Brutal comme le soleil dans les yeux
La musique de Gilles Tremblay, comme les indications de ses partitions, renvoie à l’idée de jaillissement, d’illumination, d’éblouissement, les métaphores lumineuses et sonores se confondant.
La musique de Gilles Tremblay, comme les indications de ses partitions, renvoie à l’idée de jaillissement, d’illumination, d’éblouissement, les métaphores lumineuses et sonores se confondant.
Le 26 mars dernier, à l’âge de 78 ans, le compositeur Alain Gagnon nous a quittés. Son décès n’a pas fait beaucoup de bruit. Cela n’est guère surprenant, car cet homme discret pratiquait un art qui ne suscite pas l’enthousiasme des foules. Il écrivait des œuvres musicales exigeantes et résolument contemporaines.
En 2017, la revue indépendantiste L’Action nationale fête son centième anniversaire. On identifie rarement cette revue à la musique, et pourtant il est possible de retracer comment, selon elle, la musique contribue à l’identité québécoise. C’est ce que nous allons tenter pour les cinquante dernières années.
Parler d’histoire de la musique du Québec équivaut souvent à faire le parcours de la chanson depuis Madame Bolduc, incluant un préambule au sujet des airs de folklore et des reels de violoneux. Ce répertoire est considéré comme porteur d’une identité collective, particulièrement depuis Félix Leclerc et les chansonniers de la Révolution tranquille. Or, les Québécois n’imaginent généralement pas que leur coin de pays possède un riche héritage de pratiques musicales classiques.
Les artisans québécois de la musique d’art ne s’intéressent pas au politique. On ne trouve à peu près aucune trace de leurs prises de position à cet égard sur la place publique. Pour d’autres disciplines artistiques, la situation est différente. La revue Liberté, qui aborde surtout les questions de société par la littérature et le cinéma, porte le sous-titre «art et politique».
Au tournant de la Révolution tranquille, en rupture avec leurs anciens repères culturels et identitaires, les Canadiens français du Québec deviennent Québécois. Dans leur empressement à faire la transition, ils jettent bien des choses par-dessus bord, ne prenant surtout pas soin d’emporter avec eux, en même temps que leur drapeau, un chant patriotique qui leur tenait lieu d’hymne national.
Qu’est-ce qui, en musique québécoise, peut bien évoquer la québécitude d’un Québécois en 2004? Deux traditions théoriques de la recherche en art s’offrent ici à nous pour aborder notre problème.