Mesdames, Messieurs,
Chers amis de L’Action nationale,
C’est avec une grande fierté que je m’adresse à vous au nom de L’Action nationale. Depuis plus d’un siècle, cette revue joue un rôle essentiel dans notre vie intellectuelle. Elle est un lieu où se réfléchissent les grands enjeux de notre avenir collectif, où se discutent les aspirations nationales du Québec et où se nourrit une pensée libre, enracinée dans notre réalité et, surtout, dans notre culture.
Or, il faut le dire avec lucidité : notre culture se trouve aujourd’hui dans une situation de grande vulnérabilité. Les leviers politiques et juridiques nécessaires à sa protection relèvent trop souvent d’institutions fédérales qui administrent le Québec comme une simple région parmi d’autres. Une part importante de l’argent prélevé ici pour soutenir la culture est redirigée vers des programmes qui contribuent à façonner un récit national qui n’est pas le nôtre et qui entretiennent une dépendance structurelle à l’égard d’Ottawa. Cette situation n’est pas seulement politique. Elle touche au cœur même de notre existence comme peuple.
Récemment, alors que je me rendais au Parlement à Ottawa pour des rencontres liées aux enjeux culturels, une réflexion m’est venue. Il serait impensable que les gardiens de sécurité chargés d’accueillir les visiteurs à l’entrée de la Chambre des communes ne parlent pas français. Pourtant, il est tout à fait possible que des commissaires du CRTC – institution cruciale pour la survie du français – soient unilingues anglophones. Ce paradoxe en dit long sur la place réelle accordée à notre langue et à notre nation dans les institutions qui prétendent gouverner en notre nom. Déjà, George-Émile Lapalme, premier ministre des Affaires culturelles du Québec, rappelait avec justesse : « Nous ne pouvons espérer conquérir le monde par la finance, mais nous le pouvons très bien par la culture. »
Notre véritable puissance collective réside dans notre langue, dans notre imaginaire et dans les œuvres de nos créateurs et de nos penseurs. C’est pourquoi l’indépendance du Québec n’est pas seulement une question constitutionnelle : elle est d’abord une question de survie culturelle. Fidèle à sa mission, L’Action nationale nourrit cette réflexion grâce à l’engagement de ses auteurs, à la fidélité de ses lecteurs et à la générosité de ses donateurs. Je vous invite à contribuer généreusement afin que cette voix indispensable de notre vie nationale continue de se faire entendre.

Merci de votre appui.
Pierre-Luc Brillant
Acteur, musicien et auteur-compositeur-interprète



