Œuvre du mois – Mathieu Laca

Laca résume ainsi sa démarche : tracer des portraits autrement, écrire et peindre simultanément, peindre des portraits d’écrivains et écrire sur des artistes visuels. Cet entrelacement créatif l’intéresse au plus haut point, car il est porteur de résonances inédites. Chez cet artiste, ces deux arts fonctionnent en vases communicants.
Mathieu Laca. Le génie de la montagne (portrait d’Ozias Leduc). Huile sur lin, 183 x 244 cm, 2026.

En couverture du numéro de septembre 2026

Mathieu Laca
Le génie de la montagne (portrait d’Ozias Leduc)
Huile sur lin, 183 x 244 cm, 2026.

Photo : Guy L’Heureux

Mathieu Laca est né à Laval en 1982. Lorsqu’il étudiait à l’école secondaire, il s’est découvert une double passion pour l’écriture et la peinture grâce à la rencontre déterminante de deux professeurs. Il a poursuivi sa formation et obtenu un baccalauréat en arts visuels à l’Université Concordia en 2005. Au fil du temps, il a développé un style de portrait non conventionnel alliant empâtements, accidents et éclaboussures, qui traduisent la psyché de ses sujets.

En 2019, les maisons d’édition Leméac et Actes Sud ont imprimé son portrait de Michel Tremblay en couverture des Chroniques du Plateau-Mont-Royal, dans la collection Thesaurus, ce qui a ravivé son intérêt pour l’écriture. Quelques années plus tard, en 2023, Laca a publié un premier roman chez Leméac intitulé L’invention d’un visage. Ce récit s’articule autour de la création d’un portrait. Pendant la même période, il a peint une série de portraits d’écrivains québécois qui a fait l’objet de plusieurs expositions. Afin d’accompagner chaque toile, il a rédigé un court « portrait écrit » sur chaque écrivain. Ses images et ses mots ont par la suite été réunis dans le livre d’art Portraits de plumes, publié aux Éditions du passage en 2024.

Laca résume ainsi sa démarche : tracer des portraits autrement, écrire et peindre simultanément, peindre des portraits d’écrivains et écrire sur des artistes visuels. Cet entrelacement créatif l’intéresse au plus haut point, car il est porteur de résonances inédites. Chez cet artiste, ces deux arts fonctionnent en vases communicants, ce qui lui permet de transgresser à loisir leurs limites respectives en sautant de l’un à l’autre, et cela sans fin.

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