Novembre-Décembre 2021

Novembre-Décembre 2021

Éditorial - La province craque

2021novdec250Une journée ce sont 800 000 Québécois qui n’ont pas accès à un médecin de famille, le lendemain le ministre à peine bougonneux fait monter le chiffre à 1,5 million avant de brandir un projet de loi pour faire peur au syndicat d’entrepreneurs dont les milliards en primes et en augmentations n’ont pas calmé les appétits. Une prime jaquette avec ça ?

Ils se trompent, ceux-là qui croyaient qu’avec la pandémie plus ou moins déclinante il y aurait moyen de passer à autre chose. Le système de santé – et la logique qui l’engraisse – est un cancer métastatique. Il y en aura pour des mois et des mois à voir tous les acteurs de cette maison de fous s’entredéchirer en confondant débat public et promotion du modèle d’affaires.

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La loi 21 sur la pente fatale

Un avocat invoque les nazis, le juge acquiesce. Des affirmations abominables ont été prononcées en Cour supérieure, le vendredi 4 décembre 2020, lors des plaidoiries finales sur l’inconstitutionnalité alléguée contre la Loi sur la laïcité de l’État. On peut se demander quelle a été la teneur du raisonnement de l’avocat Azim Hussain, qui a outrancièrement assimilé la loi québécoise aux exactions nazies.

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Cinquante ans de syndicalisme professoral universitaire

Il y a cinquante ans, au tournant des années 1970 et 1971, naissaient au Québec les premiers syndicats accrédités de professeurs d’université. Quatre syndicats ont ouvert la voie, deux représentant l’ensemble du corps professoral de leur établissement, le Syndicat des professeurs de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) et le Syndicat des professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (SPUQTR)1, et deux associations représentant les professeurs d’une discipline spécifique, soit l’Association des ingénieurs professeurs en sciences appliquées de l’Université de Sherbrooke (AIPSA) et l’Association des professeurs de l’École polytechnique (APEP), affiliée à l’Université de Montréal2.

Le dogme universitaire et ses types de propagande

Il est de plus en plus difficile de faire semblant qu’il n’existe pas. Après le scandale à Evergreen, l’affaire Lieutenant-Duval, les excuses quotidiennes des professeurs de Concordia à l’empiètement du « territoire non cédé », les études bidon sur le racisme systémique, le dogme universitaire ne peut plus se cacher. Il a étendu son emprise sur l’ensemble des universités du Québec et ailleurs en Occident : il s’impose dans les cégeps, et inévitablement, ses idées découlent jusque dans les écoles secondaires et primaires. Oui, les idées ont des conséquences, et nous en faisons les frais de manière percutante.

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L’Institut de l’économie positive. Vers les frontières de l’illimitation

Au moment d’écrire ses lignes, en ce Vendredi saint ensoleillé, mais glacial, je termine la lecture de solutions de sortie de crise imaginées par la gauche mondialiste. Je passe d’un reportage sur le dernier sommet de Davos, à La Presse et finalement au Manuel pour une sortie positive de la crise de l’Institut de l’économie positive. Ce dernier propose un guide pratique, solutions non conventionnelles à l’appui, pour sortir de la crise. Au dos du livre, on annonce que le texte est dirigé par Audrey Tcherkoff, une proche de l’éminence grise et influent Jacques Attali, et vice-présidente de la Fondation Positive Planet.

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Analyse d’un futur citoyen du Québec

Anthropologue, Claude Bariteau a contribué à L’Action nationale à de nombreuses reprises. Il est décédé le 16 septembre 2021. Gérald Grandmont nous a fait parvenir le dernier article sur lequel il travaillait.

Depuis le Traité de Paris en 1763, les statuts politiques du Québec ont oscillé entre une gestion directe et indirecte par Londres et Ottawa. Les modes de gestion des Britanniques sur le territoire furent analogues à ceux propres aux conquérants. Ils ont exercé une gestion directe dès 1763. Ils ont ensuite privilégié l’approche de la gestion indirecte (Indirect Rule) en valorisant les élites locales avec l’Acte de Québec en 1774.

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Jacques Ferron et le contemporain

— Alors, dis-moi, qu’est-ce que tu comptes faire en médecine ? Comptes-tu te spécialiser ?
— Dès que je serai reçu, je m’établirai. Je peux même vous dire où : en Gaspésie.
— Mais maudit homme, en Gaspésie ou chez les Zoulous, tu n’apprendras plus rien !
— Si j’apprendrai.

Jacques Ferron, Gaspé-Mattempa1

Les institutions sont l’ossature anthropologique d’une société, d’une humanité. Ce qui explique des recherches incessantes sur les formes de vie et les formes d’humanité dont les institutions sont tenantes. Alors qu’est-ce qu’une institution ? Comment certains sujets, éveillés aux problèmes du faire société, sont susceptibles d’instituer ? Il y a, derrière ces questions, de vieux problèmes d’anthropologie sociale relevant des principes de groupement humain et de nouveaux problèmes touchant la mise en œuvre du contemporain en vue de dépasser le (néo) libéralisme et l’(hyper) modernité.

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La charte de la langue française – mémoires d’un député en 1977

Camille Laurin a été mon mentor en politique. Dès le milieu de décembre 1976, un mois après notre l’élection le 15 novembre, il m’avait contacté pour créer un comité de députés pour la préparation de la Charte du français, le projet de loi qui allait marquer la première année du gouvernement Lévesque. Ce comité aurait pour rôle d’assister le ministre, ainsi que son équipe rapprochée composée du sous-ministre Guy Rocher, du conseiller Fernand Dumont et du chef de cabinet Henri Laberge. Sept de mes collègues députés, Jean Alfred, Jean-François Bertrand, Pierre de Bellefeuille, Rolland Dussault, Gérald Godin, Jean-Marc Lacoste et Gilles Michaud, acceptèrent d’y participer. Nous devenions pleinement participants à la grande aventure de la loi 101.

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La « Nuit des longs couteaux » et le coup de force constitutionnel fédéral

« Une des plus tristes constances dans la conduite des hommes au pouvoir, c’est l’incapacité absolue qu’ils semblent tous acquérir d’admettre la moindre erreur. On préfère se buter ou “fuir en avant” plutôt que d’avouer tout simplement qu’on s’est trompé, c’est-à-dire qu’on est humain. »

René Lévesque, Le Journal de Montréal, 29 déc. 1970

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Le peuple des rendez-vous manqués et des demi-mesures

Depuis l’échec référendaire de 1995, un certain sens de la fatalité de l’Histoire est revenu habiter le cœur de nombreux Québécois. Face au rendez-vous manqué, le réflexe très canadien-français d’une relative petitesse, s’enfermant dans le pragmatisme et la sécurité de la demi-mesure politique, se réactive. Nos nombreux chocs historiques ont contribué à l’émergence de cet état d’esprit, bien au-delà de l’effondrement du mouvement de libération nationale du XXe siècle. Pour exemple, le mois de novembre 1837 constitue ce type d’événement historique qui a imposé ce fatalisme, comme s’il allait dans le sens de l’Histoire que ce peuple se résigne à peu de choses.

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Projet de loi numéro 96. Timoré et insatisfaisant

Quels objectifs ce projet de loi poursuit-il ?

La première question à se poser, à mon avis, pour dégager une appréciation globale du projet de loi 96 (PL96), est celle de l’objectif ou des objectifs que poursuit ce projet de loi. Comme M. Simon Jolin-Barrette s’est lui-même placé sous le signe de l’héritage de Camille Laurin et de la « loi 101 » ou « Charte de la langue française » (« Charte ») en préparant son PL96, il semble légitime de faire un détour du côté de la Charte afin de prendre la mesure des objectifs et des ambitions du PL961. Quels étaient donc les objectifs de la Charte de la langue française de 1977 ?

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La France et l’indépendance du Bas-Canada

Après les arpents de neige de Voltaire et la signature du traité de Paris en 1763, le gouvernement français s’est désintéressé de son ancienne colonie. Les Canadiens encouragés par les occupants britanniques et l’élite cléricale en ont déduit qu’ils avaient été abandonnés par leur mère patrie. Cette perception n’est pas fausse dans la mesure où les Français se sont tournés vers les États-Unis qui offraient des perspectives économiques et idéologiques plus intéressantes. Il faut aussi ajouter qu’ils ont été accaparés par une révolution qui a changé radicalement les perspectives géostratégiques de la France. Les guerres napoléoniennes ont par la suite rétréci les ambitions de la France à l’Europe où elle se retrouvait isolée. Pendant trois quarts de siècle, les contacts entre les Français du Canada et leur ancienne métropole furent interrompus.

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Inauguration du nouveau Mémorial des victimes de la Loi sur les mesures de guerre d’octobre 1970

memorialpeladeaualepingagnon250Mémorial des victimes de la Loi des mesures de guerre d’octobre 1970
Maison Ludger-Duvernay, 82 rue Sherbrooke Ouest à Montréal

Le Mémorial des victimes de la Loi des mesures de guerre d’octobre 1970, d’abord érigé en 2010, comptait à l’origine plus de 300 noms de personnes emprisonnées. Il a été agrandi cette année pour en ajouter près d’une centaine à sa haute colonne d’acier. Les noms d’une cinquantaine d’autres victimes sont toujours gardés secrets par Ottawa

L’inauguration de cette mise à jour monumentale a été réalisée grâce à l’appui de Pierre Karl Péladeau et de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal (ici représentée par sa présidente Marie-Anne Alepin) sous la coordination du président de la Ligue d’action nationale, Christian Gagnon, ingénieur.

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Dalie Giroux. L’œil du maître. Figures de l’imaginaire colonial québécois

Dalie Giroux
L’œil du maître. Figures de l’imaginaire colonial québécois
Mémoire d'encrier, 2020, 192 pages

Alors que l’inquisition woke déferle sur l’Occident et sur le Québec, ce n’était qu’une question de temps avant que l’aspiration des Québécois à être « maîtres chez nous » et l’héritage de la Révolution tranquille ne soient sur le banc des accusés. Après qu’Émilie Nicolas ait affirmé que nous étions « maîtres chez l’Autre », Dalie Giroux, qui enseigne les théories politiques et féministes à l’Université d’Ottawa, poursuit le travail de démolition avec L’œil du maître, publié en septembre 2020 chez Mémoire d’encrier.

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Mathieu Thomas. Ceux dont on ne redoute rien

Mathieu Thomas
Ceux dont on ne redoute rien
Montréal, Québec Amérique, 2021, 448 pages

Voilà un roman politique à saveur indépendantiste. Ceux qui cherchent un roman à thèse seront pourtant très déçus et ceux qui répugnent le style y trouveront leur compte. Plusieurs se sont déjà cassé les dents à vouloir écrire des romans indépendantistes qui se terminaient finalement à être un essai qui prenait les habits de la fiction. Ce n’est pas le cas avec Ceux dont on ne redoute rien. Il faut d’ailleurs souligner l’étrangeté de ce titre ainsi que l’aspect hétéroclite, mais franchement réussi, de la page couverture : on comprend rapidement qu’on aura affaire à une drôle de chimère.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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