L’entrepreneuriat colonial en Gaspésie

Sylvain Rivière. L’Empire des Robin. Histoire de l’esclavage du pêcheur gaspésien
Trois-Pistoles, Éditions Trois-Pistoles, 2013, 234 pages

Le sujet est vaste, mais l’ambition est modeste. Sylvain Rivière veut partager quelques-uns des matériaux de recherche qui lui ont servi pour rédiger romans et pièces de théâtre. Il veut rendre accessibles des textes peu diffusés, connus trop souvent par les seuls spécialistes. Il est gaspésien et il a grandi dans les stigmates culturels et sociaux de la domination des Robin dont, tout au long de son œuvre, il a cherché à se défaire. Il propose ici un recueil qui permet de cerner les contours d’un système qui aura dépossédé les Gaspésiens, les laissant « déshabités de l’intérieur, en étant réduits, pendant des siècles, au silence, à l’ignorance et à l’exploitation » (p. 9).

Résistance et collaboration en pays conquis

Dans son livre La petite loterie (1997), le sociologue Stéphane Kelly caractérise l’évolution d’Étienne Parent, de Louis-Hippolyte Lafontaine et de Georges-Étienne Cartier, trois hommes politiques québécois du milieu du XIXe siècle, comme un passage de la résistance à la collaboration dans un pays conquis par les Britanniques. À notre connaissance, aucun ouvrage paru depuis cette époque n’a traité des comportements politiques au Québec sous l’angle de la collaboration ou de la résistance. Or, depuis des décennies, des chercheurs européens étudient de cette façon les comportements dans les pays occupés par les Allemands durant la Deuxième Guerre mondiale.

Gérard Saint-Martin La bataille des plaines d’Abraham

Gérard Saint-Martin
La bataille des plaines d’Abraham, Éditions Economica, 2007, 277 pages

L’historien Gilles Laporte alertait dernièrement les milieux de l’éducation face à la désaffection de l’enseignement de l’histoire du Québec dans le réseau collégial. L’année dernière, moins de 5 % des élèves du collégial suivaient ce cours. Dans ce désert de la mémoire, on ne peut que saluer l’effort généreux qui se fait du côté de la France pour se réapproprier un pan de notre histoire commune, celui de l’histoire de la Nouvelle-France. Gérard Saint-Martin, docteur en histoire, colonel issu de Saint-Cyr et enseignant au Commandement des écoles des armées de terre, s’est emparé de la Guerre de Conquête et s’est permis « Par un regard croisé sur l’histoire… d’éclairer certaines zones d’ombre. »