée par la Banque centrale européenne (BCE). La nouvelle monnaie unique, soit l’euro, apparaît en 1995. Le 1er janvier 1999, onze États membres, sur une possibilité de quinze, se joignent au système monétaire européen. Il s’agit de la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, le Portugal et la Finlande. Ces pays, en tant que membres de l’Union monétaire, acceptent que l’euro soit décrété leur monnaie nationale avec un taux de change fixe par rapport aux autres devises internationales. Aujourd’hui, la zone euro compte huit autres pays portant à dix-neuf le nombre total de membres ayant adopté l’euro comme monnaie nationale1.

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PL21. Nous sommes devant un changement dans la continuité

Entretien de François Olivier Dorais avec E.-Martin Meunier, professeur à l’École d’études sociologiques et anthropologique de l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche « Québec, francophonie et mutations ». Ce dernier propose une analyse du projet de loi sur la laïcité de l’État du gouvernement de François Legault, déposé le 28 mars dernier à l’Assemblée nationale. Pour le sociologue, spécialiste des mutations du catholicisme dans le Canada français contemporain, ce projet de loi est un signe, parmi d’autres, que le Québec est engagé dans une transition progressive vers un nouveau régime de religiosité.

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La tête dans les nuages. L'infonuagique publique

Ainsi, depuis la fin de 2018, le Québec a un ministre délégué à la « transformation numérique gouvernementale » en la personne de M. Éric Caire, député de La Peltrie, formé en informatique au Collège Multi-Hexa, ancien programmeur-analyste et enseignant en informatique au collège François-Xavier-Garneau. Le ministre délégué évolue au sein du Conseil du trésor présidé par M. Christian Dubé, député de La Prairie, également ministre responsable de l’Administration publique.

Comment M. Caire comprend-il l’intitulé de son poste, qui est inédit dans l’histoire du Québec et même dans celle de la langue française ? Étant donné les missions de l’État et de l’administration publique, il est à souhaiter que les ministres Caire et Dubé entendent l’expression « transformation numérique » (traduction littérale de digital transformation) dans un sens plus profond et moins idéologique que celui que lui donne le milieu des affaires qui en fait la promotion ces jours-ci.

En effet, dans le sens le plus répandu, la « transformation numérique » est une expression à la mode qui signifie en gros transformer sa culture organisationnelle et ses processus d’affaires, innover et créer de la valeur pour être plus compétitif ou mieux encore « disruptif » (de l’anglais disruption) sur le marché. Ce type de transformation n’a évidemment rien à voir avec le rôle et les grandes responsabilités de l’État et de l’administration publique vis-à-vis du bien commun, de la démocratie, de la justice, de la sécurité, de l’éducation, etc. Qu’elle s’inscrive dans la vision d’un État interventionniste ou non interventionniste, la « transformation numérique » des organismes de toutes sortes qui sont rattachés à l’État doit impliquer plus de choses et surtout autre chose que la recherche d’un avantage compétitif face à des concurrents, la simple réduction des dépenses, l’optimisation ou la satisfaction des clients.

Comment la « transformation numérique » du secteur public peut-elle servir l’atteinte de nos grands objectifs de société ? Comment doit-elle être bénéfique à l’action publique en général ? Par exemple, comment un secteur public qui se transforme par le numérique peut-il être plus directement utile à une « transition numérique » globale qui sera positive pour l’être humain ? Voilà peut-être quelques-unes des grandes questions de nature politique qui devraient trotter dans la tête de M. Éric Caire au cours des prochaines années.

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Patrick Dionne. Claude-Henri Grignon alias Valdombre

Patrick Dionne
Claude-Henri Grignon alias Valdombre. Un conservateur enragé
Éditions Synoptique, 2018, 204 pages

J’ai lu ces pamphlets en pleine canicule. Ce fut une erreur. J’aurais dû attendre le froid glacial de janvier, confortablement assis dans un banc de neige ou les pieds sur la bavette du poêle. Je ne l’ai pas fait et je l’ai regretté. Cette lecture a eu pour effet d’accélérer mon flot sanguin, de faire bouillonner mon cerveau et d’exciter mon esprit. C’était comme si tout mon être mijotait. Mais je n’en veux pas à Patrick Dionne. Il a eu la bonne idée de visiter notre grenier pour en ressortir quelques pamphlets de Valdombre, nom de plume de Claude-Henri Grignon, celui-là même qui nous a donné l’une des œuvres les plus importantes de notre histoire littéraire  : Un homme et son péché. Depuis, c’est comme si cette œuvre nous collait à la peau. Séraphin et ses compagnons sont des intimes pour les quatre dernières générations de Québécois. Grignon peut se vanter d’avoir laissé une marque indélébile dans l’esprit de son peuple. À ce titre, seul Michel Tremblay souffre la comparaison.

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Daniel Samson-Legault. Dissident – Pierre Vallières (1938-1998)

Daniel Samson-Legault
Dissident – Pierre Vallières (1938-1998). Au-delà de Nègres blancs d’Amérique
Montréal, Éditions Québec Amérique, 2018, 504 pages

Combien de rêves sont détruits par le désir de mener une vie confortable ? Combien de talents se sont éteints dans des métiers ternes et gris, mais bien payés, qui ne laissent guère de place au plein accomplissement ? Certains individus d’exception échappent à ce sort. On pense notamment à Gaston Miron dont l’existence entière fut vouée à la littérature québécoise. Il a connu la pauvreté matérielle, mais celle-ci fut compensée par la richesse spirituelle qu’il trouvait dans sa carrière d’écrivain et d’éditeur. Miron suivait ses passions, peu importe les obstacles. On peut en dire autant de Pierre Vallières qui a d’ailleurs été profondément marqué par sa rencontre avec Miron au milieu des années 50. C’est cette existence passionnée que raconte l’auteur Daniel Samson-Legault dans sa biographie Dissident – Pierre Vallières (1938-1998) au-delà de Nègres blancs d’Amérique.

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