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Numéros publiés en 2012

Éditorial - Ce qui cherche à naître

Cet éditorial paru dans le numéro d'avril 2012 a donné son titre au recueil publié par L'Action nationale Éditeur.

2012avril250La jeunesse étudiante a pris son Québec à bras-le-corps. Par dizaines de milliers, dans des manifestations, dans les interminables palabres à faire chauffer l’atmosphère des cafés, dans les gestes d’éclats et les heures de doute, ils ont commencé quelque chose qui les portera longtemps. À leur manière, dans leurs mots et avec les problèmes tels qu’ils les voient, ils ont entrepris dans un effort intensif de se rêver leur Québec. Il ne faut pas se leurrer, le débat sur les droits de scolarité les entraîne bien plus loin que ne le voudraient les idéologues du tout-au-marché et de l’éducation placement à haut rendement. Il faut s’en réjouir et continuer de les accompagner.

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Les Italiens préfèrent l'anglais

Réplique au texte de Marco Micone paru dans Le Devoir du 16 novembre 2011

Dans Le Devoir des écrivains (16 novembre 2011, p. A11), Marco Micone trace un parcours trompeur des Québécois d’origine italienne. Il insiste sur le fait qu’une école française l’a refusé, lui, lors de son arrivée au Québec dans les années 1950. Puis, en faisant un usage incorrect des données de recensement, il soutient que les « italophones » se francisent plus souvent qu’ils ne s’anglicisent, notamment en ce qui a trait à leur comportement linguistique au travail ou à la maison.

J’avais plutôt retenu que ce sont les Italiens qui, de leur propre chef, avaient tourné le dos à l’école française et que leur préférence pour le français, du moins comme langue d’usage au foyer, était chose du passé. Pour tirer les choses au clair, j’ai consulté certains rapports ainsi que les résultats du recensement de 2006 qui sont accessibles à tout venant sur le site de Statistique Canada.

Dans une étude réalisée pour la commission Gendron, le démographe Robert Maheu relève qu’au début des années 1950, la moitié des enfants d’origine italienne inscrits à la Commission des écoles catholiques de Montréal étudiaient en français. Cela laisse entendre qu’en général, les écoles françaises de la CECM ne refusaient pas les jeunes Italiens. Maheu ajoute qu’au début des années 1960, cette proportion avait fondu à 28 %. Il semble bien qu’ayant constaté que la langue d’avancement socioéconomique à Montréal était plutôt l’anglais que le français, un nombre croissant de parents italiens choisissaient d’inscrire leurs enfants à l’école anglaise.

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Une approche constitutionnelle

Le conflit ne serait rien d’autre que l’état moral de la différence ; chaque fois qu’il n’est pas tactique, on peut pointer en lui le manque-à-jouir, l’échec d’une perversion qui s’aplatit sous son propre code et ne sait plus s’inventer : le conflit est toujours codé, l’agression n’est que le plus éculé des langages.

- Roland Barthes

Jean-François Lisée dit souvent que le facteur principal pour évaluer les progrès de l’idée souverainiste au Québec est l’identification des citoyens québécois à la nation québécoise. Nous aimerions préciser cette thèse. Peut-être que le plus simple serait de commencer avec une explication anthropologique, depuis le début.

Nous savons que la politique met en scène une gamme d’opinions diverses et contradictoires. Or la contradiction, même celle qui nous semble la plus insoluble, exige un arrière-plan sur lequel les adversaires s’entendent apriori, au minimum partagent-ils certaines significations et références, un langage, des marqueurs de relations et autres opérateurs logiques, etc. En somme, on peut dire que toute divergence d’opinions procède d’une entente préalable.

Ce que nous avons oublié

Lettre aux collègues et aux étudiants de l’université

Dans le contexte de la mobilisation formidable des étudiants du Québec contre la hausse décrétée des droits de scolarité, il semble que le débat sur le financement de l’université soit enfin amorcé, pour la première fois depuis des décennies de transformations radicales, inaperçues de l’extérieur. Cette mobilisation étudiante est certainement historique. J’aime croire que les étudiants ne reviendront pas indemnes dans leurs classes, que déjà ils ont changé ; et je souhaite que ce changement issu de l’affirmation d’une révolte contre toutes les atteintes qui sont faites depuis des années au sens même du lien social et de l’éducation, se déploie et s’approfondisse bien au-delà de cette grève générale.

J’ai donc, le 19 mars dernier, accepté l’invitation du MAPS (Mouvance associative pour le partage des savoirs) à donner une conférence, dans le cadre de « l’université populaire », au bar L’Absynthe de la rue Saint-Denis. Je reprends ici mon propos et le développe de manière à lui donner une portée et une clarté plus grandes.

Je salue pour commencer le livre d’Éric Martin et de Maxime Ouellet[1], et celui de Normand Baillargeon[2], publiés tous deux en 2011 dans l’expectative de la grève étudiante annoncée, qui nous aident, d’une part, à déconstruire les mythes du soi-disant sous financement de l’université, et, d’autre part, à reconnaître le rôle joué, dans ce théâtre de la dérive, par les acteurs de premier plan que sont les professeurs, et par effet de conséquence, les étudiants. La réflexion ne fait que commencer. Il faudra, je suppose, du « temps pour comprendre » ; comprendre ce que nous sommes en train de perdre et ce que nous avons oublié. L’humilité et la patience nous seront nécessaires.

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Mon amie Louky Bersianik

Paris, avenue de la Bourdonnais, 7e arrondissement, début des années 1960. Nous n’avons pas 30 ans, ni elle, ni moi. En fait, nous n’existons pas vraiment. Pas encore. Elle s’appelle encore Lucile Letarte. Nous sommes toutes les deux « la femme de quelqu’un d’autre », ces jeunes maris dont nous portons le nom et qui ont, eux, des projets de carrière dont nous ne faisons pas vraiment partie. Nous n’avons rien qui nous appartienne, ni carrière, ni argent, ni même un nom. Nous sommes en pleine crise d’identité. Nous nous demandons sérieusement à quoi nous servons sinon que d’être là quand nos époux décident de rentrer à la maison ou pour les accompagner dans les réceptions où nous devons paraître sans jamais prendre trop de place, cela va de soi. Le seul nom qui soit à moi pour vrai c’est « maman ». J’ai trois enfants.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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Mémoires 2019