« Le pas de Gamelin »: autoportraits à la fêlure

Le trou de l’identité perdue1

S’il y avait une place où Satan eût dû se manifester, c’est à Saint-Jean-de-Dieu, non que la folie lui appartienne, mais parce qu’il est le prince des illusions, qu’il sort la tête par le trou de l’identité perdue et fait luire de ses faux brillants la conscience éclatée, tel un miroir brisé2.

Certains écrivains nous hantent par leur phrasé scandé, haletant, heurté ou emporté dans une respiration puissante qui continue d’agir parfois longtemps après la lecture. La vocalisation intérieure peut ainsi emporter le corps lisant dans un rythme, une inflexion, jusqu’à lui faire oublier d’écouter les mots. Ce parler dans l’écrit convoque le souffle, le nôtre, appelle impérativement la récitation qui n’a pas à devenir sonore pour être pleinement performée, mais que la lecture à voix haute peut révéler à qui ne l’entend pas. Même lorsque le texte est oublié, il arrive que son phrasé demeure; la vitesse ou la brièveté des scansions qu’il a imprimées dans l’oreille du lecteur peuvent l’occuper jusque dans son sommeil.

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