En ce début d’année 2026, le Mouvement Onésime-Tremblay1, avec l’appui d’associations, des partis politiques Québec solidaire et Climat Québec, ainsi que de personnalités publiques, tel M. Robert Bouchard, ancien député fédéral de Chicoutimi-Le Fjord, invite la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean à mettre de la pression sur son élite politique pour qu’elle favorise un grand geste d’indépendance économique et politique en exigeant du gouvernement Legault la fin du bail de location des forces hydrauliques de la Péribonka et qu’il applique la clause qui permet de prendre possession des barrages et de leurs installations.
Le 31 décembre 2025 était le dernier jour de l’échéance sans cesse retardée, pour que Rio Tinto, anciennement Alcan, complète l’engagement pris lors du renouvellement du bail de la Péribonka en 1984, à savoir la construction de trois usines de classe mondiale (400 000 tonnes métriques). En 1984, l’échéance pour construire ces trois usines était de 25 ans. En 2006, on a repoussé cette échéance au 31 décembre 2015, puis au 31 décembre 2020, pour finalement en ajouter une troisième fixée au 31 décembre 2025. À l’heure actuelle, deux usines (Laterrière et Alma) ont été construites et on en est à la deuxième phase de construction de l’usine d’Arvida permettant d’atteindre 200 000 tonnes métriques, soit la moitié de l’objectif. Nous en sommes donc là. La deuxième moitié de l’usine n’est pas seulement absente des plans, elle semble de toute évidence abandonnée, si l’on se fie à l’entrevue donnée à La Presse+ par Jérôme Pécresse à la fin du mois d’octobre.
Il est primordial de le rappeler, les emplois liés à Rio Tinto anciennement Alcan ont diminué drastiquement, passant de 12 000 au début des années 1980 et seront à environ 3000 à la suite de la fermeture des cuves précuites en 2026. Le privilège d’être dispensé de nationalisation et de posséder ses barrages pour Alcan en retour de l’emploi, tel était le pacte social au début des années 1960. Manifestement, ce pacte n’est plus respecté. Avec le bail de Péribonka, nul besoin de nationalisation, puisqu’on parle de location liée à des conditions. De toute évidence, ces conditions ne sont pas respectées et, selon le livre publié en 2025 par d’anciens cadres (Exploitation de notre eau par Rio Tinto), la puissance publique est en droit d’agir. Dans ce livre, les auteurs sont très clairs : « Les trois délais ont été accordés par décret alors que le bail de Péribonka est une loi. En termes juridiques, une loi a préséance sur un décret. Les engagements pris par Rio Tinto en 2006 sont toujours valides. La dernière échéance pour réaliser cet engagement aurait dû être le 31 décembre 2025. Ce non-respect doit avoir pour conséquence de libérer le gouvernement de ses engagements dans l’entente de 2006, comme il est précisé dans le renouvellement du bail de Péribonka. »
Le 1er janvier 2026, le Mouvement Onésime-Tremblay a interpellé la ministre de l’Énergie, Mme Christine Fréchette, afin que le gouvernement du Québec signifie à Rio Tinto que l’entente supplémentaire de 25 ans est annulée et qu’il entend, en 2033, reprendre possession des trois barrages de la Péribonka (Chute-du-Diable, Chute-à-la-Savane et Chute-des-Passes), ainsi que les installations les accompagnant.
Pour Denis Trottier, porte-parole, « Ne rien faire signifierait qu’on accepte l’inacceptable, soit de prolonger indument une entente avec une compagnie qui a refusé de respecter ses engagements, malgré les nombreux délais de plus de 20 ans, dont elle a bénéficié. »
Nous invitons donc la population et les élites politiques de la région à mettre de la pression pour que le gouvernement du Québec pose ce geste d’indépendance et de respect de ses engagements en prenant possession des trois barrages sur la rivière Péribonka, en conformité avec le bail du même nom.
1 Pour rejoindre le Mouvement Onésime Tremblay, vous pouvez communiquer avec son porte-parole, M. Denis Trottier : (418-618-3010, dtrottier62@gmail.com), 347 rue Plante, Péribonka, G0W 2G0.
Créé dans la foulée d’un colloque (1926-2026 : cent ans d’occupation par Alcan et Rio Tinto, le bilan s’impose) tenu à Saguenay le 22 octobre 2024 et rassemblant une centaine de participant(e)s provenant des milieux communautaires, écologistes, universitaires, syndicaux et populaires, le Mouvement Onésime-Tremblay a pour objectifs : 1 – de favoriser l’expression et la diffusion d’un point de vue axé sur le bien commun face à l’impact des actions passées, présentes et futures d’Alcan et Rio Tinto. 2 – De contribuer à la reprise en main de nos ressources naturelles dans l’intérêt de la collectivité.
La revue L’Action nationale consacrera un numéro double aux enjeux énergétiques du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui paraîtra à l’été 2026.



