Contexte politique provincial
En novembre 2023, le projet de TES Canada relatif à l’implantation d’une usine de fabrication d’hydrogène vert à Shawinigan est annoncé en grande pompe. Pierre Fitzgibbon, François-Philippe Champagne, Michel Angers, Jean Boulet, Marie-Louise Tardif, et France Desmarais-Chrétien1 affichent leur plus beau sourire pour faire la promotion d’un investissement en apparence entièrement privé2 de 4 milliards consacré à la décarbonation.
Pratiquement au même moment, nous apprenons par le Journal de Montréal qu’à l’hiver 2023, une firme belge proche du clan Desmarais avait sollicité Hydro-Québec, François Legault, et Pierre Fitzgibbon, pour de l’énergie. Dix mois plus tard, TES Canada, une entreprise cofondée par France Desmarais-Chrétien, annonce être parvenue à convaincre le gouvernement caquiste de lui attribuer un bloc de 150 MW pour son usine d’hydrogène vert. Membres du conseil d’administration de TES Canada, les milliardaires belges Van Poecke sont actionnaires à 60 % de l’entreprise et France Desmarais-Chrétien à 40 %.
Contrairement à la majorité des parcs éoliens au Québec, ce n’est donc pas à la suite d’un appel d’offres que le bloc de 150 MW est attribué à TES Canada. En dépit des affirmations du PDG, Éric Gauthier, relatives à une série de critères établis par Hydro-Québec pour l’obtention d’un bloc d’électricité, le lobbying des frères Van Poecke, combiné à celui de la famille Desmarais, a assurément eu plus d’influence qu’un ensemble de critères jamais dévoilés ni même jamais expliqués.
Pour son usine de fabrication d’hydrogène vert, la compagnie opte pour l’installation d’un électrolyseur terriblement énergivore, car il a besoin pour fonctionner de 500 MW d’électricité. Le bloc de 150 MW, nettement insuffisant, amène ainsi la compagnie à proposer la création du plus gros parc éolien privé de 800 MW et d’un parc solaire de 200 MW. Ce parc éolien nécessiterait l’installation de 145 mégaéoliennes industrielles de plus de 200 mètres de haut en milieu habité et agricole. Issu d’un projet autoproduction, ce parc servirait à décarboner le Québec grâce au tiers de la production destiné à 2 000 camions à hydrogène inexistants. Les deux autres tiers seraient injectés dans les conduits d’Énergir et prolongeraient ainsi l’utilisation du gaz naturel d’origine fossile.
À la suite de la conférence de presse tenue en novembre 2023, TES Canada organise quatre rencontres d’information dans différentes municipalités. « On veut que ce soit un projet qui est collaboratif. Le but, ce n’est pas de forcer des éoliennes dans la cour des gens3 » affirme Éric Gauthier, le PDG de TES Canada, lors de la toute première rencontre à Shawinigan. Pour mettre en application cet esprit de collaboration, l’entreprise installe six stations animées par plus d’une dizaine d’experts impliqués dans le projet. Nous avons donc droit à des séances de promotion davantage qu’à des rencontres d’information, l’accent étant largement mis sur les redevances attribuées par TES Canada.
Lors de ces rencontres, il est plutôt difficile de poser des questions, car il faut s’imposer et contraindre les fameux experts à arrêter leur discours de promotion. L’éparpillement de l’auditoire à travers les six stations assure un excellent contrôle du message. Seules quelques personnes sont témoins des préoccupations des citoyens et des contradictions soulevées par leurs interrogations. Déjà, la fameuse affirmation du PDG que le projet verrait le jour si l’acceptabilité sociale était au rendez-vous a du plomb dans l’aile.
Par la suite, TES Canada rencontre la population lors de deux véritables soirées de consultation exigées par les élus assiégés par une opposition de plus en plus imposante. Ces deux rencontres réunissent plusieurs centaines de personnes. L’opposition au projet est significative, car les craintes et les préoccupations des citoyens, qualifiées de mythes par la compagnie, sont clairement exprimées. Plusieurs citoyens interpellent le PDG de TES Canada et soulignent que l’utilisation même du terme mythe démontre bien le mépris de la compagnie à l’égard de la population. Un an plus tard, les mêmes propos relatifs aux mythes sont affichés sur le site Web de la compagnie. Pourtant, lors de ces deux réunions, la qualité et la rigueur des interventions impressionnent et révèlent à quel point ce projet éolien inquiète la population, 4 mois à peine suivant l’annonce du projet.
À l’été 2024, 133 mégaéoliennes remplacent les 145 mégaéoliennes industrielles initialement inscrites dans l’Avis de projet remis au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Ainsi, la compagnie prétend avoir entendu les doléances de la population.
En réalité, TES Canada est un projet imposé par le gouvernement caquiste, et la fameuse acceptabilité sociale à laquelle le PDG, Éric Gauthier, fait référence dès l’annonce du projet sert de prétexte. C’est assurément la raison pour laquelle, dès la conférence de presse, le maire de Shawinigan s’empresse de la définir en fonction de la pertinence de la transition énergétique et de la nécessaire décarbonation du Québec. Habile manière d’exclure du débat la population et la nécessité de la consulter.
Plusieurs mois plus tard, la nouvelle ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, définit l’acceptabilité sociale comme « une trame de fond en faveur du projet4 ». Face à l’opposition grandissante au projet de TES Canada, la notion d’acceptabilité sociale diffère au gré des vents contraires. Une constante toutefois dans la manière de définir l’acceptabilité sociale réside dans la volonté de ne pas consulter la population concernée.
Pourtant, à la suite de l’annonce du projet, de nombreux experts battent en brèche les prétentions de TES Canada relatives à la décarbonation et à l’utilisation de l’hydrogène; ils le qualifient même d’aberration énergétique. Qu’en est-il d’une population otage d’une aberration énergétique combinée à une acceptabilité sociale dénaturée, réduite à sa plus simple expression? Qu’en est-il d’une population otage d’une privatisation des ressources énergétiques sous prétexte de transition énergétique?
Contexte politique municipal
Peu de temps après l’annonce du projet, les élus des deux MRC se mettent au travail pour adopter des réglementations qui régissent l’implantation de parc éolien :
- La MRC Mékinac choisit la voie du Règlement de contrôle intérimaire (RCI), tandis que la MRC des Chenaux opte pour le schéma d’aménagement, car les municipalités qui composent cette MRC avaient déjà adopté des règlements municipaux pour encadrer l’implantation de parc éolien.
Les municipalités de la MRC Mékinac n’avaient pas cru bon de légiférer à ce propos, l’opinion étant largement répandue qu’il n’y avait aucun potentiel éolien dans la région de Mékinac5. Les RCI et les schémas d’aménagement doivent être approuvés par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation après consultation des autres ministères concernés par l’impact des différents règlements.
Si l’ancien ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie avait promis au clan Desmarais que le projet verrait le jour, il revient aux fonctionnaires de faire en sorte que le projet reçoive toute l’aide promise. Le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie refuse d’approuver les règlements sous prétexte qu’ils empêcheraient le développement éolien. Ce ministère impose et dicte sa volonté, à savoir le développement de parc éolien, grâce aux fameuses orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT), ce qui génère une incohérence et une disparité entre les divers Règlements de contrôle intérimaire ou schéma d’aménagement adoptés dans les différentes MRC.
Dans ce contexte, la troisième mouture du RCI de Mékinac, contenant une disposition relative à la distance séparatrice de 500 mètres entre une éolienne et la limite du lot, amène les représentants de TES Canada à rencontrer les fonctionnaires du ministère pour les sensibiliser à l’impact de cette disposition sur l’emplacement des éoliennes. Curieusement, le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie transmet par la suite une lettre à la MRC de Mékinac pour lui signifier qu’il n’approuvera jamais leur RCI si elle maintient une telle disposition. En décembre 2024, les élus s’inclinent donc en retirant cette disposition de leur RCI. C’était pourtant une des deux dispositions phares qui répondait de manière plutôt limitée aux préoccupations de la population à la suite d’une consultation minimale menée quelques mois plus tôt. TES Canada obtient ainsi gain de cause.
Du côté de la MRC des Chenaux, la deuxième mouture du schéma d’aménagement est refusée sous prétexte que la distance séparatrice entre une éolienne et la route restreint trop le développement éolien. Face à ce refus, les élus décident de ne pas modifier leur schéma d’aménagement qui répondait un tant soit peu aux préoccupations de leur population. Ce refus fait même l’objet d’une conférence de presse où les élus osent s’opposer au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.
Quelques semaines plus tard, nous apprenons que TES Canada avait fait le même exercice de sensibilisation auprès du ministère au sujet du schéma d’aménagement qui réduisait le nombre d’emplacements pour ses éoliennes. Cette séance de sensibilisation de la part de TES Canada porte ses fruits puisqu’elle mène au refus du schéma d’aménagement de la part du ministère.
Des représentants du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation ainsi que le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie rencontrent par la suite les élus municipaux. Huit fonctionnaires prennent la peine de se déplacer, dont deux sous-ministres, pour leur expliquer les raisons pour lesquelles leur schéma ne serait pas approuvé. Les élus exigent alors que les motifs du refus leur soient transmis par écrit. Plusieurs semaines plus tard, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation transmet à la MRC les modifications nécessaires à l’approbation du schéma d’aménagement. Il leur est donc demandé de diminuer de façon très significative les distances séparatrices entre la route et les éoliennes. Néanmoins, les élus de la MRC n’ont nullement l’intention d’obtempérer.
Deux MRC, deux voies réglementaires différentes. Deux réactions différentes devant l’ingérence d’un ministère qui leur dicte comment gérer leur territoire. L’une se plie au diktat d’un ministère et accepte de perdre ses prérogatives d’aménager son propre territoire. L’autre adopte une attitude de confrontation : elle refuse de se voir imposer des dispositions réglementaires parachutées par un ministère et de s’aliéner, de ce fait, une bonne partie de sa population.
S’ajoute à cette saga municipale, le projet de loi 69 sur la gouvernance responsable des ressources énergétiques qui vise à permettre à l’entreprise privée de faire main basse sur les ressources énergétiques d’un territoire, à l’instar de TES Canada, et de privatiser notre électricité. Ce projet d’autoproduction d’électricité contrevient aux dispositions de la Loi sur la régie de l’énergie, mais l’adoption du projet de loi 69 aplanira tous les obstacles légaux. La ministre, Christine Fréchette, est par ailleurs interpellée à ce propos lors de l’étude article par article du projet de loi. Aux questions du député de Québec solidaire, Haroun Bouazzi, sur la définition du mot « adjacent» et du député Pascal Paradis du Parti québécois demandant à la ministre Fréchette d’identifier les dispositions de la loi actuelle qui rendent légal le projet de TES Canada, la ministre tergiverse et évite de répondre à leur question. De toute évidence, la ministre Fréchette a bien l’intention d’honorer la promesse de son prédécesseur faite au clan Desmarais, quitte à mettre en berne sa crédibilité.
L’acceptabilité sociale
Dans ce contexte, qu’en est-il de l’acceptabilité sociale à laquelle faisait référence le PDG de l’entreprise en novembre 2023?
Il s’agit tout simplement d’une « acceptabilité sociale achetée » par TES Canada grâce aux redevances versées aux propriétaires qui accueillent les éoliennes sur leur propriété. Les élus municipaux n’y voient que du feu : une manne financière remplissant les coffres de leur municipalité. Lors de la commission parlementaire tenue en septembre 2024 sur le projet de loi 69, c’est ce que nous avons prétendu.
Il faut bien comprendre que cette acceptabilité sociale achetée réduit à néant la portée qu’exige celle d’une véritable acceptabilité sociale. À St-Adelphe avec une population de 922 habitants, la présence de 44 mégaéoliennes industrielles ne nécessite que les signatures de 18 propriétaires terriens, dont 8 seulement résident dans cette municipalité. S’ajoutent à ces 18 signataires, six élus obnubilés par les redevances, donc à la limite du conflit d’intérêts, pour entériner un tel verdict.
Ce n’est qu’au sein de la CAQ que cette « trame de fond en faveur du projet », cette formule infâme de la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie peut servir à présenter un échantillon de 18 propriétaires et de 6 élus comme la preuve de l’acceptabilité sociale.
Les élus, les promoteurs, les fonctionnaires, les politiciens et les commerçants aiment se répéter à l’infini qu’il est difficile de quantifier l’acceptabilité sociale. Pourtant, un simple référendum municipal par l’intermédiaire duquel on mesure la volonté de la population représente la meilleure des méthodes. Mais lorsque plus de la moitié de la population en âge de voter a signé une pétition s’opposant au projet de TES Canada, il est tentant de redéfinir cette notion d’acceptabilité sociale et de la dénaturer. Les redevances proposées par la compagnie annihilent chez de nombreux élus toute volonté de protéger le territoire.
Action citoyenne
En janvier 2024, les citoyens prennent d’assaut les conseils municipaux et les conseils des maires. Pendant plus de 15 mois, aucune mention du projet de TES Canada n’apparaît à l’ordre du jour de ces deux instances. Face à un tel aveuglement, les citoyens n’ont que la période de questions pour interroger les élus sur le projet. Que pensent-ils de ce projet? Comment se positionnent-ils? Comment comptent-ils mesurer l’acceptabilité sociale à laquelle se réfère la compagnie? Quels sont les impacts de ces mégaéoliennes industrielles sur nos communautés rurales? Comment envisagent-ils de protéger le territoire agricole et les citoyens? Prévoient-ils tenir de véritables rencontres d’information composées d’experts indépendants? C’est là le type de questions qui fusent.
Dès décembre 2023, une page Facebook intitulée Contre la privatisation du vent et du soleil est créée. Les pétitions commencent à circuler. Plusieurs rencontres d’information avec des experts indépendants, organisées par les opposants au projet, attirent des centaines de citoyens. Malheureusement, une infime poignée d’élus y assistent. Des lettres sont transmises aux citoyens des municipalités, des tracts sont distribués, des pancartes signifiant l’opposition aux projets essaiment partout sur le territoire, et surtout, des centaines et des centaines d’heures sont consacrées à la lecture de dizaines d’études et les lettres d’opinion se multiplient.
Toutes ces préoccupations et ces inquiétudes parfaitement légitimes ont un impact majeur sur les périodes de questions qui forcément s’allongent. C’est la seule tribune offerte aux citoyens. En octobre 2024, une demande est adressée à la préfète de la MRC de Mékinac d’insérer à l’ordre du jour un point intitulé Projet TES Canada afin de permettre aux citoyens de s’exprimer et de diminuer les tensions à la période de questions. La demande est restée lettre morte et la MRC a plutôt adopté un règlement de régie interne encadrant la période de questions pour la limiter à 30 minutes. Non seulement nos élus n’ont pas l’intention d’offrir une tribune à leurs citoyens, mais ils les musèlent lors de la période de questions. Le même règlement relatif à la période de questions est adopté dans toutes les municipalités des deux MRC concernées.
Nous recueillons alors en guise de réponses des commentaires d’une complète insipidité. En voici quelques exemples. Le projet de TES Canada est un projet privé qui s’adresse à des propriétaires privés et cela fait en sorte qu’il leur est impossible d’intervenir. À la question sur la privatisation de l’électricité dont le projet de TES Canada est le cheval de Troie, ils répliquent qu’ils n’ont pas à traiter un tel sujet et ne veulent plus en entendre parler.
Or, la nationalisation de l’électricité a permis à de nombreuses municipalités rurales d’y avoir accès, ce que les compagnies privées leur refusaient à l’époque. Les redevances versées par Hydro-Québec au trésor public ont aussi permis de financer le réseau public d’écoles sises sur leur territoire, mais cela ne les concerne pas. En ce qui a trait à l’acceptabilité sociale et à la manière de la mesurer, ils considèrent que c’est à la compagnie à titre de juge et partie de réaliser un tel exercice.
À la question sur leur intention d’appuyer ou non le projet, ils répondent par un « front commun de neutralité ». Prétextant être sollicités autant par des citoyens en faveur du projet que par des citoyens qui s’opposent, ils choisissent de demeurer neutres. Lorsqu’ils sont interrogés sur leur manière de comptabiliser les citoyens en faveur du projet, comparativement aux pétitions en circulation en opposition au projet, les élus ne répondent tout simplement pas ou mentent mal.
En fait, les élus fuient leurs responsabilités, ils sont, selon leurs dires, victimes du gouvernement ou des méchants opposants. Leur prérogative d’aménager leur territoire, certains la cèdent volontiers aux desiderata du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie. D’autant plus que la Fédération québécoise des municipalités, sous prétexte évidemment de la transition énergétique, les encourage à participer au développement de parc éolien afin de bien profiter de la manne financière. À notre grande surprise, ils persistent à se déclarer neutres plus de 15 mois plus tard. Pourtant, nous savons tous pertinemment que la majorité des élus est en faveur du projet ou plutôt en faveur des redevances versées par la compagnie aux municipalités.
Face à une telle mauvaise foi, nous créons, en octobre 2024, le Collectif Toujours Maîtres chez nous Mékinac-Des Chenaux dans le but de mieux coordonner nos activités. Une conférence de presse tenue le 27 novembre 2024 à Trois-Rivières lance officiellement notre collectif avec la présentation de nos objectifs par les deux porte-paroles. D’entrée de jeu, nous y précisons ce que nous sommes et qui nous représentons. Puis, nous déclinons en cinq points ce que nous défendons :
- Une véritable acceptabilité sociale où la volonté de la population s’exprime par un référendum municipal.
- Le contrôle de nos ressources énergétiques, car TES Canada est l’exemple parfait d’une privatisation de l’électricité qui a pour but d’enrichir des compagnies privées au détriment de la population québécoise.
- Une véritable décarbonation du Québec et non pas à un gaspillage des ressources énergétiques qui vise à prolonger l’utilisation de l’énergie fossile par l’envoi de l’hydrogène vert dans les conduits d’Énergir où s’écoule le gaz naturel hautement nocif pour l’environnement.
- Une véritable transition énergétique juste et durable qui tient compte de l’humain, de la biodiversité et des communautés rurales. Et pour ce faire, le couplage des parcs éoliens avec les barrages à réservoir nous apparaît répondre davantage à une véritable transition énergétique que l’envahissement et le saccage des milieux habités et agricoles par les mégaéoliennes industrielles de TES Canada.
- Des retombées économiques qui profitent à l’ensemble de la population québécoise et nous rappelons de ce fait que selon l’Institut de recherche en économie contemporaine, la privatisation du développement éolien au Québec a coûté plus de 6 milliards de dollars aux clients d’Hydro-Québec, donc à la population québécoise, depuis 2009.
Enfin, nous expliquons les raisons pour lesquelles nous défendons farouchement notre territoire agricole, notre qualité de vie, notre patrimoine paysager et notre santé.
Dans les mois suivant notre conférence de presse, un site Web et une page Facebook voient le jour. Un comité de liaison est implanté pour déterminer un certain nombre d’actions à mener. La création d’un comité de coordination où l’ensemble des militants se réunit une fois par mois pour mieux partager l’information et identifier les prochaines étapes de nos interventions voit le jour.
Nos interventions systématiques se font entendre aux différents conseils municipaux et à ceux des deux MRC. La transmission de nombreux communiqués de presse aux médias régionaux afin de rappeler notre position nous permet de participer à de multiples entrevues radiophoniques et télévisuelles. Nous nous joignons nombreux à des manifestations organisées par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec) en opposition au projet de loi 69.
De concert avec la télévision communautaire de Cogeco, NOUS-TV, une série de 12 émissions sur la transition énergétique est produite et mise en onde du mois de janvier à avril 2025. Des experts indépendants et des citoyens concernés par le sujet participent à des entrevues d’une durée de 15 minutes.
En avril, à St-Adelphe, l’épicentre du projet, plus de 250 personnes envahissent la municipalité lors d’une manifestation. Ils viennent exprimer leur opposition au projet de TES Canada avant la tenue d’un conseil municipal.
Les porte-paroles rencontrent différents élus, tant sur la scène fédérale que provinciale, afin de les sensibiliser à leur opposition au projet. Ils mettent en lumière les divers aspects du territoire auquel les citoyens tiennent ainsi que les multiples raisons pour lesquelles l’acceptabilité sociale n’est nullement au rendez-vous.
D’ores et déjà, il nous est permis d’affirmer que la volonté des citoyens déterminés à défendre leur territoire ne faiblit pas. Le nombre de personnes militantes augmente et les pétitions en circulation en témoignent. L’expertise développée tout au long de ces mois avec son lot de connaissances acquises sur de multiples aspects d’un tel projet s’avère imposante. En réalité, le petit groupe d’opposants bruyants, ou la minorité bruyante que plusieurs élus ou promoteurs de tous genres se plaisent à décrire, n’existe pas. Le Collectif Toujours Maîtres chez nous Mékinac-Des Chenaux rassemble plus de 4100 citoyens appuyés par de nombreux experts, organisations environnementales et autres groupes citoyens au Québec. Nous continuons de nous faire entendre sur la place publique et les prochains mois à venir vont témoigner de notre détermination.
En dépit d’un gouvernement résolu à privilégier les intérêts du privé, nous ne nous ferons pas dépouiller de notre territoire, de notre qualité de vie, de notre patrimoine paysager et de notre santé. Nous assistons à un immense démantèlement de nos services publics et de notre souveraineté énergétique par la CAQ. Au nom de la croissance économique, ce gouvernement nous dépossède de notre avenir et de la maîtrise de notre développement économique et social. TES Canada est le symbole de la désinvolture avec laquelle la CAQ dialogue avec sa population.u
1 Pierre Fitzgibbon, ex-ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, François-Philippe Champagne, ex-ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Michel Angers, maire de Shawinigan, Jean Boulet, ministre du Travail, Marie-Louise Tardif, députée provinciale de la circonscription Laviolette-St-Maurice et France Desmarais-Chrétien, actionnaire à 40 % de TES Canada.
2 Si l’on tient compte de tous les types de subventions dont la compagnie pourra bénéficier, du bloc de 150 MW consenti approximativement à 0,04 du KW et de la vente d’électricité à Hydro-Québec en période de pointe hivernale à 0,10 ou 0,11 du KW approximativement, on ne peut plus parler d’investissement entièrement privé.
3 Lepage, B. (2023, 22 novembre). TES Canada s’engage à remettre 220 millions $ sur 20 ans. L’Hebdo du St-Maurice. https://www.lhebdodustmaurice.com/infolettre/tes-canada-sengage-a-remettre-220-millions-
sur-20-ans
4 Site Web du collectif Toujours Maîtres Chez Nous : https://toujoursmaitrescheznous.com/blog/2025/01/29/conference-de-presse-une-levee-de-boucliers-contre-le-developpement-eolien-antidemocratique
5 Voir le site Web du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie relatif au potentiel éolien en Mauricie. Il est clair que le potentiel éolien des deux MRC concernées est pratiquement nul.



