Cahiers de lecture – Éditoriaux

Éditorial – Cultiver l’esprit braconnier

Le monde de la culture est aspiré dans une véritable réaction traumatique. Jusqu’à il y a peu, le développement et le soutien de la différence québécoise étaient tenus dans les quartiers chics et les milieux imbus des idéologies managériales comme convergents avec l’expansion des industries culturelles. Le Québec était devenu une société normale, équipée pour se tailler des niches industrielles porteuses. Les anxieux sont désormais plus nombreux.

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Été 2025 – La lecture redirige le regard

Sans rien négliger de l’application des mesures d’encadrement du numérique dans les écoles, il faut souhaiter que fleurissent là comme en d’autres milieux des initiatives qui referont de la lecture le foyer des passions pour connaître. À cet égard, des projets comme celui qu’a mis en œuvre notre collègue Pascal Chevrette revêtent véritablement un caractère exemplaire. Parcours laurentien permet aux étudiants du cégep de faire l’usage de la littérature pour comprendre et connaître le territoire du Québec.

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Printemps 2025 – Rien ne va plus

La crise dans la culture n’est, de fait, qu’une manifestation de la crise de la culture, plus profonde, plus existentielle. C’est une crise de la référence vitale, pour rester dans l’univers interprétatif de Fernand Dumont. Le Québec qui a toujours eu du mal à se faire confiance glisse insidieusement du doute à la démission.

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Automne 2024 – Double faute à Sherbrooke

Il n’y aura pas de bibliothèque publique à Fleurimont, ce quartier qui représente 27 % de la population sherbrookoise et qui regroupe 47 000 habitants. La reconversion de l’église Sainte-Famille s’en trouve compromise. Classé comme exceptionnel par le Conseil du patrimoine religieux, le bâtiment continuera de souffrir.

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Été 2024 – La chasse à l’éléphant

André Huberdeau, le président du conseil d’administration de la Fondation pour l’alphabétisation a qualifié d’éléphant dans la pièce l’enjeu de la littératie. Dans une intervention récente (La Presse, 16 mai) la Fondation, forte du soutien d’un grand nombre d’intervenants, de professeurs/chercheurs et de responsables de diverses organisations réclamait l’adoption d’une loi sur la réussite éducative. Déplorant qu’« au Québec plus d’une personne sur deux (53,2 %) n’atteint pas le niveau de littératie qui permet de fonctionner adéquatement dans la société », monsieur Huberdeau s’inquiète du

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Printemps 2024 – Ouvrir de nouveaux espaces

Mine de rien, les Cahiers voguent sereinement vers la vingtaine. C’est une réussite dont nous sommes fiers, mais qui ne nous étonne guère. Depuis le tout premier numéro, nous sommes convaincus de la pertinence et de l’utilité d’un tel outil pour soutenir et enrichir la vie des livres. L’œuvre que nous poursuivons a toujours été d’abord conçue comme une contribution intellectuelle. La critique rigoureuse, le questionnement des ouvrages et l’appréciation de leur contribution nous semblaient et nous semblent encore essentiels

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Automne 2023 – Lire à l’ère du simulacre

L’effet de surprise ne faiblit pas. L’engouement et l’intérêt pour l’intelligence artificielle n’en finissent plus de nourrir la frénésie médiatique. Les compétences réelles et la masse critique de chercheurs ont fait de Montréal un centre «de calibre mondial» comme aiment à le répéter les conférenciers de chambres de commerce.

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Été 2023 – Fleurir les déserts

Il est difficile de se faire un portrait clair de la situation en matière de promotion et de développement des habitudes de lecture. Il existe bien ici et là des portraits statistiques, des bilans et rapports de bibliothèques, de mesures sur la santé de l’édition, etc., mais rares sont les contributions aussi parlantes que celles dont Le Devoir rendait compte dans son édition du 26 mai dernier. Catherine Lalonde y signait un article présentant les initiatives de deux passionnées de

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Printemps 2023 – Lire dangereusement

L’époque est à la frilosité. La pudibonderie et la censure se donnent des airs de vertus civiques au point de rendre presque imperceptibles les dégâts du moralisme. Le nihilisme marchand cache bien son visage et c’est désormais à grand renfort de clics que les idéologies de consolidation de l’ordre consumériste construisent les codes de la bonne vie.

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