Juin 2020

Vol. CX, no 6

Rompre avec le « souverainisme » pour relancer le projet indépendantiste

C’est sous les couleurs du « souverainisme » qu’émerge le projet de l’indépendance du Québec dans les années 1960, après une éclipse d’un peu plus d’un siècle et l’échec des Patriotes. Ce nouveau terme, inconnu jusque-là dans la langue française, tant au Québec que dans le reste de la francophonie, a grandement servi au fil du temps à la popularité du projet sécessionniste auprès du plus grand nombre de Québécois. Il a assurément contribué aux succès électoraux du parti de René Lévesque, en faisait de cette formation l’une des principales forces politiques au Québec, devant l’Union nationale, en quelques années seulement. L’approche souverainiste était promise à un bel avenir et aurait pu réussir à conduire le Québec à l’indépendance. Elle y faillit de peu en 1995, mais elle n’y est pas parvenue.

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L’histoire en marche ?

Quelques-uns d’entre nous pensaient que notre histoire était finie.
– Pierre Vadeboncoeur (La Ligne du risque, p.73)

En ce printemps de pandémie à l’avenir incertain, l’attrait de la liberté politique pour le peuple québécois peut-il encore séduire les jeunes générations ? Pour tenter de répondre à cette question et en faire l’objet de ma collaboration au présent ouvrage, j’ai voulu connaître le programme adopté, les 7 et 8 mars dernier, lors d’un congrès fort animé du comité national des jeunes du Parti Québécois. En fait, je voulais tester auprès ce cette génération la notion de « fatigue politique subséquente aux deux référendums perdus… » du philosophe et auteur Daniel Jacques.

 

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Repenser l’action politique indépendantiste ?

Voilà la question que nous posent les intellectuels pour la souveraineté. La réponse est connue. Il faut que les citoyens se dotent d’une constitution qui reconnaîtra leurs institutions démocratiques, leur mode de scrutin et leur régime politique. Il y a fort à parier que le processus et la démarche pour arriver à cette constitution renforcent une identité commune, un tronc commun rassembleur. Dans un tel contexte, l’indépendance pourrait alors apparaître comme un destin souhaitable et faisable partagé par une majorité.

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Esquisse sur la naissance d’Option nationale

paru sous le titre: «Esquisse sur la naissance d’Option nationale ou la tentative de rénover l’engagement militant par la base»

Par cet article, nous souhaitons engager une réflexion sur la naissance d’Option nationale (ON), un mouvement qui, en dépit de ses nombreuses faiblesses, a représenté un espoir pour une part non négligeable de la population. Ce parti arrivait sur la scène politique 16 ans après le dernier référendum et allait insuffler un inattendu vent de fraîcheur militant chez une génération qui n’avait pas pu s’exprimer au référendum de 1995. À défaut d’estimables succès, on ne peut en nier les succès d’estime. Observons donc sereinement les faits. D’aucuns avaient considéré qu’après la naissance de Québec solidaire, ON avait été un coup de massue fatal sur le fragile édifice indépendantiste, voire la mère de tous les maux : cela est probablement tout à fait exagéré. La lente chute du Parti québécois (PQ) ne résulte pas d’une seule cause et l’émiettement du mouvement indépendantiste en de multiples chapelles n’a pas attendu ON ou Québec solidaire QS).

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25 ans de contribution essentielle à l’imaginaire collectif québécois

Le 21 juin 1995, à l’aube de la deuxième campagne référendaire sur la souveraineté du Québec, cent intellectuels québécois enfourchent la « ligne du risque » si chère à notre grand essayiste Pierre Vadeboncoeur et s’engagent dans le débat référendaire. Ils le font en lançant le manifeste Oui au changement où ils définissent leur posture en tant qu’intellectuels engagés, se réclamant de la tradition d’engagement de plusieurs intellectuels québécois dans le développement du Québec moderne et de la liberté d’esprit, d’opinion et d’expression. Les IPSO sont nés.

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Le savant politique et la cause indépendantiste

La politique consiste à creuser avec force et lenteur des planches dures, elle exige à la fois la passion et le coup d’œil.
Max Weber, Le savant et le politique

Le texte qui suit relève de l’exercice rhétorique : tout ce qui y apparaît en italique n’est pas de moi, mais du grand sociologue Max Weber, plus précisément de l’édition La Découverte/Poche (Paris, 2003) de ses deux conférences historiques sur Le savant et le politique, traduites et préfacées avec brio par Catherine Colliot-Thélène. [Nous mettons en gras ce qui vient de l'auteur de cet article.] L’objectif de cet exercice est double : d’abord, offrir un point de vue nuancé et complexe sur les rôles politiques de l’intellectuel et en particulier de l’universitaire, c’est-à-dire du savant, souverainiste, puis ensuite et pour ce faire, illustrer l’intemporalité et la grandeur de la pensée wébérienne au sujet des vocations du savant et du politique. De cet exercice découlent certains détournements de sens ponctuels par rapport au texte original, mais la logique et la portée générales du propos demeurent néanmoins assez étroitement fidèles, me semble-t-il, à l’esprit des enseignements wébériens contenus dans ce classique de la sociologie politique.

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Notre défi indépendantiste : apprendre à partager la mémoire québécoise

Dans mon dernier essai1, je remettais en question le rapport qu’entretiennent les indépendantistes québécois avec la communauté juive et je m’interrogeais sur le rôle insuffisamment mis en valeur du patrimoine québécois. Je me suis intéressé aux Juifs du Québec pour tenter de comprendre les raisons qui les ont éloignés de la mémoire québécoise et du projet souverainiste.

Dès maintenant, dessiner le but politique : la République québécoise

Même les indépendantistes québécois, dont on pourrait croire qu’ils ne rêvent qu’à la fondation d’une République du Québec, ont préféré, pour des raisons qu’il reste à élucider parler de souveraineté ou d’État du Québec, sans trop s’interroger sur la nature du régime du pays nouveau.
– Marc Chevrier1

L’indépendance du Québec n’est pas un but. C’est un moyen pour mettre fin à un régime qui menace la nation de disparition douce. Notre régime constitutionnel britannique ne pourra pas survivre à l’indépendance, car il véhicule des valeurs juridiques désavouées par le projet souverainiste dans son principe même. Or, il y a un coût et un risque dans le démembrement d’un régime, surtout aux yeux d’une population vieillissante. « Indépendance », « Disparition », « Désaveu », « Démembrement » : voilà des termes négatifs. Pourquoi faudrait-il qu’une nation s’impose une telle rupture ? La réponse la plus courante, c’est que l’enjeu est la liberté. Voilà un saut dans une métaphysique sans visage qui donne le vertige aux citoyens : c’est une des raisons pour lesquelles une large tranche2 s’est abstenue deux fois d’y consentir.

 

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Le rôle des intellectuels et l’avenir du Québec

En juin 1995, j’ai accepté de répondre à l’appel de mes collègues et amis Michel Seymour et Daniel Turp, et de rejoindre le Groupe des intellectuels pour la souveraineté du Québec. Lors de la conférence de presse organisée au restaurant Le Petit Extra, sur la rue Ontario, je fus étonné de voir un réel enthousiasme de mes collègues pour venir nous rejoindre dans ce combat qui, nous le savions, serait ardu au cours des prochains mois. J’étais d’autant plus surpris, car je voyais plusieurs d’entre eux, qui lors du référendum de 1980 avec René Lévesque s’étaient en grande partie ralliés à la cause, mais qui en 1995 semblaient nettement moins enthousiastes. Plusieurs se sont d’ailleurs ralliés à la cause fédéraliste par simple calcul politique – le OUI n’allait pas gagner – ou par peur de perdre certaines subventions de recherche. Nous avons tous endossé le Manifeste des IPSO – Huit arguments pour la souveraineté1. Notre rôle pour reprendre le modèle de l’historien Arnold J. Toynbee en était un de défi-réponse face aux arguments du camp du NON, mais aussi un rôle d’analyse et de réflexion2.

 

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Les intellectuels doivent se rendre visibles

Paru sous le titre «Indépendance du Québec. Les intellectuels doivent se rendre visibles»

La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même, car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance.
–Albert Einstein (1879 -1955)

J’ai vécu l’indépendance de mon pays d’origine. Je rêve de vivre celle de mon pays d’adoption, mais le Québec étant une province du Canada, les grandes décisions le concernant se prennent ailleurs qu’à Québec. Le jour où le pays sera indépendant, j’en serai heureux et c’est son peuple qui décidera de son devenir. Mais pour y parvenir que faut-il encore faire ?

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