Les cégeps français à Montréal : le début de la fin ?

Quand la situation était encore gérable, elle fut négligée, et maintenant qu’elle est catastrophique, nous appliquons trop tard les remèdes qui, utilisés à temps, auraient conduit à la guérison (Winston Churchill).

Au Québec, l’offre de places d’étude et de programmes dans la langue de la minorité anglophone est abondante à tous les niveaux scolaires. Qui plus est, la part relative du réseau anglophone s’accroit au fur et à mesure que l’on gravit les échelons du système d’éducation québécois. Ainsi, on retrouve dans le réseau anglophone 9,3 % des places d’études aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire1, 19 % au niveau collégial2 et 25,4 % au niveau universitaire3. Ceci alors que les anglophones constituaient 8,1 % de la population du Québec en 20164. On remarque que, malgré les contraintes d’accès au réseau primaire et secondaire de langue anglaise mises en place par la Charte de la langue française, la proportion de places au primaire et secondaire (9,3 %) y est légèrement supérieure à celle de la population anglophone d’âge scolaire de 0 à 14 ans (9,2 %)5.

Si on calcule le ratio entre le nombre de places d’étude en anglais et le pourcentage de la population de langue anglaise au Québec, on obtient 1,01 (9,3/9,2) aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire, 1,9 (19/10,2) au niveau collégial et 2,5 (25,4/10,2) au niveau universitaire6. Appelons ce ratio, qui indique si le nombre de places d’études est distribué de façon équitable (ce qui serait un ratio de 1) entre les groupes linguistiques francophones et anglophones au Québec, le « ratio d’équité ». Ce ratio d’équité indique qu’alors que le préscolaire, primaire et secondaire draine seulement un excédent de 1 % d’élèves relativement au pourcentage d’anglophones de 0 à 14 ans dans la population, ce qui est relativement peu, la situation est toute autre au niveau postsecondaire ; le réseau anglophone attire alors 1,9 fois le poids de la population anglophone de 15-19 ans au collégial et deux fois et demie le poids de la population de 20-24 ans au niveau universitaire.

Pourquoi cette distribution relative des places d’étude est-elle importante ?

Parce que pour une langue, la loi du nombre est déterminante. Plus le nombre de locuteurs est grand et plus ils sont concentrés dans l’espace (c’est là la variable dominante), plus est forte la vitalité d’une langue, c’est-à-dire plus grande est sa capacité à conserver et recruter de nouveaux locuteurs. L’inverse étant aussi vrai : la baisse du nombre de locuteurs s’accompagne généralement d’une baisse de vitalité linguistique. Qui plus est, c’est le nombre relatif de locuteurs qui est déterminant ; plus une langue domine en termes de nombre de locuteurs relativement à une autre langue, plus son rapport de force et sa vitalité seront importants. C’est pour cette raison que les statistiques linguistiques sont souvent analysées en termes relatifs (pourcentage de francophones, pourcentage d’anglophones, etc.).

Dans le cas du réseau scolaire, l’analyse de la répartition des places selon la langue d’enseignement nous renseigne directement sur le rapport de force entre l’anglais et le français. Dans le cas du préscolaire, primaire et secondaire, comme les clauses scolaires de la Charte s’exercent, le rapport de force entre les langues n’est pas libre de s’exprimer. C’est pour cela qu’il est instructif de voir ce qui se passe au postsecondaire, là où règne le « libre-choix », c’est-à-dire que ce sont les forces du « marché » linguistique qui s’expriment.

Outre cela, le ratio d’équité permet de mettre en lumière un autre fait crucial ; comme, au Québec, les écoles, collèges et universités sont financés grosso modo au prorata du nombre d’élèves ou de places d’études, ceci signifie que les institutions de la minorité anglophone sont également financées au prorata du ratio d’équité calculé plus haut. Les universités anglophones, par exemple, reçoivent environ 25 % du financement total destiné aux universités par le gouvernement du Québec. Comme l’argent est limité et que les enveloppes budgétaires sont des vases communicants, cela veut dire que les universités de langue française reçoivent seulement 75 % des budgets destinés aux universités. Comme les francophones, langue maternelle, constituaient 78 % de la population du Québec en 2016, cela veut dire que les universités de langue française recevaient une part de financement inférieure au poids démographique des francophones.

Si le financement était accordé de façon à refléter l’objectif de la politique linguistique québécoise qui est de faire du français la « langue commune », les institutions francophones devraient normalement récolter un financement correspondant au poids démographique du groupe francophone et allophone mis ensemble, soit 91,8 % du total (78 % +13,8 %). C’est loin d’être le cas. La répartition des fonds publics aux universités dessert la majorité francophone au Québec.

La question des cégeps

Le raisonnement pour les universités vaut aussi, bien sûr, pour les cégeps. Le réseau collégial anglophone recevait en 2018 19 % des fonds totaux destinés à ce secteur, soit 1,9 fois le poids démographique des anglophones de 15-19 ans. Les cégeps français reçoivent seulement 81 % des fonds au collégial, ce qui est loin de la part de 91,8 % qui devrait normalement leur revenir. Cependant, comme il n’existe pas de cégeps allophones, cela signifie que le financement de places en anglais (19 %) au niveau collégial correspond presque au poids démographique du groupe anglophone (8,1 %) et allophone (13,8 %) mis ensemble (soit 21,9 %). L’anglais est nettement avantagé.

La proportion de places d’étude en anglais dans les institutions postsecondaires québécoises dépasse largement la proportion d’anglophones en âge de poursuivre des études à ce niveau. Dans les universités anglophones du Québec, une proportion importante des places excédentaires (mais pas toutes) sont occupées par des étudiants étrangers (internationaux) ou par des étudiants canadiens hors Québec. Il n’en est cependant pas ainsi dans les cégeps, cette institution étant spécifiquement québécoise et exerçant peu d’attraits dans le cheminement scolaire d’un étudiant étranger. La majeure partie des places d’études en anglais dans les cégeps anglophones sont occupées par des anglophones, des francophones et des allophones du Québec.

Tout le Québec

Comme les clauses scolaires de la Charte cessent de s’appliquer après le niveau secondaire et que le libre-choix recommence à jouer, il est intéressant de suivre l’évolution des inscriptions au cégep dans les réseaux anglophones et francophones. Ceci donne des indications précieuses et précises sur la dynamique des langues au Québec. J’ai obtenu du ministère de l’Éducation des données sur l’effectif collégial au cégep par région géographique, par langue d’enseignement et langue maternelle.

figure1

La figure 1 donne la proportion des places d’étude en anglais
au niveau collégial pour tout le Québec.

On peut constater que la place relative occupée par le cégep anglais est en augmentation depuis 1995. Ainsi, depuis 1995, le cégep anglais est passé de 14,9 % des effectifs à 19 % des effectifs en 2018, une augmentation de 4,1 points de pourcentage. En termes absolus, cela représente 6941 étudiants de plus en 2018 qu’en 1995 dans le réseau anglophone. Pendant ce temps, puisque les deux réseaux sont des vases communicants, la taille relative du secteur de langue française s’est bien sûr contractée de 4,1 points de pourcentage. En termes absolus, cela représente une baisse de clientèle globale de 5436 étudiants en 2018 par rapport à 1995 pour le secteur français.

Il est aussi intéressant de noter que la moyenne historique de répartition des places d’étude entre les réseaux est de 85 % pour le secteur français (donc 15 % pour le secteur anglophone7) sur la période 1970-2018. Depuis 1996 au Québec, il existe un déficit de fréquentation du réseau français par rapport à la moyenne historique, écart qui se creuse à chaque année sur la période 1995-2018 pour atteindre 4 points de pourcentage (19 %-15 %) en 2018.

Si la fréquentation relative était restée stable, soit à 85 % pour le cégep français sur la période 1995-2018, puisque 4 997 902 places d’étude ont été occupées dans les cégeps français et anglais durant cette période, il y aurait eu 4 248 216 places d’étude dans les cégeps français durant cette période, au lieu de seulement 3 158 462, soit 749 685 de plus8.

Étant donné le fait que la majorité des immigrants reçus au Québec s’installent dans la région de Montréal et que c’est aussi là que résident la majorité des anglophones du Québec, il est particulièrement intéressant de se pencher, pour comprendre le rôle des institutions dans la dynamique des langues, sur ce qui se passe dans cette région de contact entre anglophones, allophones et francophones. Mais d’abord, afin de bien cerner la situation montréalaise, procédons par soustraction ; que se passe-t-il au Québec à l’extérieur de l’ile de Montréal ? C’est ce que présente la figure 2. On y remarque que depuis 1996, il y a une nette tendance à la hausse pour ce qui est de la fréquentation des cégeps anglais hors de Montréal. Sur la période 1995-2018, cela représente globalement une hausse de 1181 étudiants en 2018, par rapport à 1995.

Cela s’explique principalement par une hausse de fréquentation dans les cégeps anglophones hors Montréal comme le Champlain Regional College (Saint-Lawrence) à Québec qui a connu une hausse notable d’inscriptions, passant de 704 étudiants en 1995 à 932 étudiants en 2018, ou le Champlain Regional College (Saint-Lambert), qui est passé de 2291 étudiants en 1995 à 2997 étudiants (gain de 706 étudiants) en 2018.

La tendance à la hausse des inscriptions dans le réseau collégial anglais n’est pas un problème strictement montréalais. Elle s’exprime partout où il y a des institutions de langue anglaise.

figure2

Figure 2 : Proportion des places d’étude en anglais au niveau collégial pour tout le Québec moins Montréal, étudiants au DEC, temps plein, réseau public et privé subventionné, filière préuniversitaire et technique.

Montréal

La proportion des places dans le réseau anglais sur l’ile de Montréal est donnée à la figure 3 pour les secteurs préuniversitaire et technique combinés.

figure3

Figure 3 : Proportion des places d’étude en anglais au niveau collégial à Montréal, étudiants au DEC, temps plein, réseau public et privé subventionné, filière préuniversitaire et technique.

On constate que la hausse globale de fréquentation des cégeps anglophones à Montréal est de 6 points de pourcentage sur la période 1995-2018 (39,9 % des places en 2018). Cela représente une hausse de 5 760 étudiants en 2018 par rapport à 1995. Pour fins de comparaison, notons que Dawson College, le plus gros cégep au Québec, accueillait 5 399 étudiants dans ses programmes préuniversitaires en 2018.

Du côté français, en 2018, les cégeps avaient gagné 303 étudiants par rapport à 1995. La hausse générale de clientèle des cégeps à Montréal durant cette période (55 984 étudiants en 1995 comparativement à 62 047 étudiants en 2018) favorise presque exclusivement les cégeps anglais, qui bénéficient de 95 % (303/[5 760 +303]) de la hausse globale de clientèle.

Regardons maintenant ce qui se passe du côté de la filière des études collégiales qui mène aux études universitaires, soit le préuniversitaire (le « cégep général »)

Les données pour le préuniversitaire seulement (excluant les techniques) sont présentées à la figure 4. La hausse de fréquentation du secteur anglais est de 7,2 points de pourcentage sur la période 1995-2018. Cela représente une hausse de 3532 étudiants en 2018. Du côté français, les cégeps ont perdu 1001 étudiants en 2018 par rapport à 1995.

On constate à la figure 4 que, si la tendance se maintient, le rythme de progression du réseau anglais est tel que le poids relatif du secteur préuniversitaire de langue française dans l’ile de Montréal passera sous la barre du 50 % dès l’automne 2021.

figure4

Figure 4 : Proportion des places d’étude en anglais au niveau collégial à Montréal, étudiants au DEC, temps plein, réseau public et privé subventionné, filière préuniversitaire.

Le tableau 1 présente les inscriptions dans les programmes préuniversitaires et techniques à Montréal pour les années 1995 et 2018.

Tableau 1 : Nombre d’étudiants inscrits dans les programmes préuniversitaires et techniques
à Montréal sur la période 1995-2018

   

Préuniversitaire

Technique

Préuniversitaire

et technique

Français

1995

19 365

17 624

36 989

Anglais

 

13 048

5 947

18 995

Français

2018

18 364

18 928

37 292

Anglais

 

16 580

8 175

24 755

Le tableau 2 présente la variation des inscriptions sur la même période.

Tableau 2 : Variation dans les inscriptions
dans les programmes préuniversitaires et techniques
à Montréal sur la période 1995-2018

 

Variation préuniversitaire

1995-2018

Technique

1995-2018

Bilan global

1995-2018

Français

-1001

+1304

+303

Anglais

+3532

+2228

+5760

On constate au tableau 2 que c’est uniquement la hausse d’inscription dans les techniques qui permet au secteur français d’afficher un bilan légèrement positif sur la période 1995-20189. La perte dans les programmes préuniversitaires est significative (-5,1 % des effectifs). Notons que les cégeps anglais affichent une solide hausse à la fois au préuniversitaire (+27 %) et dans les techniques (+37,5 %).

On peut également calculer la moyenne historique de répartition des places en français au collégial préuniversitaire à Montréal. La valeur moyenne sur la période 1970-2018 est de 57,2 %. En 2018, le secteur français était 4,9 points de pourcentage en bas de sa moyenne historique. Cela est présenté à la figure 5.

figure5

Figure 5 : Écart entre la proportion des places d’étude en français au niveau collégial à Montréal et la moyenne historique de cette proportion, étudiants au DEC, temps plein, réseau public et privé subventionné, filière préuniversitaire.

On constate à la figure 5 que depuis l’an 2001, le cégep français est passé sous la barre de sa fréquentation historique des 48 dernières années (1970-201810). La tendance à la baisse est présente depuis 2001 et s’accélère nettement depuis 2013.

Composition linguistique de la clientèle des cégeps anglais et français

La répartition de la clientèle des cégeps anglais de l’ile de Montréal est indiquée à la figure 6.

figure6

Figure 6 : Répartition des places d’étude en anglais au niveau collégial à Montréal selon la langue maternelle (francophones, anglophones, allophones), étudiants au DEC, temps plein, réseau public et privé subventionné, filière préuniversitaire.

On notera tout d’abord que les anglophones sont minoritaires depuis 2001 dans les institutions qui leur sont destinées. Le pourcentage d’allophones atteignait 37,8 % en 2018 tandis que le pourcentage de francophones y atteignait 20,7 %.

Peu après la création des cégeps, en 1971, le secteur collégial anglophone comptait pour 12,7 % des places d’études au Québec. La même année, le recensement indiquait qu’il y avait 13,1 % d’anglophones au Québec. Le ratio d’équité au collégial en 1971 était donc de 1,03. Le pourcentage d’anglophones dans la population a depuis baissé régulièrement alors que le pourcentage d’allophones est en augmentation constante. Il y a donc eu une substitution de clientèle dans les cégeps anglais ; les allophones sont allés occuper les places d’études laissées vacantes dans les cégeps anglais suite à l’émigration hors Québec des anglophones au cours des décennies suivantes. Le financement des cégeps anglais n’a jamais été réajusté pour tenir compte de la baisse de clientèle anglophone.

On peut estimer, en se basant sur les données de recensement de Statistique Canada, que si le financement des places d’études avait été ajusté selon le poids de la population anglophone depuis 1970, les cégeps anglais auraient disposé de 675 399 places d’étude sur la période 1970-2018 au lieu de 1 198 518, soit une différence de 523 119. Les cégeps français auraient disposé de 6 412 884 places d’étude au lieu de 5 889 765 (également une différence de 523 119).

figure7

La figure 7 présente les mêmes données pour les cégeps français.

On constate que le pourcentage d’allophones dans les cégeps français est également en croissance sur la période 2000-2018. Cependant, les allophones sont toujours moins présents dans les cégeps français (33,8 % en 2018) que dans les cégeps anglais (37,8 %).

Notons aussi le très faible pourcentage d’anglophones qui choisissent le cégep français : en 2018, ils occupaient seulement 1,3 % des places dans les cégeps français à Montréal.

Plus de demandes d’admission au cégep anglais et moins au cégep français

J’ai également obtenu les demandes d’admission aux cégeps de la région de Montréal via le Service d’admission du Montréal métropolitain (SRAM). Sur la période 2013-2017, les demandes d’admission au premier tour ont crû de 3,85 % pour John Abbott et de 2,4 % pour Vanier College11. Dawson College et Marianopolis, qui gèrent eux-mêmes à l’interne leurs demandes d’admission, ont refusé de me fournir les chiffres. Le même exercice effectué pour les cégeps français permet de constater que sur la période 2013-2017, les demandes d’admission ont diminué de 11,1 % pour Maisonneuve, de 13,1 % pour Bois-de-Boulogne, et de 12,8 % pour Vieux-Montréal.

Les demandes d’admission au premier tour dans le réseau anglais à Montréal sont en croissance, tandis que les demandes d’admission dans le réseau français sont en nette décroissance. La chute des demandes d’admission dans les gros cégeps français de Montréal est particulièrement sévère. Également, le nombre de demandes au premier tour dans les cégeps anglais dépasse souvent le nombre de places d’études disponibles. Par exemple, pour Vanier College, en 2017, il y avait 6448 demandes au premier tour, mais seulement 3536 étudiants ont occupé des places d’études en première année cet automne-là.

Pour comprendre ceci, il faut savoir que le Conseil du trésor du Québec contingente de façon indirecte les cégeps anglais en ne finançant pas des places d’étude en anglais de façon strictement proportionnelle au nombre de demandes d’admission d’étudiants éligibles au premier tour12. Les cégeps anglais sont ainsi contraints de refuser un certain nombre d’étudiants annuellement.

Cela laisse croire que les cégeps anglais écrèment les premiers tours des demandes d’admission à Montréal et sélectionnent les étudiants les plus performants académiquement.

Pourquoi le cégep anglais est-il si populaire ?

Une importante étude commandée par la Centrale des syndicats du Québec13 (ci-après : « Le choix anglicisant ») concernant les facteurs orientant les francophones et les allophones vers le cégep anglais a été publiée en 2010. Cette étude a regroupé 3100 étudiants dans les cégeps, surtout sur l’ile de Montréal. L’échantillonnage de l’étude s’est fait de façon aléatoire sur un très grand nombre d’élèves ; les résultats présentés sont donc statistiquement significatifs14.

Les résultats de cette étude sont majeurs.

Une des conclusions en était que la langue parlée à la maison est plus déterminante dans le choix du cégep anglais que la langue d’enseignement au secondaire. Ainsi, le fait de ne pas parler français à la maison était le facteur principal qui menait au choix du cégep anglais : 34 % des allophones scolarisés en français au secondaire choisissaient le cégep anglais tandis que 94 % des allophones scolarisés en anglais au secondaire faisait le même choix.

Cependant, les allophones qui ne parlaient ni anglais ni français à la maison choisissaient le cégep anglais dans une proportion de 45 %, soit dans une proportion nettement plus importante que ceux scolarisés en français (34 %). Formulons-le ainsi : le français comme langue d’enseignement n’est pas un remède à l’absence de français à la maison.

Ce résultat est absolument fondamental.

Sans surprise, les allophones « francotropes » (provenant des pays de la francophonie ou de pays latins) choisissent le cégep anglais dans une proportion de 24 % seulement alors que les allophones non francotropes le choisissent dans une proportion de 76 %.

Chez les francophones, la principale raison mentionnée de choisir le cégep anglais est le désir d’améliorer la maîtrise de cette langue15.

figure8

Figure 8 : Choix du cégep anglais selon la langue parlée à la maison et la langue maternelle (« Le choix anglicisant », figure 3.416).

Les cégeps anglais comme foyers d’anglicisation

Autre fait crucial : le cégep anglais semble constituer un choix de vie définitif. Les étudiants interrogés dans l’étude « Le choix anglicisant » indiquent qu’après le cégep, ils souhaitent s’inscrire à des études universitaires en anglais. La figure 9 indique que 91 % des allophones au cégep anglais avaient l’intention de s’inscrire ensuite à l’université en anglais (McGill et Concordia) tandis que ce n’était le cas que de 18 % des étudiants allophones au cégep français. Les francophones inscrits au cégep anglais suivaient ce comportement de près avec une intention de 80 % de s’inscrire à McGill et Concordia ensuite.

figure9

Figure 9 : Langue projetée des études universitaires selon la langue maternelle et la langue d’enseignement
(source : « Le choix anglicisant », figure 3.1317).

La plupart des étudiants inscrits au cégep anglais projetaient de travailler en anglais suite à leur graduation (72 % des allophones, 54 % des francophones). Au cégep français, seuls 10 % des francophones et 15 % des allophones projetaient la même chose.

Il est à noter qu’outre l’intention de travailler en anglais suite à la graduation, les étudiants au cégep anglais qui travaillaient durant leurs études travaillaient beaucoup moins en français et utilisaient beaucoup moins le français comme langue d’usage publique que les étudiants inscrits au cégep français.

Le choix du cégep anglais avait aussi une forte influence sur la langue de socialisation des étudiants : ainsi, seuls 15 % des allophones inscrits au cégep anglais avaient des amis francophones alors que c’était le cas pour 85 % des allophones inscrits au cégep français.

Enfin, la langue d’enseignement au cégep était corrélée avec les habitudes de consommation culturelle ; moins de 5 % des étudiants au cégep anglais disaient écouter des films en français alors que c’était le cas pour 60 % de ceux inscrits au cégep français.

Globalement, le cégep anglais est donc un milieu de vie anglicisant.

Récapitulatif

Le réseau collégial de langue anglaise est financé 1,9 fois plus que le poids de la population de langue anglaise au Québec.

Globalement, le pourcentage de places d’étude en anglais au collégial est en augmentation constante depuis 1995. Il a atteint 19 % des places en 2018, soit 4 points au-dessus de la moyenne historique sur la période 1970-2018.

La tendance à la hausse pour le cégep anglais se fait sentir hors de Montréal également.

Depuis 1971, il y a eu une substitution de clientèle dans les cégeps anglais ; les allophones sont allés occuper les places d’étude laissées vacantes suite à l’émigration hors Québec des anglophones. Le financement des cégeps anglais n’a jamais été réajusté pour tenir compte de la baisse de clientèle anglophone.

Si un financement équitable des places d’études au collégial avait été mis en place dès 1970, c’est plus d’un demi-million de places d’étude supplémentaires dont les cégeps français auraient bénéficié.

À Montréal :

  • Pour le préuniversitaire plus le secteur technique : La hausse de fréquentation des cégeps anglophones est de 6 points de pourcentage sur la période 1995-2018 (39,9 % des places en 2018). Cela représente 5 760 étudiants en 2018. Les cégeps français ont gagné seulement 303 étudiants en 2018 par rapport au niveau de 1995.
  • Pour le préuniversitaire seulement : la hausse de fréquentation du secteur anglais est de 7,2 points de pourcentage sur la période 1995-2018. Cela représente une hausse de 3532 étudiants en 2018. Du côté français, les cégeps ont perdu 1001 étudiants en 2018 par rapport à 1995.
  • Les cégeps anglais enregistrent une importante hausse de fréquentation à la fois dans le préuniversitaire et dans les techniques.
  • Les cégeps français ont connu une importante perte dans le préuniversitaire et une hausse dans les techniques (mais de moindre ampleur que du côté anglais).
  • La baisse de fréquentation des cégeps français s’accélère depuis 2013.
  • Les anglophones sont minoritaires dans leurs cégeps depuis 2001.
  • Les demandes d’admission au cégep anglais augmentent tandis que celles au cégep français diminuent. Les cégeps anglais écrèment le premier tour et acceptent probablement proportionnellement plus d’étudiants plus performants académiquement que les cégeps français au préuniversitaire.
  • La langue parlée à la maison est un facteur plus important dans le choix du cégep anglais que la langue de scolarisation au secondaire.
  • L’inscription au cégep anglais est un choix de vie cohérent avec l’intention de s’inscrire à Concordia et McGill ensuite et de travailler en anglais ; ce n’est pas, le plus souvent, une immersion de courte durée destinée à acquérir une meilleure maîtrise de l’anglais pour ensuite étudier et travailler en français. Même chez les francophones.

Conclusion

On se rappellera que c’est la commission Gendron qui, la première, établit l’objectif de faire du français la « langue commune ». La Charte de la langue française le reprit explicitement en 1977. Cet objectif est censé être au cœur de la politique linguistique québécoise. Mais la situation des cégeps dans la région de contact de Montréal révèle que cet objectif a été abandonné par le gouvernement du Québec.

L’étude « Le choix anglicisant » a démontré dès 2010 que la langue parlée à la maison était un facteur plus important dans le choix du cégep anglais que la langue de scolarisation au secondaire. Si l’objectif de la politique linguistique québécoise était toujours de faire du français la langue commune, cette information aurait dû normalement mener à une profonde remise en question de celle-ci. La politique d’immigration, par exemple, aurait dû faire l’objet d’une remise en cause radicale.

Pourquoi ? Parce que nous savons maintenant que Camille Laurin et les concepteurs de la Charte de la langue française, hélas, ont perdu leur pari : ceux-ci pensaient que l’application des clauses scolaires de la Charte au préscolaire, primaire et secondaire conduirait naturellement les allophones à se franciser et à s’inscrire ensuite dans le réseau français au postsecondaire.

Si la Charte a pu avoir un certain effet d’entraînement à cet égard, cet effet de la langue de scolarisation au primaire et au secondaire est inférieur à celui de la langue parlée à la maison. Du reste, cela ne devrait pas trop nous surprendre ; c’est un problème qui se manifeste aussi dans les écoles françaises hors Québec ; l’augmentation de nombre d’étudiants n’ayant pas le français comme langue maternelle transforme, paradoxalement, certaines écoles françaises en Ontario, par exemple, en foyers d’anglicisation18.

On sait que de nombreux allophones qui parlent français à la maison ont été sélectionnés selon leur connaissance du français par la politique d’immigration. On peut donc conclure que la politique d’immigration du Québec, en sélectionnant plus d’allophones francotropes à partir des années soixante-dix, a un plus grand impact sur les inscriptions dans les cégeps français que les clauses scolaires de la Charte de la langue française.

La scolarisation en français au secondaire constitue, pour un grand nombre d’allophones, surtout les anglotropes, une immersion française forcée ; dès qu’ils le peuvent, ils quittent le réseau français. Cela est évident quand on consulte les statistiques d’inscription au cégep (figures 6 et 7) et que l’on regarde le ratio d’équité de répartition des places à travers les échelons du système d’éducation québécois : dès que la Charte cesse d’agir et que le libre-choix recommence à jouer dès la fin du secondaire, un déséquilibre important en faveur de l’anglais dans la répartition des places d’étude se manifeste. Malgré la Charte, le rapport de force est toujours très nettement en faveur de l’anglais sur le marché linguistique québécois.

La question des cégeps est donc un puissant révélateur des incohérences de la politique linguistique québécoise. Elle met en évidence les lacunes que provoque une politique linguistique sans lien serré avec la sélection de l’immigration et sans considération pour les impacts sur les équilibres institutionnels induits par les mécanismes de financement ne tenant pas en compte le facteur linguistique.

Il est aussi clair que la Charte et la politique d’immigration, tel qu’elles existent actuellement, ne freinent pas (et ne freineront pas) le déclin des cégeps de langue française à Montréal. Les données indiquent que si la tendance se maintient, le secteur collégial préuniversitaire de langue française sera minoritaire dès 2021 à Montréal. Cela se répercutera ensuite sur les universités de langue française, qui verront les inscriptions dans leurs programmes de langue française chuter.

La solution actuellement mise de l’avant par les directions d’établissement consiste à angliciser l’offre de programmes dans les universités et les cégeps de langue française afin d’essayer de pallier la baisse et d’attirer de la clientèle. L’anglicisation des HEC, par exemple, est fulgurante et menace, à terme, la survie des programmes de langue française dans cette institution19. Confrontée à une baisse des inscriptions, l’UQAM a décidé de fermer son campus dans l’ouest de Montréal, pourtant ouvert depuis 20 ans20. Même chose au cégep : des programmes préuniversitaires bilingues viennent d’être autorisés au cégep de Saint-Laurent21. D’autres sont en développement au cégep de Sainte-Foy22 (pour faire concurrence à Saint-Lawrence) et à Bois-de-Boulogne23. Le cégep Mérici à Québec a commencé à offrir des programmes « bilingues » il y a quelques années. Même l’université Laval à Québec souhaite offrir plus de cours en anglais24.

Nous assistons actuellement à la « bilinguisation » d’institutions autrefois de langue française, c’est-à-dire, en fin de compte, à l’anglicisation du réseau postsecondaire français à Montréal (mais aussi à Québec). Cela n’est pas sans rappeler la situation qui a cours pour les francophones hors Québec, qui ne disposent le plus souvent que d’institutions « bilingues », institutions qui servent de foyers d’anglicisation. L’étude « Le choix anglicisant » indique que les cégeps anglais agissent comme des foyers d’anglicisation à Montréal. Ceci est d’ailleurs corroboré par les données du recensement de 2016, qui a mis en évidence une nette accélération de l’anglicisation des francophones à Montréal, accélération qui se manifeste surtout chez les plus jeunes25. Ainsi, en 2016, l’ile de Montréal comptait 44 270 francophones anglicisés.

Si la « bilinguisation » des institutions françaises se poursuit, il est prévisible qu’elles commenceront bientôt à tenir elles aussi le rôle de foyers d’anglicisation à Montréal. Vu sous cet angle, on pourrait dire que la région de Montréal est en train de basculer dans une dynamique linguistique de type « hors Québec ». Avec sa politique de financement au postsecondaire, le gouvernement du Québec finance, massivement, la minorisation de la majorité francophone au Québec.

À cet égard, la désinformation propagée par l’Office québécois de la langue française (OQLF), qui écrivait dans son rapport quinquennal de suivi de la situation linguistique de 2019 la phrase suivante concernant les cégeps : « les collèges francophones attirent de plus en plus les élèves de langue maternelle autre et de langue maternelle anglaise26 », est trompeuse. Pas que la phrase soit fausse en soi, mais elle n’est pas pertinente. Elle ne nous informe aucunement sur la dynamique des langues qui a cours dans le réseau postsecondaire à Montréal.

Également, dans son étude sur les cégeps parue en 2017, l’OQLF écrivait : « Aussi, même si elle n’encadre pas la langue d’enseignement au collégial, la Charte de la langue française, en réglementant la langue d’enseignement au primaire et secondaire, a pu favoriser le choix du français au collégial, autant chez les nouveaux inscrits de langue maternelle tierce qu’auprès de ceux qui ont le français comme langue maternelle27 ». Il est ahurissant de constater que l’Office écrit cela sur la même page où elle cite l’étude « Le choix anglicisant », qui prouve noir sur blanc que c’est d’abord la langue parlée à la maison (donc, la politique de sélection des immigrants en bout de course), qui détermine la hausse d’inscription des allophones au cégep français. Avec l’aide, bien sûr, du contingentement effectué par le Conseil du trésor dans les cégeps anglais.

Il est difficile d’exagérer les conséquences que la hausse des inscriptions dans les cégeps anglais et l’accélération de cette hausse depuis 2013 auront sur la dynamique linguistique à Montréal. Il est prévisible que le recul du français à Montréal, déjà grave, va s’accélérer dans les années qui viennent. Une logique de minorisation de la majorité francophone est en quelque sorte programmée dans l’architecture institutionnelle à Montréal et dans les modes de financement au prorata, sans égard à la langue, des places au postsecondaire. Il n’est plus question de services à une minorité anglophone historique, mais bien du financement public de l’érosion des institutions de la majorité.

On peut se demander également si les francophones et allophones francotropes à plus faible capital social, qui viennent de milieux moins scolarisés ou qui sont parmi la première génération à aller à l’université, auront toujours accès à des études postsecondaires qui exigeront une excellente maîtrise de l’anglais comme condition de réussite académique28. On se rappellera qu’après tout l’UQAM a été créée pour permettre aux francophones un meilleur accès aux études universitaires.

Notre élite politique a toujours prétendu que le prix politique à payer pour étendre les clauses scolaires de la Charte au niveau collégial était trop élevé et qu’il fallait mieux, somme toute, garder le statu quo. Cela était une politique à courte vue. Le prix à payer pour ne pas étendre les clauses scolaires de la Charte au niveau collégial sera bien plus élevé ; le coût en sera l’effondrement du réseau postsecondaire de langue française à Montréal et la fin de la prétention de faire du français la langue commune au Québec.

Mais il faut insister : autant Camille Laurin s’est trompé en pensant que le primaire et le secondaire obligatoire règleraient la question de l’intégration des allophones, autant on peut d’ores et déjà penser qu’étendre les clauses scolaires de la Charte ne sera pas une solution magique et pourrait, dans les faits, ne prolonger l’immersion française forcée des allophones anglotropes que pour deux ou trois années de plus.

Une « loi 101 au cégep » ou son équivalent, soit une réforme des modes de financement des institutions postsecondaires pour rétablir l’équité dans l’allocation des fonds publics, est cependant un minimum vital et urgent pour éviter l’effondrement du réseau français à Montréal29. Il faut rétablir le financement des institutions anglophones au prorata du poids démographique des anglophones, et ne plus attribuer aux institutions anglophones la part des allophones qui devrait aller entièrement aux institutions francophones.

Ce sera cependant une mesure de mitigation des effets d’une immigration mal planifiée et mal gérée. Nous avons également besoin d’une réforme majeure de la grille de sélection des candidats à l’immigration, mesure qui aura des effets seulement à moyen terme (d’où l’urgence d’une « loi 101 au cégep » ou son équivalent).

La mécanique mise en évidence dans cet article explique une partie importante de l’anglicisation observée dans les milieux de travail30 (les étudiants formés en anglais travaillant en anglais), les services publics31 (les étudiants dans les institutions anglophones utilisant majoritairement l’anglais comme langue publique), les services de santé, etc. Il est illusoire de penser corriger les dégâts provoqués par une architecture institutionnelle qui nie fondamentalement la politique du français langue commune en essayant, par exemple, de légiférer sur la langue de travail ou sur la langue d’utilisation des services publics, sans s’attaquer aussi et d’abord au problème en amont.

Si nous choisissons collectivement de continuer à nous fermer les yeux et à ne pas agir, l’anglais va s’établir, probablement définitivement, comme langue commune à Montréal. q


1 Données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour l’automne 2018. Réseau public et privé subventionné. Calculs de l’auteur.

2 Données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour l’automne 2018 (MEES). Les données 2018 sont provisoires. Les données sont pour « l’effectif collégial » dans les trois niveaux scolaires dans le jargon du MEES. Étudiants inscrits au réseau public et privé subventionné, étudiants temps pleins, inscrits au Diplôme d’étude collégial (DEC), formation ordinaire. Calculs de l’auteur.

3 Données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour l’automne 2018. Calculs de l’auteur.

4 Langue maternelle, recensement 2016 de Statistique Canada. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11-630-x/11-630-x2018001-fra.htm

5 Rappelons que les clauses scolaires de la Charte ne s’exercent pas sur la langue maternelle de l’enfant, mais sur plusieurs critères objectifs telle la majorité des études primaires effectuées en anglais au Canada, combinés à un critère subjectif lié à une « volonté authentique » de faire partie de la minorité anglophone. Ce dernier ajout subjectif, bien sûr, nous vient de la décision sur les écoles passerelles par la Cour suprême du Canada.

6 J’utilise ici le poids relatif des anglophones par groupe d’âge scolaire tel que fourni par Statistique Canada : 0-14 ans pour le primaire et secondaire, 15-19 ans pour le cégep et 20-24 ans pour l’université. Cela assure un peu plus de précision dans le calcul des ratios d’équité que l’utilisation de la population globale.

7 Ce qui correspond toujours à une surpondération du poids du réseau anglophone relativement au poids de la population anglophone au Québec, notons-le.

8 Il s’agit de « places d’étude », donc de l’effectif collégial à l’automne sur 3 ans et non pas d’étudiants individuels. Chaque place d’étude est susceptible d’être occupée 2 ou 3 fois (dépendant du programme) par le même étudiant dépendant du nombre de fois qu’il s’inscrit à l’automne dans un même programme.

9 Notons que si on considère seulement le réseau collégial public (en excluant le privé subventionné), alors le réseau des cégeps français a perdu globalement 247 étudiants en 2018 comparativement à 1995 (préuniversitaire et technique). Le réseau public est donc en contraction d’effectifs en termes absolus en 2018 comparativement à 1995. Ceci malgré la hausse générale de clientèle sur cette période.

10 La période 1970-1995 est omise à la figure 5.

11 http://lautjournal.info/20180813/vers-le-demantelement-du-reseau-des-cegeps-de-langue-francaise-montreal

12 Cette formule de contingentement n’est malheureusement pas publique.

13 Patrick Sabourin, Mathieu Dupont, et Alain Bélanger, « Le choix anglicisant : Analyse des facteurs orientant les francophones et les allophones dans le choix d’un cégep sur l’ile de Montréal », Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), décembre 2010. http://www.irfa.ca/site/publications/le-choix-anglicisant/

14 Valeurs de p inférieure à 0,05. Voir la section de méthodologie de l’étude.

15 Notons que de nombreux indices (par exemple, les résultats académiques) laissent croire que ce sont les francophones qui maîtrisent déjà le mieux l’anglais qui se dirigent vers le cégep anglais.

16 Patrick Sabourin et al., op. cit..

17 Patrick Sabourin et al, op. cit.

18 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/779830/ecoles-francophones-ontario

19 https://www.journaldemontreal.com/2017/01/04/langlais-denonce-a-hec

20 https://etudier.uqam.ca/campus/ouestdelile

21 https://www.cegepsl.qc.ca/programmes/sciences-humaines-francais-anglais/

22 https://www.journaldequebec.com/2017/09/11/le-cegep-de-sainte-foy-veut-miser-sur-langlais

23 https://www.ledevoir.com/societe/education/501946/les-cegeps-bois-de-boulogne-et-dawson-souhaitent-s-associer-pour-offrir-un-dec-bilingue

24 https://www.journaldemontreal.com/2018/09/26/lul-pourrait-offrir-plus-de-cours-en-anglais

25 http://lautjournal.info/20180611/hausse-de-langlicisation-des-francophones-montreal

26 P 109 https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/sociolinguistique/2019/rapport-evolution-situation-linguistique.pdf

27 P 16 https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/sociolinguistique/
2017/20170331_etude2.pdf

28 On comprend que cela se répercutera aussi vers le bas ; la clameur pour faire tomber les clauses scolaires de la Charte qui restreignent l’accès aux écoles anglaises va se faire plus forte.

29 Un corollaire de ceci, bien sûr, est de s’assurer que les institutions « françaises » enseignent en français. À l’heure actuelle, rien ne les y oblige.

30 https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/sociolinguistique/etudes2012/20121126_langue_travail_QC2006.pdf

31 http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/communiques-de-presse/communique-de-presse/article/-a2efbb23cf/

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