Il est difficile de se faire un portrait clair de la situation en matière de promotion et de développement des habitudes de lecture. Il existe bien ici et là des portraits statistiques, des bilans et rapports de bibliothèques, de mesures sur la santé de l’édition, etc., mais rares sont les contributions aussi parlantes que celles dont Le Devoir rendait compte dans son édition du 26 mai dernier. Catherine Lalonde y signait un article présentant les initiatives de deux passionnées de lecture, Catherine Lapointe et Virginie Martel, pour porter les livres dans les milieux ruraux défavorisés, des milieux souvent à ce point meurtris que s’y déploie une méfiance et trop souvent une hostilité ouverte à l’endroit des livres et de la lecture. L’indigence est cruelle en particulier pour détruire l’enfance et laisser grandir l’analphabétisme pour faire des adultes prostrés, déportés aux marges de la vie de l’esprit.