Été 2014 – Oikophobie et déportation de soi
L’oikophobie, c’est la «haine de la maison natale» ou si l’on veut, le rejet de l’héritage, le mépris de tout ce qui peut rappeler que notre présent ne s’auto-engendre pas.
L’oikophobie, c’est la «haine de la maison natale» ou si l’on veut, le rejet de l’héritage, le mépris de tout ce qui peut rappeler que notre présent ne s’auto-engendre pas.
Les résultats de l’élection du 7 avril ont secoué le Parti québécois et beaucoup d’indépendantistes. Les interprétations fusent et partent, pour l’instant, dans toutes sortes de directions. Comme à chaque grand revers du Parti québécois, il s’en trouve toujours pour, immédiatement, sauter aux conclusions et ouvrir le procès de l’option souverainiste. Avec la démission de Pauline Marois, il s’en trouve au moins tout autant pour vouloir précipiter une course à la direction.
Le pays du Québec n’est ni un rêve ni une chimère, c’est un combat. À l’heure où trop d’esprits s’embrouillent devant la tournure des événements, il n’est pas inutile de rappeler, comme le faisait si admirablement Pierre Perrault, que la trame même de notre existence nationale se lit d’abord dans l’affrontement impitoyable pour «la conquête du territoire de l’âme».
Sylvain Rivière veut partager des matériaux de recherche qui lui ont servi à rédiger ses romans et pièces de théâtre. Il a grandi dans les stigmates culturels et sociaux de la domination des Robin dont il a cherché à se défaire. Il propose ici un recueil qui permet de cerner les contours d’un système qui aura dépossédé les Gaspésiens.
Il faut voter. Cela tient tout autant de l’injonction que nous en fait notre devoir de citoyen que de la fatalité que nous impose la conjoncture. L’élection de 2012 n’aura été, somme toute, qu’un non-lieu. Dix-huit mois plus tard, force est de constater que les choses sont à reprendre, à peu près là où le choix ambigu des urnes les a laissées.
Au moment d’écrire ces lignes, le Québec est encore invité à spéculer sur la date de la prochaine campagne électorale. Il sera bien difficile, dans ces circonstances prévisibles, d’imposer des enjeux aussi abstraits que ceux que soulève la réforme fédérale du soutien aux revues savantes et à la diffusion de la recherche.
Il n’est plus question de plaider la société distincte. Il n’est plus question de tenter de s’accommoder du dernier quarteron de nationalistes mous. Il n’est plus question de faire semblant. Le projet libéral est celui du consentement à la minorisation définitive, bilingue et prête à toutes les humiliations. Le Parti libéral n’est pas le parti de Montréal, c’est un parti ethnique au service des forces anglicisées et anglicisantes.
L’indépendance est un combat qui ne doit pas hésiter à nommer ses adversaires. Un discours bloquiste mieux avisé, plus affirmé permettra de faire comprendre que l’adhésion à l’indépendance n’est pas une affaire d’humeur, de mouvement d’opinion ni même d’option constitutionnelle, c’est une affaire existentielle qui ne souffre aucun compromis sans déshonneur, avoué ou honteux.