Québécitude et musique québécoise
Qu’est-ce qui, en musique québécoise, peut bien évoquer la québécitude d’un Québécois en 2004? Deux traditions théoriques de la recherche en art s’offrent ici à nous pour aborder notre problème.
Qu’est-ce qui, en musique québécoise, peut bien évoquer la québécitude d’un Québécois en 2004? Deux traditions théoriques de la recherche en art s’offrent ici à nous pour aborder notre problème.
Adaptation de l’entrevue réalisée avec Yves Lambert, chanteur, accordéonniste et cofondateur de La Bottine souriante, Françoise Boudrias, ancienne gérante de La Bottine et Sylvie Genest, professeure de musique à l’UQAM et collaboratrice d’Yves Lambert.
Jadis et même hier, la guerre et les conquêtes n’engendraient que des effets relatifs, bien que terribles. Elles chambardaient la carte politique, les rapports de force entre les nations, la puissance matérielle des unes et des autres, et entraînaient des dommages de tous ordres. Mais c’était toujours comme de l’histoire ancienne. Les bouleversements se refermaient à la fin sur des situations changées certes mais rétablies sous d’autres formes.
Les travaux de la commission Laurendeau-Dunton dans les années soixante avaient mis en évidence une division linguistique du travail au Québec qui tendait à favoriser l’anglais dans les sphères de travail plus rémunératrices et nécessitant un degré d’éducation plus élevé, et laissaient une place au français d’autant plus grande que l’on descendait dans l’échelle des salaires et des diplômes.
Quand j’envoie un article au Devoir, j’ai l’impression de redevenir un gamin de troisième année B. À chaque fois, une petite maîtresse d’école, qui me rappelle les «pisseuses» d’autrefois, me tire les oreilles, me tape sur les doigts et menace de me coller un petit ange en couleur sur mon devoir si je continue à dire des grossièretés. Article refusé. Un de plus. Le voici.
Nous voici encore, en 2003, devant une tragédie. Mais jusqu’à la mi-janvier, on ne poussait pas de tel cri. On regardait plus ou moins passer le train. Les commentateurs faisaient des analyses, placidement, avec mesure, sans même prendre le risque d’une interprétation, sans apostropher personne, sans se scandaliser, mais surtout sans prendre carrément parti. Où était l’indignation?
Depuis un an, les États-Unis, avec les républicains au pouvoir, sont en train de provoquer la reconstitution d’une gauche – très large – à travers le monde. Depuis l’effondrement du communisme en URSS et dans les pays de l’Est, la gauche ne trouvait plus que malaisément sa voie. Elle n’avait plus d’ancrage mondial, plus d’identité universelle, plus guère d’orientation générale, ni grand pouvoir d’attraction.
Le premier numéro de la revue, janvier 1917, est d’avant-garde et analyse les problèmes vitaux de la nation canadienne-française. L’éditorial porte la signature d’Édouard Montpetit. L’objectif est précis : «la conquête économique doit être pour nous la réalité de demain».