Éditorial - Gazoduq et la politique des autres

2019juin250Version PDF

Le Canada est un état pétrolier. Son modèle de développement économique est essentiellement extractiviste. Qu’il s’agisse d’énergies fossiles ou de minerais, son économie repose sur une exploitation de la matière brute destinée à l’exportation, une matière qu’il laisse exploiter, pour la plus grande part, par le grand capital multinational, se contentant des retombées économiques, pour ce qui est de l’emploi, et des occasions de financement qu’y trouvent les banques. Le reste est affaire de politique ou plutôt de renoncement à construire sur d’autres bases. La politique ou plutôt ce qu’il en reste s’épuise dans les efforts pour arracher les consentements, faire financer par les fonds publics les infrastructures requises et se servir des retombées fiscales pour financer des programmes dont l’existence est chaque fois davantage dépendante des entrées produites par la rente d’extraction.

Laïcité et démocratie. Mémoire sur le projet de loi 21

La Ligue d’Action nationale et la revue L’Action nationale accordent leur appui au projet de loi 21.

Voilà plus de dix ans que les débats autour de la laïcité de l’État du Québec s’enlisent dans des arguties innombrables où les sophismes s’ajoutent aux injures pour empoisonner la vie de la nation et brouiller les esprits. L’affrontement des points de vue n’a pas donné les progrès qu’on aurait été en droit d’attendre d’un débat démocratique sain et responsable. Il faut souhaiter que la présente commission permette au moins de donner au Québec une base fiable pour continuer d’avancer dans la reconfiguration des institutions rendue nécessaire aussi bien par les limites du régime qui l’enferme dans une constitution qu’il n’a pas choisie que par les transformations sociales et culturelles du temps présent.

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Hauris Lalancette (1932-2019). L’homme qui ne parlait que d’une seule voix

Si vous avez mis les pieds récemment dans une salle de cinéma, vous l’avez sans doute remarqué : les films de superhéros ont la cote. Entre les Avengers, Capitaine Marvel et le toujours aussi attendu Superman, on note un appétit pour l’invincibilité, les missions plus grandes que nature, la défense du royaume.

Si les superhéros font rêver, certains d’entre eux ne portent ni la cape ni l’épée et vivent parmi nous. Ceci n’a rien d’une blague, il suffit d’ouvrir les yeux.

C’est le cas d’Hauris Lalancette, cultivateur de Rochebaucourt. Le célèbre colon abitibien a rendu l’âme le 23 avril dernier, mais il avait été convenu qu’il passerait à postérité. L’agriculteur a sacrifié sa vie au profit de l’avenir. Celle-ci ne se conjuguera pas au passé.

Comme tous les superhéros, on l’a d’abord vu dans les films. Au milieu des années 1970, le cinéaste Pierre Perrault cherchait une histoire. En arrivant en Abitibi, il a plutôt rencontré un personnage et, par ricochet, réalisé beaucoup plus qu’un film.

Pour se rappeler la mémoire d’Hauris Lalancette, revisitons cette belle aventure.

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Génération 2012

Maîtrise science politique, UQAM

En 2012, une génération qu’on disait endormie se serait réveillée. Sans crier gare, elle aurait pris le chemin de l’existence. Cette génération était donnée pour morte, enterrée sans avoir vécu. Entre autres choses, on disait d’elle qu’elle n’avait pas l’esprit de groupe. Les forces jeunes se seraient alors déployées : elles devaient propulser une génération hors des mains rugueuses de celui qu’elle croyait être un parâtre, Jean Charest. Au Québec, un mythe s’est construit autour de l’année 2012, surtout dans l’esprit des étudiants, mais aussi dans l’imaginaire populaire. Je n’entends pas ici faire le récit de la plus importante grève étudiante de l’histoire du Québec. Cette suite d’événements est à la fois un départ et un sommet dans le parcours de cette génération à laquelle j’appartiens par acte de naissance. Une conscience qui s’éveille ne sait pas tout du monde qui l’entoure. Le récit qui précède cette prise de conscience générationnelle importe en ce qu’il permet d’éclairer le rapport de la « génération 2012 » à la société québécoise.

Gérard Bouchard ou penser dans l’œil de l’autre

« Qu’est-ce que les autres vont penser ? ». Cette question, combien de fois l’ai-je entendue durant mon enfance et mon adolescence ? D’ailleurs, ce n’était pas du tout une question, mais plutôt la formule incantatoire par laquelle ma défunte mère tentait d’échapper, par le biais du langage, à la dure réalité qui l’accablait ; une parole de fuite qui l’aidait sans doute, en sublimant son malheur dans un « on » anonyme (les autres), à en supporter le poids. Je me souviens à quel point, à l’époque, ces mots-là me hérissaient, sans que je sache trop pourquoi. Plus tard, devenu adulte, j’ai compris que la question tout oratoire de ma mère traduisait au fond sa profonde aliénation. Prisonnière des habitus du milieu dans lequel elle avait grandi, elle ne pensait que dans l’œil de l’autre. À son insu, elle disposait toutefois d’un parfait alibi. Née en 1921 dans la pauvreté, elle avait dû quitter l’école en quatrième année pour travailler et subvenir aux besoins de ses onze frères et sœurs. Sa vie de Canadienne française ne fut pas facile, plus misérable et plus étouffante encore que celle des Belles-Sœurs de Michel Tremblay.

(ACEUM) Le Canada a-t-il vraiment sauvé les meubles ? (1)

Le présent texte sur le récent Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) apporte un point de vue différent par rapport à celui diffusé à grande échelle par nos médias d’information souvent contrôlés par des intérêts fédéralistes ou encore par certains journalistes et chroniqueurs peu spécialisés dans les questions économiques ou inféodés au régime en place.

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La perspective régionale de la lutte pour le climat menée au Saguenay

Co-porte-parole de la Coalition Fjord

Ce qui a uni les citoyens dans la Coalition Fjord en novembre dernier est difficile à cerner. Il y avait certainement un sentiment d’urgence partagé, créé entre autres par les appels des scientifiques sur le climat et mêlé à un manque de foi de la population envers le gouvernement pour protéger l’environnement. À cela s’ajoute la volonté d’une partie de la population que l’environnement soit au cœur des préoccupations du gouvernement depuis la dernière campagne électorale et, à l’échelle régionale, le refus de la destruction de la biodiversité et l’aggravation de la crise climatique par trois compagnies polluantes. Cependant, il y avait quelque chose de plus. Selon les dires des plus vieux, jamais une telle mobilisation ne s’est fait sentir dans la région.

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Le gaz naturel comme énergie de transition pour le Québec : un non-sens

Membres du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste et les enjeux énergétiques au Québec.

Soixante-quinze années d’avancées en matière d’intégration de sources d’énergie renouvelables sur son territoire ont fait du Québec l’une des juridictions les mieux dotées au monde pour réaliser une transition énergétique exemplaire. Mais avec le gaz naturel proclamé substitut officiel du pétrole dans les transports lourds et Hydro-Québec promu courtier à rabais prêt à concéder les meilleurs actifs d’électricité renouvelable québécoise aux juridictions voisines, la Politique énergétique 2030 du Québec se présente comme un scénario du pire pour l’avenir. Des scénarios énergétiques insoutenables, dont témoigne entre autres la fausse bonne idée d’une transition énergétique par le gaz naturel fossile, feraient du Québec un contre-exemple international de ce qu’exige une gestion politique planifiée, moderne et responsable de lutte aux changements climatiques.

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Énergie-Saguenay : les impacts sur la santé doivent être pris en compte

* Médecin-résident en santé publique et médecine préventive, membre de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement.

En 2016, des médecins et professionnel.le.s de la santé demandaient au gouvernement du Canada d’interrompre le projet « Pacific Northwest LNG » en raison de ses risques pour la santé1. Ce projet d’exportation de gaz naturel liquéfié avait de quoi inquiéter : en amont, les méthodes d’extraction du gaz par fracturation hydraulique causaient déjà beaucoup de dégâts et, en aval, les importantes émissions de gaz à effet serre allaient aggraver le phénomène, déjà menaçant, des changements climatiques. 90 scientifiques et expert.e.s du climat avaient d’ailleurs déjà demandé au gouvernement Trudeau de rejeter ce projet incompatible avec la lutte aux changements climatiques2. Aujourd’hui, c’est au Québec que l’on veut faire passer un projet d’exportation de gaz naturel liquéfié. Les risques à la santé humaine sont pourtant les mêmes.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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