Éditorial – L’exil intérieur
Quel affligeant spectacle ! Plus rien ne tient de l’intelligence ni de la décence devant ce qu’on nous donne à voir et à entendre dès lors qu’il est question de la passoire Roxham.
Quel affligeant spectacle ! Plus rien ne tient de l’intelligence ni de la décence devant ce qu’on nous donne à voir et à entendre dès lors qu’il est question de la passoire Roxham.
Il faudra donc attendre jusqu’au début de juin pour voir clair dans ce qui se joue en creux dans le récit médiatique de la crise qui secoue le Bloc québécois. D’ici là, les commentaires vont se distribuer dans un espace politicien radicalement dépolitisé par une mise en récit de la résignation. Comment diable peut-on tenir des mois à palabrer sur une fausse opposition, sur une pseudo-polémique qui oppose la promotion de l’indépendance à la défense des intérêts du Québec ?
Les malheurs du Bloc québécois font le bonheur et les moqueries des adversaires de l’indépendance. Ils font aussi la misère d’une large fraction des indépendantistes qui peinent à reconnaître dans le spectacle de l’implosion du caucus les motifs qui pourraient justifier de fournir matière à la mise en scène du meurtre sacrificiel de l’idée d’indépendance.
Ainsi donc, s’il faut en croire une vérité de la paresse, les Québécois auraient tourné le dos à l’indépendance, en auraient fini avec une idée anachronique de la liberté. Ils seraient passés à autre chose. La formule aide les bonimenteurs à se donner bonne bouche.
La reconnaissance et la consécration des œuvres jouent un rôle important dans la dynamique culturelle. Ainsi le Prix des collégiens et le Prix des libraires s’ajoutent-ils aux diverses instances qui donnent à la vie des livres certaines de ses impulsions les plus stimulantes. Cette année encore, les listes déjà publiées, les prix accordés laissent bien apprécier aussi bien la richesse de la production que la sagacité des lectorats.
C’est une rareté. Benoit Lévesque et Michel Rioux et leurs collaboratrices ont pu bénéficier d’une ouverture d’esprit exceptionnelle de la part de dirigeants de Fondaction pour donner un tel ouvrage. Il n’est pas courant d’accéder ainsi à la vie interne d’une institution financière.
Il n’y a rien pour les en faire changer d’idée, la prochaine élection provinciale sera provinciale. Tous les partis politiques s’entendent là-dessus, les Québécois et Québécoises seront appelés à réfléchir dans l’espace de la résignation. Nous n’aurons d’autres choix en octobre prochain que de réfléchir dans un cadre inadéquat.
La campagne électorale est lancée depuis un moment déjà. C’est sans vergogne que le gouvernement Couillard a commencé à faire pleuvoir les dollars pour faire croire à la manne. Avec leur complaisance habituelle, les bonimenteurs et faiseurs de bruit médiatique sont restés bien sagement campés dans leur rôle de relais béats. Ils ont gobé le vocabulaire. Le mot surplus a été relayé même s’il n’est rien d’autre en l’occurrence qu’une imposture comptable.