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Mars 2006

Vol. XCVI, no 3

Remboursement de la dette: une fausse urgence

Les consultations prébudgétaires de cette année, a annoncé le ministre des Finances dans son document de référence1, s’articulent autour du thème principal de la dette. Accueillons cette décision comme une occasion de lever le voile sur plusieurs zones d’ombre qui entourent cette question.

1 – Au 31 mars 2005, la dette totale du gouvernement du Québec a atteint 116,6 milliards de dollars… Les coûts de financement de cette dette atteignent 7,6 milliards de dollars pour l’année 2005-2006, soit 13,7 cents pour chaque dollar de revenus (p. 26 du document de référence).

La dette totale du gouvernement comprend la dette directe, contractée sur les marchés, de 80,3 milliards, et le passif net à l’égard des régimes de retraite, 36,3 milliards. Si le gouvernement verse effectivement des intérêts annuels sur la dette directe, soit environ 5 milliards, ce n’est pas le cas pour l’autre partie de sa dette, qui est une simple reconnaissance de dette à l’égard de laquelle il impute une charge fictive d’intérêts. Cette charge d’intérêts, de 2,6 milliards, est inscrite comme une dépense budgétaire faisant partie du service de la dette, mais elle n’est pas l’objet d’un versement de fonds et n’entraîne par conséquent pas de besoins de financement. Le « besoin de financement » de 2,6 milliards, créé dans les « opérations budgétaires » du gouvernement par cette dépense budgétaire fictive, est en effet compensé par une « source de financement » équivalente dans ses « opérations non budgétaires ». Si on veut donc parler du poids réel du service de la dette en termes de sortie de fonds ou de besoins de financement, ou des « coûts de financement de cette dette »,  il faut parler de 5 milliards et non de 7,6 milliards, ce qui représente 9 cents, et non 13,7 cents, pour chaque dollar de revenus. Cela demeure élevé, mais a l’avantage de représenter une réalité qui ne doit pas être travestie.

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Le robot économique, le robot politique

Vers le 16 février, Bush annonçait que son gouvernement allait désormais voir à ce que soit diffusée, mieux que ce n’est présentement le cas, l’information concernant le « terrorisme ». Cela comprend sans doute, entre autres, « l’information » émanant du régime et de l’armée. Ainsi l’on verra à ce que les médias, pour leur part, servent davantage les fins envisagées par le pouvoir à cet égard.

 

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Éditorial - L’irrationnel et sa rationalité sous-jacente

2006mars250C’est reparti. La guerre des chiffres, les interprétations contradictoires, les passes d’armes par médias interposés, l’inquiétude que même le gouvernement ne peut dissimuler devant les risques d’explosion des coûts et d’embardée financière majeure, le dossier des méga-hôpitaux universitaires devient de plus en plus nauséabond. Un autre comité, secret paraît-il, réunit des ministres, un mandat a été confié à un autre pour tenter de calmer le jeu dans la querelle du partage des spécialités entre Sainte-Justine et le Montreal Children, des éditoriaux, des lignes ouvertes et puis… toujours rien de clair, rien de précis. 

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Le national-fédéralisme universitaire dans la construction du Canada

(titre complet: La guerre des uns, la résignation des autres. Le national-fédéralisme universitaire dans la construction du Canada)

The problem, of course, is separatism. Gomery’s firewalls approach assumes that there is such a thing as “normal politics,” a sphere within which policy can be decided by politicians and then farmed out to the bureaucrats with minimal oversight. Not in Canada. […] A national unity crisis can appear out of nowhere, which is why four decades’ worth of prime ministers have felt the need to concentrate the real federal business within an ever-tightening circle. The country is effectively engaged in a low-level civil war, and its governments have always had to resort to extraordinary measures.

Andrew Potter, MacLean’s, 18 février 2006

Il y a des textes qui possèdent cet étrange pouvoir de nous sortir de la résignation léthargique. Ce ne sont pas toujours les meilleurs ni les plus stimulants intellectuellement; il s’agit parfois de textes qui produisent en nous la révulsion, un dégoût tel que le « confort et l’indifférence » n’arriveront plus à nous conforter suffisamment pour nous garder dans ce cocon de sérénité apolitique propre au colonisé. Le philosophe écossais David Hume avait montré comment l’habitude du malheur le rendait moins pénible à supporter; c’est un fait structurant de la nature humaine qui aura eu un grand rôle à jouer dans l’histoire politique du Québec. La résignation, posture du faible, engendre à la longue une grande docilité : une attitude servile, flatteuse et inconditionnellement consensuelle qui instaure un paradigme de pensée obsédé par le regard de l’autre, débouchant sur une impuissance d’autodétermination politique et intellectuelle. Il arrive pourtant que l’assujetti se lève et se vide. Un trop plein, une nausée l’inciteront parfois à la révolte et il devra alors impérativement réagir ou prendre le risque qu’une amertume accumulée ne le décompose intérieurement. C’est ainsi, je pense, que Falardeau a voulu dépeindre les terroristes du FLQ dans son excellent film Octobre. Même dans l’ordre du pire, là où doivent ramper tous les vaincus et les soumis de la Terre, l’homme cherchera quelque redressement, souvent dans l’impétuosité de la violence mais parfois aussi, comme le firent Groulx et tant d’autres, dans le patient travail de l’œuvre. Prendre la parole et répliquer ne suffira certes jamais à renverser le lourd fardeau de la domination, mais cela nous permettra parfois de demeurer des hommes.

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Halte à la méga-folie hospitalière !

Face aux dépassements de coûts appréhendés de centaines de millions - voire de milliards – de dollars dans la construction du CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal) et du MUHC (McGill University Health Centre) et suite au refus féroce de la communauté anglo-montréalaise d’accepter un partage des spécialités entre méga-hôpitaux montréalais, le gouvernement a nommé un médiateur pour tenter de trouver une solution afin d’éviter un dérapage budgétaire majeur. Aux dernières nouvelles (Le Devoir 27 février 2006), le gouvernement Charest songeait même à donner les méga-hôpitaux en pâture à l’agence des PPP afin de comprimer les coûts. Or, à l’instar du mélodrame printanier concernant l’emplacement du CHUM, le mélodrame automnal du partage des spécialités n’a servi qu’à occulter le vrai problème : la construction de deux méga-hôpitaux à Montréal n’est pas rationnelle. Économiquement, démographiquement, autant du point de vue de l’efficacité administrative que de celui de la qualité des soins aux patients, la construction de deux méga-hôpitaux à Montréal est une aberration.

Revoyons un peu le dossier.

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La réponse du gouvernement Charest au jugement Chaoulli

titre complet: La réponse du gouvernement Charest au jugement Chaoulli. La grande illusion

Le document de consultation que le gouvernement Charest a rendu public le 16 février dernier, en réponse à la décision de la Cour suprême de permettre l’entrée de l’assurance privée dans la santé, est moins pire qu’anticipé, mais il comporte néanmoins de nombreux périls. Le gouvernement se sert surtout de cette décision pour imposer insidieusement son idéologie.

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Les services de santé au Canada : Une perspective linguistique

L’accès à des services de santé dans leur langue maternelle est une des demandes les plus pressantes des groupes linguistiques minoritaires au Canada. Si les lobbys anglo-québécois tels Alliance Quebec et le Community Health and Social Services Network (CHSSN) militent depuis longtemps pour un élargissement de l’offre de services de santé en anglais au Québec, les francophones hors-Québec commencent seulement à faire entendre leur voix depuis quelques années. Le réveil fût sonné par la Commission de restructuration des services de santé en Ontario qui, à la fin des années 1990, tenta de fermer l’hôpital Montfort, le seul hôpital universitaire francophone à l’extérieur du Québec. Si les francophones commencent seulement à revendiquer des services de santé dans leur langue à l’extérieur du Québec, ce n’est pourtant pas qu’ils soient particulièrement choyés. Une étude réalisée en 2001 par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) démontrait qu’entre 50 et 55 % des francophones vivant en milieu minoritaire n’ont aucun accès à des services de santé en français1. Et seulement 28,5 % des francophones hors-Québec, selon le rapport, ont un accès « total », c’est-à-dire régulier, à des services hospitaliers en français, comparativement à 80 % des Anglo-Québécois qui ont accès comparable à des services hospitaliers en anglais selon une étude similaire concernant les Anglo-Québécois2. Les francophones et les anglophones sont loin d’être traités de façon égale en ce qui concerne les soins de santé au Canada, même si leurs langues ont un statut d’égalité juridique selon la constitution canadienne.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.

Mémoires 2019