Éditorial - La valse des milliards

2019octobre250C’est la valse des milliards, la sérénade de la création d’emplois. Cela agrémente la campagne électorale en cours, comme de coutume. Mais c’est aussi le cas, depuis plusieurs mois déjà, du concert de promesses que donnent les tenants du Gazoduq qui devrait balafrer le Québec de l’Abitibi jusqu’au fjord. À en croire le promoteur et ses lobbyistes payés ou ceux qu’ils ont séduits, le projet conduirait le Saguenay aux portes d’une prospérité salutaire. Pourtant rien dans ce projet n’est vraiment accordé aux défis du développement. Ni pour la région ni pour le Québec. À l’heure de la lutte aux changements climatiques et du développement durable, c’est un projet qui pointe dans la direction radicalement opposée à ce qu’il faut faire.

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L’interchangeabilité contre la diversité

Justin Trudeau répète sans cesse sa marotte « la diversité est notre force » et il varie parfois en évoquant « la diversité est une richesse ». On entend périodiquement des demandes pour voir plus de diversité dans les milieux médiatiques, théâtraux, cinématographiques, musicaux ou littéraires. On peut lire sur le site du ministère de l’Immigration que « depuis des décennies, l’immigration contribue au renouvellement de la population active et au développement social, économique et culturel du Québec. Cet apport bénéfique permet de faire du Québec un État moderne, ouvert sur le monde et fier de sa diversité1 ». On retrouve aussi sur les sites Internet de toutes les universités québécoises des pages dédiées à la promotion de la diversité.

Sur Internet, on peut consulter un site2 qui évalue quantitativement le nombre de fois que certains mots ont été utilisés par le New York Times, un des journaux les plus importants aux États-Unis et jouissant d’une réputation internationale. En regardant les chiffres, on constate que ce quotidien utilise deux fois plus le mot « diversité » qu’au début du millénaire. Soulignons aussi que la tendance s’est largement accentuée dans les cinq dernières années.

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Hommage au Père Claude Roberge (1928-2019), missionnaire et professeur au Japon

Ph.D, Chercheur indépendant en études québécoises

Pendant plus de soixante ans, le père Claude Roberge a consacré sa vie professionnelle à l’enseignement du français au Japon et à la recherche pour améliorer son apprentissage. Le 9 août 2019, le dernier missionnaire jésuite québécois au Japon est décédé à Tokyo.

Né le 10 septembre 1928 dans la municipalité de Saint-Ferdinand au Centre-du-Québec, il devient membre de la Compagnie de Jésus (Jésuites) en 1949, après des études au Séminaire Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke. En 1956, il quitte définitivement le Québec pour s’établir au Japon, où le 18 mars 1962 il est ordonné prêtre. Avant d’amorcer sa vocation dans l’archipel nippon, il termine une licence en philosophie au Collège de l’Immaculée Conception à Montréal (1955). En 1962, il obtient un diplôme de maîtrise en théologie de l’université Sophia de Tokyo, une institution fondée en 1913 par les jésuites allemands. Par ailleurs, en 1971, il obtient une maîtrise en linguistique de l’Université de l’État à Mons en Belgique.

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Sur le Québec et la France, les intellectuels, le retour du Canada français et le multiculturalisme

Entretien avec Mathieu Bock-Côté

Je me suis entretenu avec Mathieu Bock-Côté à Paris au cours de l’été. Si l’amitié entre la France et le Québec demeure réelle et sincère, les atermoiements politiques québécois n’ont pas manqué de lasser les intellectuels français cependant qu’ils demeurent toujours intéressés par notre situation. Cap sur une relation qui est liée au contexte interne de la politique québécoise.

Pour une gouvernance régionale dans une souveraineté partagée

L’État du Québec a atteint un degré excessif de centralisation de sa gouvernance. Le processus qui nous a menés à ce système politique et administratif hypercentralisé doit être inversé pour induire de la cohérence, de la cohésion et de l’efficience dans les interventions gouvernementales québécoises et dans le développement du territoire que composent toutes les régions du Québec.

Le moyen : une vigoureuse et audacieuse décentralisation de l’État et l’établissement d’une gouvernance régionale, proche des populations, dans chacune des régions du Québec.

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La planification de l’immigration au Québec pour la période 2020-2022

Mémoire soumis à la Commission des relations avec les citoyens, Assemblée nationale du Québec, 21 juillet 2019 par l'auteure, professeure émérite de sociologie à l’Université du Québec à Montréal, l’auteure a été notamment titulaire de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’UQAM (2008 à 2014).

Le présent mémoire souligne et commente les thèmes insuffisamment ou non abordés dans le Cahier de consultation concernant la planification de l’immigration au Québec pour la période 2020-2022 : l’historique des politiques d’immigration du Québec ; la contribution différenciée de l’immigration sur le plan économique ; le modèle d’intégration du Québec ; le racisme et l’antiracisme ; les valeurs de la société québécoise. Il ressort du document de consultation une approche plutôt utilitariste et technique de l’immigration, qui se situe dans la foulée du gouvernement du Parti libéral antérieur, en dépit d’une volonté affichée d’intégration des personnes et de nouveauté. En l’absence de considérations sociologiques et humanitaires, cette dimension utilitariste prédomine. Et c’est dommage, car cela rompt avec les politiques publiques développées depuis la fin des années 1960.

L’identité constitutionnelle autochtone

Xe Congrès de l’Association québécoise de droit constitutionnel. Avocat à la retraite, juriste en droit constitutionnel et autochtone.

Selon un ouvrage récent d’un politologue émérite de l’Université de Toronto, le Canada est un pays de conquêtes inachevées qui ne reconnaît pas sa dimension multinationale1. Pour lui, il existe trois pôles politiques nationaux dans la fédération : le Canada anglais, le Québec et plusieurs centaines de nations autochtones. Ces identités nationales réelles ne sont pas devenues des identités constitutionnelles dans la même mesure.

Le professeur Rousseau a mis de l’avant l’idée féconde qu’est l’identité constitutionnelle2. Il a aussi affirmé, dans sa savante conférence d’ouverture du colloque qui a donné lieu au présent texte, que la nation est issue de la Constitution. Si cette affirmation peut être acceptée à la lumière de l’histoire jacobine de la première constitution républicaine en France, elle est sujette à caution dans le contexte canadien. Il est difficile de dire que la Constitution de source britannique, élaborée par étapes de manière organique, mais non consensuelle et souvent dans une vive controverse, a créé ou reflété une nation canadienne indifférenciée. C’est vrai du Canada anglais, avec une nuance à Terre-Neuve où l’attachement à l’identité provinciale est élevé en raison d’une histoire spécifique3. C’est beaucoup moins vrai au Québec et pas du tout chez les peuples autochtones.

Les diverses constitutions canadiennes ont été depuis l’origine le champ de bataille des identités4. L’État conserve jalousement le privilège de nommer les acteurs constitutionnels autres que lui-même. Le Canada anglais dominant a cherché à confondre son identité avec celle de l’État. L’histoire constitutionnelle canadienne est à la fois une lutte pour la reconnaissance des identités et leur suppression.

Si l’Acte de Québec de 17745 et le choix du fédéralisme en 1867 ont cherché à accommoder la dimension francophone et catholique du Canada, le Canada n’a pas reconnu la nation ou le peuple québécois dans sa Constitution. Pour les Autochtones, le chemin constitutionnel fut beaucoup plus ardu.

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Marianne White. Salut salut ! Jean Lapierre, un homme du peuple

Marianne White
Salut salut ! Jean Lapierre, un homme du peuple
Les éditions du Journal, 2018, 245 pages

Deux ans après la mort du célèbre chroniqueur politique Jean Lapierre, la journaliste Marianne White fait paraître une courte biographie à son sujet.

Après un premier chapitre rappelant l’accident tragique ayant mené à son décès, l’auteur aborde dans le deuxième chapitre ce qui fut un début de carrière politique fulgurant. Peu après son arrivée au Cégep de Granby, où le Madelinot d’origine effectue des études en sciences humaines, il prend la tête de l’aile jeunesse du PLC. Puis, il étudie le droit à l’Université d’Ottawa et devient, de toute l’histoire politique du Canada, le plus jeune chef de cabinet à 21 ans, le plus jeune député à 23 ans et le plus jeune ministre à 28 ans. Son jeune âge ne l’aidant peut-être pas toujours à prendre des décisions éclairées et courageuses, il vote pour le rapatriement de la Constitution en 1982. Comme le dira plus tard Louis Duclos, le seul député libéral fédéral québécois ayant voté contre ce rapatriement : « Il faut voir les choses telles qu’elles sont : je pense que Jean pensait plus à lui qu’au Québec ».

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Pierre Dubuc. Dans quel camp êtes-vous ?

Pierre Dubuc
Dans quel camp êtes-vous ?
Montréal, Les éditions du Renouveau québécois, 2019, 174 pages

Pierre Dubuc, qui tient à bout de bras depuis 35 ans le mensuel indépendantiste et progressiste l’Aut’journal, a posé récemment dans une publication une question cruciale en ces temps incertains où trop de nos compatriotes s’apprêtent à se laisser séduire par des sirènes tantôt vertes, tantôt rouges, tantôt oranges.

Cette question, c’est : Dans quel camp êtes-vous ?

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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Mémoires 2019